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26 mars 2011

Commentaires

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Jean-Christophe Pucek

Cher Philippe,

C'est avec grand plaisir que je retrouve votre revue de presse. Le sujet que vous avez décidé d'aborder est forcément délicat, en ce qu'il déborde largement le domaine musical pour poser les pieds sur des terres que l'on dira, par goût de l'euphémisme, incertaines. Je suis allé lire le billet paru sur Musiklassic qui présente, si je le compare au vôtre, deux "défauts" : l'outrance et l'attaque directement politique. Vous n'avez donné dans aucun de ces deux écueils et c'est tout à votre honneur.

Cette sinistre histoire, si elle vient à se confirmer, m'inspire deux réflexions.
La première est, comme vous le soulignez justement, que si l'on commence à censurer tous les créateurs qui ont eu des comportements discutables voire odieux, la liste des exclusions va dangereusement s'allonger. Je pense que l'on peut, que l'on doit, opérer une distinction entre l'homme et l’œuvre, donc qu'il est permis de condamner les travers et les errances d'un parcours individuel sans pour autant faire tomber le couperet sur des créations qui ont leur place dans l'histoire collective au même titre que les autres. Personne ne déniera au "Voyage au bout de la nuit" son impact sur la littérature française au même titre qu'il ne se trouvera personne pour dédouaner Céline de ses infamies. Pire, je pense sincèrement, à l'instar de ce qui se passe en politique, que la mise à l'écart est l'action la plus inadaptée qui soit, dans la mesure où elle charge l'objet de la censure d'un attrait qu'elle n'aurait pas forcément sans elle. Seule l'exposition en pleine lumière permet de voir les fissures que l'ombre dissimule.

Le second point est le désengagement que vous pointez et que tout le monde, je crois, constate. Il est clair que le pouvoir actuellement en place à bien d'autres priorités que cette activité réputée peu rentable qu'est la culture, dont la musique est, en outre, le parent pauvre en France, tant elle a du mal à se défaire de son statut d'objet d'agrément pour atteindre celui d'objet d'étude qu'elle devrait avoir au même titre que toutes les autres expressions artistiques. Les politiques étant naturellement assez retors, on ne peut complètement exclure une manœuvre comme celle que vous imaginez. Maintenant, il faut aussi, à mon avis, garder à l'esprit que cette polémique s'articule autour de Wagner, un compositeur qui n'est pas vraiment absent des scènes françaises. Or, dans le même temps, que fait l’État français pour la promotion de son propre patrimoine musical ? Trouvez-vous normal que le Centre de musique romantique française soit à Venise, que la musique symphonique, religieuse ou de chambre du XIXe siècle soit presque ignorée des programmateurs ou des éditeurs discographiques, et par là même, des mélomanes, l'opéra se réduisant, lui, à une quinzaine de titres toujours rejoués ? A côté de ça, combien de cycles Mahler ou Beethoven, combien d'opéras de Verdi ou de Puccini, compositeurs tous estimables par ailleurs ? On me rétorquera que les symphonies de Farrenc, de Gouvy ou de Gounod ne valent pas leurs équivalents allemands; mais comment en juger si personne ne les joue ? Finalement, même si je partage votre colère au sujet de "l'affaire Wagner", c'est cette censure-ci, pire encore que celle qui avance à visage découvert, qui m'inquiète vraiment, celle qui fait abandonner des pans entiers de création (je pourrais vous citer, dans le domaine de la peinture, l'exemple de l'art germanique dont les français viennent de s'apercevoir de la valeur grâce à l'exposition Cranach, quand tout le reste du monde ou presque le savait depuis des lustres) au profit de ce qui est rassurant, balisé, connu, lucratif.

Je me suis un peu écarté de votre sujet de départ, cher Philippe, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. Tout comme vous, je pense que des heures difficiles sont à venir pour la culture en France. Mais, pour finir sur une note d'humour, sans doute avons-nous tort de nous préoccuper de 2013, puisque, si les prévisions des Mayas sont exactes, nous ne serons plus là pour voir ce qui ne s'y passera pas, le souvenir de Wagner comme des ministres-censeurs ayant disparu avec la fin de notre monde ;o)

Avec mon amitié,
Jean-Christophe

jean-michel alesi

Céline a été aussi exclu de la liste des célébrations nationales... Maintenant, voilà, s'il faut dresser une liste de grands artistes "purs", sans souillures, sans bassesses, républicains impeccables, et de moralité sans ombres (houla, en existe-t-il ?), il est probable que l'Etat fera de conséquentes économies, à défaut de témoigner d'Art ! L'antisémitisme étant comme ce qu'il croit pouvoir honnir, à savoir mondial ! Maintenant, si je me sens allenien dès lors que j'entends du Wagner, et que l'homme Céline, au travers de certains écrits, me révulse, il n'empêche, dans la forme, par certaines fulgurances indépendantes du repoussoir d'idées lamentables, ce sont là des piliers de courants artistiques, de ceux qui font qu'il y a un avant, et un après...

jean-michel alesi

Certains pensent qu'il s'agit d'un poisson d'avril de Diapason... Mein Gott !

Alexis Donetzkoff

Le "poisson" a été dépisté par d'autres avant moi, il est vrai qu'il est assez bien ficelé si j'ose dire... En tant qu'homme de métier, j'étais un peu surpris de découvrir l'existence d'un "responsable de la musique aux Archives de France" (au nom de... poisson, d'ailleurs), où les responsabilités se répartissent plutôt par types de fonds que par domaines intellectuels. Le dénommé Baravelle est tout aussi inconnu au bataillon du côté du CRIF. Cela dit, le poids du "politiquement correct" (et de son utilisation à des fins politiques) est tel qu'on se demande, même après coup, si de telles absurdités sont réellement invraisemblables.

Marie-Paule DOTTI

Bonjour,

Concernant ce sujet, je me dois de vous signaler le blog très intéressant de Philippe GODEFROID

http://harmatheque.com/auteurs/philippe-godefroid/

qui permet d'approfondir et d'enrichir la réflexion !

Cordialement,
M-P Dotti

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