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31 janvier 2009

Commentaires

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jardinbaroque

Bonjour cher Philippe,
Ce disque me laisse des impressions contrastées et contradictoires. D'un côté, le talent de Christina Pluhar et de ses troupes est absolument incontestable. La directrice d'ensemble est une femme pleine d'idées, toutes ses réalisations le prouvent, comme les disques enregistrés chez Alpha dont une Rappresentatione de Cavalieri d'anthologie. L'extrait que vous proposez est, en ce sens, complètement représentatif de la manière et du son Pluhar : éthéré et en même temps assez sensuel, l'idéal pour "décoller" de son siège.
Si vous avez parfaitement raison de souligner que l'art de l'improvisation devrait faire partie intégrante du savoir-faire de tous les interprètes qui se frottent à ce répertoire, puisqu'il était une évidence à l'époque (d'où l'importance de la part "non-écrite" des partitions), il y a peut-être, dans ce disque, quelques illustrations des limites de l'exercice, notamment en ce qui concerne les pièces dont Monteverdi précise de façon extrêmement claire l'instrumentation. Respecter un compositeur, c'est aussi faire confiance à ce qu'il écrit et à la façon dont il pense sa musique, sans avoir l'outrecuidance de vouloir y ajouter des choses pour prétendre la rendre "plus" intéressante, abordable, etc.
Mais ce n'est pas ce qui me gêne le plus dans cette parution. Ce qui me hérisse littéralement, c'est qu'une fois encore, au lieu d'utiliser les talents des artistes au service d'un projet cohérent, on nous sert encore un disque ragoût, un album salmigondis, un produit parfaitement conçu pour tenter de séduire ces adeptes du zapping auxquels il faut du pré-digéré qui ne demande surtout pas trop d'efforts, le tout vendu par la maison de disques de façon racoleuse, histoire d'ajouter une petite dose de jeunisme implicite, façon "whaouh, ça arrache Monteverdi".
Mais ce ne sont sans doute là que ratiocinations d'un vieil ours jamais satisfait. Quoiqu'à bien y regarder, les Folles journées de cette année prouvent que l'ont peut intéresser un public jeune et "non averti" à une musique jugée "complexe" sans perdre son âme en gesticulations commerciales.
Bien amicalement à vous.

Philippe D

Cher Jardin Baroque. Je vous trouve un peu dur car, pour ma part, même si je suis comme vous le savez toujours très soucieux, tout comme vous, de m’attacher à des projets musicaux cohérents et réfléchis, je ne nie pas le plaisir immédiat d'un projet plus hétéroclite, à partir du moment où la qualité et la musicalité des interprètes est au rendez-vous. Je suis un grand admirateur et avoue tout comme vous un plus fort penchant et un respect plus naturel pour les démarches nettement moins médiatiques mais très construites et passionnantes de musiciens comme Philippe Pierlot, Paul van Nevel, Gabriel Garrido, Konrad Junghänel, Jean Tubéry, René Jacobs ou Philippe Herreweghe pour ne citer que ceux qui me sont les plus chers... Jamais on ne pourrait par exemple imaginer Philippe Herreweghe se "galvauder" à faire dans un zapping autour de JS Bach ou Laurent de Lassus. En même temps, faisant abstraction du Marketing de EMI Classics, je ne m'offusque pas qu'un groupe de musiciens de haut niveau fassent un "bœuf", tout comme les grands jazzmen, même autour d'un compositeur de musique ancienne. Si, tout comme la joyeuse foire aux concerts que constituent les Folles journées de Nantes, cela permet à un public de découvrir ce répertoire sous un angle plus ludique, c'est très bien ainsi. Cela dit, pour reprendre votre boutade, entre nous, c'est vrai que ça arrache Monteverdi ;-).

jardinbaroque

Entre nous, cher Philippe, peu m'importerait au fond que ce type de projet, qui a ses qualités notamment en matière d'accessibilité à un répertoire, soit systématiquement mis en valeur par des maisons de disques plus soucieuses de chiffres de vente que de projet artistique, si je n'étais pas intimement convaincu que ce type de compilation, aussi érudit et réussi soit-il, n'était pas une des causes de la crise du disque. Là où, à mon sens, ce qu'il reste des "majors" du disque fait fausse route, c'est dans le défaut d'appréciation réelle des attentes de ceux qui sont près à dépenser une quinzaine d'euros pour acquérir un disque. Confondre les habitudes de consommation du public de la variété (ce terme n'a aucun caractère péjoratif dans ma bouche) et de celui du classique est une impasse. Vaste débat.
Permettez-moi néanmoins d'insister, pour finir, sur ce que j'ai dit en préambule de mon premier commentaire (pas si dur que ça, quand même ;o) ) concernant Christina Pluhar, qui est une artiste pleine de talents et d'idées tout à fait intéressantes. Même si on peut estimer que ses qualités pourraient être mieux exploitées, l'essentiel n'est-il pas, avant tout, de les saluer ?
Bien à vous.

Une lectrice medusée

Je ne comprends pas. L'ensemble l'Arpeggiata improvise sur Monteverdi ... en ce cas quel intérêt d'utiliser Monterverdi.

Je veux dire ce grand compositeur son talent et son génie n'ont pas à servir la mégalomanie de gagne petits quel que soit le talent que la plèbe leur reconnaisse ils sont là avant tout pour servir les grandes oeuvres et le public et non leurs nano-egos.


J'aimerai qu'en ces temps débiles où nous nageons dans une médiocrité imposée par l'egocentrisme de tout un chacun que le domaine du classique reste celui d'une certaine élégance. Que ceux qui trouvent que les oeuvres de Monteverdi sont incomplètes où méritent des improvisations retournent au conservatoire. Pour ce que je connais de ce grand compositeur qui ne laissait rien au hasard et qui était loin d'être un gai luron je doute fort qu'il aurait été d'accord avec la "libre interprétation" de son oeuvre plus que centenaire.

L'absence de légitimité que semblent ressentir les femmes dans le classique dès qu'elle doivent donner le tempo provoque des catastrophes. Je ne vois de leur part qu'erreurs sur erreurs autant dans leur façon de s'annoncer et de se présenter que dans leur façon d'interpréter il serait temps que ces attitudes complexées changent sans quoi elles vont nous foutre tout nos compositeurs en l'air.


Pour info j'ai 28 ans je suis une femme, passionnée de musique baroque, musicienne professionnelle moi même. Ainsi on ne dira pas que ce commentaire a été rédigé par un vieil aigri réactionnaire.

Je suis en phase avec mon époque plantée dedans même si je veux du jazzy j'écoute archie sheep, de l'impro j'écoute Keith Jarrett et pour le médiocre je n'ai qu'à écouter Dessay portée au pinacle par la même plèbe qui décide de revisiter Monterverdi (loin de moi l'idée que Nathalie Dessay ne soit pas talentueuse, elle l'est certainement mais ailleurs que là où elle a pu exercer jusqu'à présent à n'en pas douter)

Au passage je suis bien déçue moi qui adore Monteverdi je me suis jetée sur l'article et n'y ai trouvé qu'un reflet de notre époque loin des magnificences que ce grand compositeur a su en des temps meilleurs développer. Je ne vous dit même pas ma tête à la lecture du mot "jazzy". Je le ressortirai ça lors de ma prochaine soirée mondaine "Monteverdi c'est jazzy".


Pour conclure je vous renvoie sur ce beau texte de Michel Onfray "des nains juchés sur des géants". Il est a disposition sur le web.

klari (médusée aussi - pour d'autres raisons)

Wow !

Philippe D

-> Jardin Baroque. J'adhère complètement à votre point mais suis moins gêné par le caractère en apparence opportuniste et complaisant que pourrait avoir cette initiative, car il ne s’agit, à mon avis que d’apparence. La qualité musicale est là et j'ai toujours un fort penchant pour le second degré lorsqu'il n'est pas déplacé. Tout me semble assez équilibré et de haute tenu pour que je ne m'en choque pas.
-> La lectrice médusée : si vous faites l’effort de lire les 450 notes du poisson rêveur (permettez moi cette suggestion totalement inopérante), vous constaterez certainement que ce n'est absolument pas mon habitude de me laisser prendre par la facilité d'opérations en effet de plus en plus nombreuses qui conduisent à "dévoyer" une démarche artistique et professionnelle digne de ce nom. Je désirerais tout d'abord savoir si vous avez écouté, ne serait-ce qu'un extrait de ce disque. J'ai appris pour ma part, au fil des ans, et d'une imprégnation j'espère salutaire de la musique, à discerner les démarches originales mais construites et solides, des supercheries. Sans tomber dans les pièges du « cross-over » kitsch servi de façon bâclée par certains labels, je crois que les frontières entre les genres musicaux, sont bien moins nettes que vous le suggérez. Contrairement aux apparences, Christina Pluhar, tout comme le maître Monteverdi en effet, ne laisse non plus rien au hasard. J'ai bien pris soin de préciser que la maîtrise de la rhétorique, du style, de la technique de cette époque (du moins, ce que l'on prétend en savoir depuis cent ans !...) étaient bien là. Je pense être tout autant exigent que vous sur ce répertoire que j'ai abordé via une filière on ne peut plus classique, mais je ne peux malheureusement adhérer à un élitisme trop dogmatique qui deviendrait synonyme d'aveuglement. Vous parlez fort justement d’élégance, qualité à laquelle je suis également très attaché dans l’interprétation musicale. Je trouve que la démarche de Christina Pluhar, même si elle n’est pas assez orthodoxe à vos yeux, est bien plus élégante que des versions se revendiquant en théorie en total respect de l’œuvre et dont le trait est forcé, la démarche appuyée, et le manque de musicalité évident. Laquelle des deux dessert alors le plus fortement Monteverdi ? Même si je ne trouve pas qu’ils soient les plus grand mozartiens, je ne m’offusque pas d’écouter Keith Jarret ou Chick Corea quand ils interprètent une sonate ou un concerto pour piano de Mozart (le seriez-vous par hasard, sachant qu’ils ne jouent pas dans le bon registre ?). Je vous laisse enfin la responsabilité de vos propos sur Natalie Dessay avec qui vous avez visiblement des comptes à régler et sachant que je dois avouer ne pas très bien comprendre ce qu’apporte sa mention dans l’argumentation de votre commentaire. Merci pour votre visite et à très bientôt j’espère. Signé un « jeune écervelé de 48 ans » qui ne semble même pas respecter Monteverdi et qui espère que votre prochaine visite sera signée la "lectrice enthousiasmée".

Djac Baweur

C'est-à-dire que prendre Onfray comme allié dans une attaque contre la médiocrité de notre époque ne manque pas de sel. Dans le genre médiocrité philosophique actuel, et égocentrisme exacerbé, c'était précisément pas l'exemple à donner pour paraître crédible.

J'imagine que les vieux aigris réactionnaires doivent bien avoir été jeunes un jour. En tout cas, traiter tout ceux qui ne partagent pas sa vision des choses de "plèbe" fait montre d'une certaine "mégalomanie", que prétend pourtant dénoncer ce commentaire : il y a comme un effet étonnant de serpent qui se mord la queue dans ce texte.

Il se trouve que je suis moi aussi musicien professionnel, et que je ne parviens pas à voir en quoi "jazzy" serait, de près ou de loin, injurieux, ou rabaissant. Si je parvenais à savoir jouer "jazzy", j'en serais même assez fier, parce que c'est particulièrement difficile.
Même si je suis le premier à regretter des dérives marketing, les surestimations à outrance de tel ou tel interprète mis sur un piedestal, même si je me désole de voir une Radio Classique utiliser un Nelson Monfort ou une Claire Chazal, ou des metteurs en scène faire n'importe quoi d'opéras qu'ils ont la charge de monter, c'est surtout parce qu'à mon sens ça enferme le classique dans un tiroir marketing stérile et étroit qui ne peut que lui nuire et l'empêcher de précisément toucher largement cette fameuse "plèbe".

Par contre, j'ai beau chercher, je ne vois vraiment pas en quoi des musiciens talentueux qui prennent plaisir à improviser sur du Monteverdi seraient coupables de quoi que ce soit, sauf peut-être à concrétiser ce tabou absolu en musique classique, à commencer dans les conservatoires, tabou dont l'expression concrète est vite considéré comme n'ayant "aucun intérêt" : avoir du plaisir à jouer.

A propos, vous aviez dit Onfray ?

Philippe D

-> Klari : indeed !
- > Djac Baweur : bien vu. J'hésite encore à créer une rubrique "musique de patinage artistique" sur le blog avec le parrainage de Nelson Monfort. Le répertoire est si large !

lili

Philippe comme d'habitude je suis bien d'accord avec vous et un peu outrée par le commentaire anonyme de la lectrice médusée.
ce qui me dérange c'est que c'est à cause de ce genre de réaction face aux tentatives d'ouvertures du monde classique que la musique classique aujourd'hui a cette image jaunissante, vieillotte et pire encore profondément fermée et inaccessible.
Christina est une artiste merveilleuse qui a fait de nombreuses recherches et découvertes musicologiques. Elle sait parfaitement que les musiciens de l'époque de Monterverdi improvisait constamment sur la partition qui n'était parfois qu'un point de départ. Il fallait à l'époque faire preuve d'une grande musicalité et d'une grande liberté. Avez vous déjà improvisé ? Vous êtes vous déjà perdue dans le cours de votre improvisation, c'est profondément grisant et passionnant, mais cela ne peut pas se faire sans énormément de travail, ce n'est pas une dilettante.
Je crois vraiment que d'ouvrir la musique baroque qui est très "groovy" et à la fois émouvante et accessible est le bon moyen de la faire découvrir. Ce n'est pas une musique élitiste et c'est notre devoir en tant que musiciens et passionnés de musique de se battre pour cela.
Après tous les avis divergent encore mais croyez moi, une jeune amie de Bach de 25 ans, que ce n'est pas facile de partager la musique classique avec des gens qui n'y connaissent rien mais ce n'est pas parce qu'ils n'y connaissent rien qu'ils ne peuvent pas s'y mettre. Des gens comme Christina nous aide infiniment à partager notre passion car elle y met talent, recherche, liberté et passion... et honnêtement c'est tout ce qui compte. en plus pour ceux qui s'y connaissent c'est un régal ! enfin c'est mon opinion.

Philippe vous pourriez écrire un poste sur les victoires là encore je pense qu'il y aurait débat, quelle après-midi peu passionnante... sauf la belle victoire méritée de Sandrine Piau, vous ne trouvez pas? désolée pour d'avoir changé de sujet...

François Polgar

Chère lili,

il me semble que vous n'ête pas une musicienne de formation (conservatoire) ça se sent tout de suite à la lecture de vos quelques mots. Vous parlez d'improvisation mais on se doute que c'est une chose que vous ne connaissez pas vraiment. C'est une chose d'avoir un corpus de connaissances sur la musique classique et baroque et s'en est une autre d'avoir un sensibilité lorsqu'on manie instruments et compositions. Avez vous déjà créé un morceau aussi simple soit-il ? Avez-vous déjà ne serait-ce qu'une fois tenté de le faire ? Vous ne pourrez jamais apprécier autant une oeuvre et ses multiples relectures tant que vous n'aurez pas éprouvez la joie et la souffrance qui naissent lors d'un travail de composition.

Cette musique restera l'apanage d'une élite car par son origine elle s'adressait à un cercle restreint et privilégié. Je vous souhaite bon courage pour votre combat mais je pense qu'il est malheureusement perdu d'avance. Vous n'êtes pas une puriste et c'est sans doute pour cette raison que vous estimez que cette musique est vouée à un plus grand nombre. Vous vous trompez mais les années à venir vous feront sans aucun doute changer d'avis.

Vous parlez d'ouverture mais je ne suis pas certain que vous même fassiez preuve d'une telle ouverture musicale concernant d'autres styles musicaux.

A bon entendeur, salut.

Philippe D

-> Lili. Chère Lili, vous savez combien je partage vos impressions souvent pertinentes. J'adhère complètement à votre propos que je sais sincère. Je rate tout le temps les Victoires de la Musique. Je ne sais pas ce qu'y s' est passé pour être tout à fait franc. Philippe.

-> François Polgar : tout d'abord je suis très heureux que vous me fassiez l'honneur de votre visite. Comme vous le savez certainement, je ne suis pas moi-même musicien professionnel mais un simple mélomane, amateur de musique, massacreur de morceaux de musique sur piano depuis sept ans (c'est terrible de s'y mettre sur le tard mais heureusement, il y a peu de victimes en dehors de mes proches et d’amis que je remercie encore pour leur bienveillance). Heureusement que je ne chante pas…Mon objectif est surtout de parler avec le cœur, tout en tentant le plus possible de soigner la rédaction de mes notes. Si je peux me permettre, je vous trouve démesurément dur avec Lili qui, à mon avis, parle aussi avec le cœur, aime sincèrement la musique et n'a pas la prétention de donner de leçons à qui que ce soit en la matière. Je la laisserai répondre directement à votre commentaire si elle le désire mais je trouve sa posture tout à fait acceptable et je suis sûr qu’elle sera la première à concéder tout ce qu’il lui reste à apprendre, ceci étant vrai d’ailleurs quelque soit l’âge. Ensuite, je n’entrerai pas trop longtemps dans le débat, à mon avis stérile, du purisme dans le domaine musical car je pense qu’il n’est que le reflet de la perception qu’ont les différents praticiens dans leur propre contexte, avec leurs propres schémas de pensée, d’ailleurs très souvent formatés par certains cursus, est dont on s’aperçoit qu’ils sont tout à fait discutables au fur et à mesure que progressent la théorie et la pratique musicales.

Quelle doit être par exemple la rhétorique la plus pertinente sur Monteverdi entre Edwin Loehrer, William Christie, Jordi Savall, Gabriel Garrido et, justement pour ce qui nous intéresse sur le moment, Christina Pluhar ? Par exemple, les VIIème et VIIIème livres de madrigaux, s’ils s’adressaient en effet à l’élite de la cour de Mantoue, n’étaient-ils justement pas décriés avec férocité, notamment par Giovanni Maria Artusi, comme l’incarnation d’une forme de dépravation de l’écriture musicale, cette « seconda pratica » faisant passer les affects par la musique au détriment du texte ? Les partisans de la « prima pratica » s’érigeaient eux aussi en puristes dans le seul but de s’adresser à une élite afin de servir au mieux les grands poètes italiens. Ce ne sont pourtant pas eux, que je sache, qui ont révolutionné l’écriture musicale, mais bien Monteverdi et ses disciples. En même temps, la première pratique s’est avérée un passage clé pour permettre l’émancipation de la ligne musicale par rapport au texte et l’émergence de la basse continue instrumentale.

Je tends à être, tout comme vous, élitiste dans mes choix musicaux mais j’ai ce privilège de l’autodidacte qui est de n’être formaté par aucune école, aucun schéma universitaire sur la discipline musicale. Ceci me procure une certaine ouverture, sûrement une forme de naîveté pour un professionnel, un intérêt pour des approches qui me semblent différentes, à partir du moment où elles me semblent justement professionnelles. Je pense que c’est le cas avec Christina Pluhar. Je préfère infiniment plus cette interprète et tolère ses audaces, plutôt que de tenter, sans y adhérer, de me familiariser avec la sécheresse et l’autorité par exemple d’un Rinaldo Alessandrini ou d’un Nikolaus Harnoncourt sur les madrigaux, y compris le VIIIème livre. C’est net, indéniablement « pur » mais… assommant et exagérément démonstratif, voire revendicatif et j’ai le sentiment amer de « passer à côté de quelque chose ». Je préfère la sensualité et la danse suggérées par un Savall, la sauvagerie, le côté brut d’un Garrido ou le petit grain de folie d’une Pluhar. Pour moi ce sont de vrais musiciens qui recherchent une certaine véracité en associant un travail rigoureux avec une certaine spontanéité. Ils ne cèdent pas pour autant à la facilité. Ils ne semblent tout simplement pas s’investir d’une mission hautement particulière. Merci encore pour votre visite et votre participation. Bien sincèrement. Philippe

klari

Et on s'étonne ensuite que je préfère les critiques du Poisson Rêveur à celles de R. Machart.
Sérieusement, si ça continue, je vais définitivement arrêter de fréquenter des musiciens de formation. (Enfin, ceci dit, j'en connais une poignée qui gagnent leur pain dans des orchestres vénérables, mais ne dédaignent pas faire un peu d'impro, de jazz, de tango, voire grossir les rangs d'orchestre amateurs sans faire preuve le moins du monde de purisme (ouf!))

(d'ailleurs, vous ne voudriez pas venir écouter le concert de l'Orchestre du Chantier les 13 ou 14 fév? de beaux airs d'opéra chantés par des jeunes en fin de CNR, je crois, dont deux... anciens contrôleurs de gestion!)

(pour info, Djac compose, mais heureusement, il reste très fréquentable)

lili

Cher François,

Nous n'avons en rien les mêmes prétentions. Philippe a raison, je ne donne de leçon à personne, je me donne uniquement en tant que musicienne et amateur de musique, le devoir de la faire partager le mieux qu'il se peut, de faire partager à la fois les versions puristes et les versions qui le sont moins comme celle de Christina. C'est cela qui est un "combat" sinon nous pouvons laisser la musique rester dans les mains de quelques experts mais je crois sincèrement que ce n'est pas non plus votre désir, en tant que chef de choeur... ou en tout cas je l'espère.
Je crois que vous vous trompez quant à mon ouverture dans d'autre styles musicaux, mais là c'est un autre débat.

A bientôt pour d'autres échanges, peut être moins tendus.

lili

Djac Baweur

Ha tiens j'y avais pensé mais maintenant, je sens que ça va me tenter : en effet, à la réflexion, mes compositions sont tellement géniales et de haute pensée que je ne vois vraiment pas pourquoi je pourrais souhaiter que des ignares qui n'y connaissent rien puisse les écouter, c'est vrai, c'est du temps perdu que de donner de la confiture aux cochons, après tout.
Dorénavant, c'est décidé, je ne ferais lire mes partitions (surtout pas les jouer, ce serait déjà les trahir que de les mettre en des mains de simples instrumentistes) qu'à un cercle d'Elus privilégiés, seuls dignes de s'élever aux hauteurs de mon Art et possédant les capacités au-dessus du vulgaire permettant d'accéder aux Ultimes Subtilités de ma Musique.

Plus sérieusement, ce mythe de la prédestination de l'Artiste (avec un A majuscule, comme de bien entendu) n'a pas fini de faire du mal. Philippe, je vous conseille, si vous ne les connaissez pas, ces deux ouvrages très intéressants sur la sociologie du monde de la musique professionnel (des musiciens d'orchestre en particulier) :

- Les musiciens d'orchestre symphonique, de la vocation au désenchantement, Pauline Adelot, Ed. L'harmattan.
- L'orchestre dans tout ses éclats, Ethnographie des formations symphoniques, Bernard Lehmann, La Découverte/Poche.

Même si ces ouvrages sont assez abrupts dans leur forme, je pense qu'ils vous passionneront en ceci qu'ils vous décriront l'"envers du miroir", des conservatoires aux orchestres professionnels ; et le mythe de l'Artiste prédestiné qui sait et ressent des choses au-dessus du commun, et qui ne peut révéler tout son potentiel que dans la souffrance du travail consenti (mythe très christique), y pèse d'un poids assez malsain en créant un malaise globalement ressenti (inconsciemment) chez nombre de musiciens professionnels, en tout cas en France.

Bref, lili, continuez !

jardinbaroque

Bonjour cher Philippe,
J’hésitais à intervenir de nouveau au sujet de votre billet, mais les polémiques, plus ou moins élégamment exprimées, qu’il déclenche et qui doivent vous surprendre vous-même m’ont enjoint de le faire. Vous qui m’aviez trouvé dur dans l’impression que je vous livrais, je pense que vous avez pu constater que finalement, à ce niveau-ci, il me restait bien des progrès à faire. Je déplore le manque de mesure qui a caractérisé certaines interventions, dont l’emportement fragilise d’autant le propos. Faire valoir son point de vue n’a jamais été hausser le ton, qu’il s’agisse de blâmer ou de louer, et je salue, au passage, l’intégrité dont vous avez fait preuve en publiant toutes les réactions, quand il aurait été si facile de les censurer.
Ce qui me désole le plus, je crois, c’est de constater que se dessine, au travers des opinions livrées ici, le traditionnel clivage entre « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas » dans le domaine de la musique baroque, attitude qui me semble non seulement parfaitement dépassée, mais dangereuse car puissamment stérilisante. Ne nous étonnons pas que ces querelles de chiffonniers, comme je m’en ouvrais dans mon récent billet sur la Folle Journée 2009, fraient un très confortable chemin à un retour en force, qui plus est acclamé par certains critiques qui attendent depuis 20 ans de pouvoir « casser la gueule » aux « baroqueux » qui ont remis en cause leurs certitudes, des interprétations consciemment romantiques (Bach au piano, Vivaldi sur violon « moderne », etc.) dans le répertoire baroque.
Ce qui a, jusqu’ici, fait tout l’intérêt de la réappropriation de la musique ancienne par des artistes soucieux de se positionner dans une optique aussi cohérente que possible d’un point de vue historique est justement la volonté d’ouverture qui y a prévalu, l’absence de certitude absolue quant aux choix opérés. Comme le résumait très justement, il y a des années, Gustav Leonhardt, même si certaines de ses positions, l’âge venant, ont eu plutôt tendance à s’inscrire dans le processus inverse, « on ne sait rien ». Partant de ce constat, en gardant à l’esprit que l’improvisation est une donnée absolument naturelle pour tout musicien jusqu’au moins au milieu du XIXe siècle, ainsi qu’en attestent les témoignages d’époque, tous les chemins sont et doivent rester ouverts. Les propositions de Christina Pluhar dans ce disque ne sont donc ni plus ni moins valides que celles de ses prédécesseurs, quand bien même ces derniers se nommeraient Harnoncourt, Savall ou Alessandrini. La vérité en musique n’existe pas, et encore moins dans le domaine de la musique ancienne. Christina Pluhar pourrait, je crois, en remontrer à plus d’un pour ce qui est de l’analyse historique des pratiques d’exécution, comme le montrent sans contredit les réussites qui jalonnent son parcours discographique antérieur, qu’il s’agisse de Landi, Kapsberger ou Cavalieri, sur lesquels, j’y reviendrai, nulle tempête érudite n’a fait rage. Elle ajoute, dans telle pièce, un psaltérion qui n’est mentionné nulle part ? Elle fait appel, dans une autre à la nomenclature instrumentale très précise, à un cornet qui en est absent ? Elle laisse ses chanteurs partir dans des improvisations « jazzy » ? Et alors ? Combien de chefs soustraient-ils le clavier continuo dans les Londoniennes de Haydn quand l’intervention cet instrument dans le dernier mouvement de la Symphonie n°98 ne s’explique pas sans lui, et combien n’observent pas la reprise dans le premier mouvement de Première symphonie de Brahms sans que qui que ce soit y trouve à redire ? La mauvaise foi pourra toujours rétorquer que c’est la tradition qui impose de faire ainsi, mais une démarche réellement soucieuse de cohérence historique ne devrait pas faire l’économie de remettre en cause la coutume quand partition et/ou témoignages l’invalident.
Restons pragmatiques. Les libertés prises par Christina Pluhar sont-elles historiquement monstrueuses ? Clairement, non. Les instruments qu’elle utilise et/ou ajoute sont ceux de l’époque de Monteverdi, et sa démarche est, en ce sens, bien moins incongrue que l’emploi d’un Steinway dans Bach, sur lequel personne ou presque ne trouve à redire. Les œuvres du grand Claudio sont-elles rendues méconnaissables à la suite de ce traitement ? Là encore, non. Elles « sonnent » différemment, mais, sous les ornements, on identifie sans mal de quel madrigal il s’agit. Le résultat final est-il agréable à écouter ? C’est affaire de goût, bien entendu, mais d’un point de vue strictement sensuel, ce disque est infiniment plus plaisant à l’oreille que le Monteverdi sec et étriqué de Junghänel.
Alors pourquoi se trouve-t-il des gens, dont votre serviteur, pour y trouver à redire et n’être qu’à-demi convaincus par cette réalisation quand tout ce que je viens d’écrire devrait la faire applaudir ? Je m’en tiendrai à deux réserves.
Pas plus que ses confrères, Christina Pluhar, pour laquelle, je le répète, j’ai beaucoup de respect, n’échappe à un certain systématisme. L’Arpeggiata a une identité sonore immédiatement reconnaissable et les choix esthétiques, notamment dans le domaine vocal, de sa directrice ne varient guère depuis quelques années, habile dosage entre angélisme éthéré et dramatisation théâtrale. Souvent, ça fonctionne assez bien, mais je ne suis pas convaincu que cette recette puisse uniformément s’appliquer à tous les répertoires, et qu’en particulier, celui du madrigal a d’autres exigences, où la beauté du chant ne se conçoit qu’au service de ce que dit le texte. Ici, bien entendu, le fait d’être allé piocher dans des recueils différents masque un peu le problème, les contrastes étant entretenus par le caractère disparate de la compilation. Je ne suis, en revanche, pas persuadé que le résultat serait très convaincant sur un livre complet de madrigaux, exercice périlleux sur lequel bien des artistes de grande qualité se sont cassé les dents (Jacobs, La Venexiana, etc.)
En outre, et je crois que bien des réactions exaspérées peuvent y trouver une explication, le marketing largement entaché de jeunisme de ceux qui sont chargés de vendre ce disque est particulièrement maladroit, ainsi que je le disais dans mon premier commentaire. Lorsque Christina Pluhar enregistrait pour Alpha, les choses étaient, en apparence, plus claires, du fait de la coexistence de deux collections, « Ut pictura musica » pour les réalisations « classiques » et « Les chants de la terre » pour celles qui tendaient plus vers le « cross-over ». Je pense que c’est à cette différenciation qu’il faut imputer le fait qu’outre leurs qualités propres les enregistrements de l’Arpeggiata ont été alors régulièrement salués, la parution différenciée détournant un peu l’attention de la similarité esthétique qui se retrouvait d’un disque à l’autre. Avec ce disque, les choses sont beaucoup plus ambiguës, ce flottement étant, en outre, largement encouragé pour des raisons bassement commerciales. S’agit-il de « classique » ou de « cross-over » ? Quelle est la caution musicologique de ce projet (beaucoup d’amateurs de baroque ont encore ce réflexe) ? En fait, tout est aussi flou que la photo de la pochette, Christina Pluhar étant, hélas, aussi connue pour ses réalisations « cross-over » que pour le reste de son travail, et Philippe Jaroussky se trouvant malheureusement réduit à l’image de « voix d’ange capable de tout chanter et même autre chose que du baroque », comme le démontre la sortie imminente d’un album consacré à la mélodie française. Je crois sincèrement qu’il s’agit là d’une erreur complète de perspective de la part des agents marketing de l’éditeur. Cette stratégie bancale risque fort de détourner les « baroqueux » d’un album au concept, à leurs yeux, douteux, dont un des plus clairs mérites, à un moment où le monde musical se révèle plus crispé sur ses acquis, comme l’a encore prouvé la pitoyable cérémonie des Victoires ( ?) de la musique classique, que soucieux d’innover, est pourtant de questionner des œuvres qui constituent un vaste champ d’expérimentations potentielles, tout en ne parvenant probablement pas à attirer en aussi grand nombre qu’escompté le public de non-habitués qui semble constituer son cœur de cible, pour lequel le programme de cette compilation ne sera sans doute pas suffisamment accrocheur (s’est-on posé la question de savoir si le nom de Monteverdi disait quelque chose au « grand public » ?) pour susciter l’achat.
Au bilan, une parution dont les enjeux et les qualités sont escamotés par une politique commerciale inadaptée, probablement décidée par des gens qui savent à peine de quoi il retourne. Et on s’étonnera, après ça, de la crise du marché du disque ?
Bien amicalement à vous et à vos lecteurs, cher Philippe, et pardonnez, s’il vous plaît, la longueur de cette intervention.

Philippe D

-> Lili. Merci pour votre réponse nuancée et encore une fois sincère.
-> Djac Baweur : merci pour les références bibliographiques. Je ne me suis pas encore lancé dans l'étude ethnographique de la corporation des musiciens professionnels !
- > Jardin Baroque : cher Jardin Baroque, je vous suis infiniment reconnaissant d'avoir pris le temps de faire ce texte très argumenté dont je partage pleinement le propos. Ma seule petite réserve, qui était d'ailleurs l'objet de nos premiers échanges autour de cette note, est que je fais plus volontiers abstraction que vous du "jeunisme" désincarné des chefs de produits d'EMI Classics. Je profite du disque tout simplement, sans me formaliser pour autant sur les arrière- pensées mercantiles de ceux qui sont à la manœuvre sur la présentation et la distribution du disque. D'ailleurs ce dernier est un très beau livret d'excellente qualité sur lequel Christina Pluhar a pris soin d'être très impliquée également. Je ne pense pas que ce disque soit la plus marquante incarnation de la fuite en avant de l'industrie discographique pour flatter les clients potentiels, les caresser dans le sens du poil. Je me méfie plus volontiers de certains disques d'une facture et d'une logique faussement construite et qui en fait n’apportent rien (ex : Hélène Grimaud sur Bach).

Jean-ollivier

au hasard de ma lecture (rapide)

1. un Steinway incongru dans Bach ? pourquoi, puisque dans nombre de pièces il n'indique pas l'instrumentarium. De toute façon, "en morale il n'y a que l'intention qui compte. En art, seul le résultat" (H de Montherlant, Carnets)

2. Le jeunisme (?) joue aussi pour les peintures baroques. On les voit aujourd'hui dans des environnements très scénographiés, alors que la "vérité" historique de l'époque les voyait accrochés les uns au-dessus des autres, dans une joyeuse pagaille. Ou dans une église avec le bon site (le tableau est vu d'en bas) mais sans aucun éclairage.
à quand le retour à l'accrochage historique authentique, "sur cimaises anciennes" ?

3. et si le côté systématique des interprétations n'était dû au fait qu'il s'agit d'enregistrements, même si c'est du quasi-live ? Dans un concert en direct, non enregistré (comme on faisait à l'époqe de Monteverdi), sans repentirs, le problème ne se poserait pas (en tout cas pas en ces termes).

Merci à Djac Baweur grâce à qui je découvre ce site. En récompense, il a droit à un pot de Nutella.


Philippe D

Bienvenue sur le poisson rêveur.

1. Je ne trouve pas cela incongru non plus. Jardin Baroque, fidèle et très pertinent contributeur au blog est un puriste en la matière. Après, il y a toujours le fameux débat de "la pertinence de l'approche pianistique de Bach". Je pense, en ayant discuté de ce point avec ma prof de piano et en étant tombés assez d'accord sur ce sujet, que si JS Bach avait connu le piano forte avec toutes les nuances qu'il permettait, il en aurait usé et abusé. Après, c'est une question de pari...
2. Je trouve bien vu votre parallèle avec l'accrochage des peintures baroques (même si par certains aspects la chandelle serait plus efficace que certains éclairages incongrus, par exemple, des musées parisiens).
3. Tout à fait d'accord.
A bientôt.

jardinbaroque

Bonsoir cher Philippe,
Je rebondis rapidement sur votre point numéro un ci-dessus. Bach a pu connaître les premiers pianoforte, comme ceux de Cristofori, et je ne comprends d'ailleurs pas qu'il ne se trouve, à ma connaissance, aucun interprète pour jouer ses œuvres sur ce type d'instrument, dont la sonorité est, en outre, magnifique, même si elle n'a pas grand chose à voir avec celle d'un Steinway D ;o)
Je n'entrerai pas, en revanche dans les histoires d'accrochage des peintures, tant la réalisation d'un accrochage "à l'ancienne" me semble, sauf exception, techniquement illusoire. Ce qui n'est pas le cas de la pratique des instruments dits d'époque.
Amitiés à vous.

tamino

Je remarque, au-delà de mes divergences de vues radicales avec poissonrêveur quant à la qualité de ce disque (pour toutes les raisons invoquées par lectrice médusée), que le texte critique comporte quelques erreurs factuelles qui en diminuent sérieusement la crédibilité. Je sais bien que Christian Pluhar et Virgin se foutent du monde quant au minimum d'infos communiquées sur les oeuvres. Mais, quand on veut pallier ces manques, on vérifie et on n'écrit pas n'importe quoi. "Interrotte speranze" n'est aucunement un extrait du Combattimento, dont il n'y a d'ailleurs aucun extrait dans ce disque, et le Combattimento fait partie du 8ème livre, pas du 7è. C'est même la raison de l'intitul& #233; (madrigaux guerriers et amoureux). 3 erreurs en quelques lignes d'un spécialiste du baroque, ça fait un peu mal. Que la critique ne mentionne pas le fait que Pluhar triture le lamento della Ninfa, amputé et du début et de la fin, réduit de moitié Hor che'l ciel e la terra, est tout aussi déplorable. L'Arpeggiata et Christina Pluhar ont les critiques positives qu'elles méritent. Leur pub ne clamait t'elle pas "une jam-cession (sic !) baroque". Quand on fait dans l'approximatif, on le fait jusqu'au bout !

Philippe D

Cher "tamino" (l'absence de majuscule à votre nom propre étant sûrement imputable à un excès de modestie ...). Je vous demande de m'excuser (je demande surtout à mes lecteurs de m'excuser) pour ces erreurs et vous remercie pour ces précisions. Je tente toujours d'être le plus précis possible dans mes notes, mais il se peut que, malgré les précautions d'usage, des erreurs ce soient glissées quelquefois (peu, visiblement, sinon j'aurais eu des commentaires correctifs très rapidement !). Ces dernières sur Monteverdi sont en effet très difficilement pardonnables !

Quant à la forme, je laisse les lecteurs du blog seuls juges. J'ai hésité à publier votre commentaire tel quel ou à le modérer mais je préfère le laisser en l'état. Il ne me semble en effet pas conforme à la conception que je me fais du blog, à savoir un lieu d'échanges où l'on peut être ferme sur le fonds mais où j'attends pour ma part un minimum de civilité, tant à l'égard du rédacteur du blog, que des artistes évoqués dans la note. Je ne conçois pas le poisson rêveur comme un blog "défouloir" pour des visiteurs qui se sentent obligés de "remettre en place" le rédacteur du blog en lui prêtant des intentions qu'il n'a pas. On avait déjà frôlé les limites de la correction dans certains commentaires précédents liés à cette note.

Si vous me faites à nouveau l'honneur de visiter le blog, je compte toujours sur vos remarques très pertinentes et vous demanderai tout de même à l'avenir de cultiver l'art (certes subtil) de la nuance au risque de ne pas passer par le bouton "publier". Ce serait vraiment dommage de se priver d'une telle valeur ajoutée pour une bête question de forme. Bien à vous. Philippe

Greg

Bonsoir à tous !

J'arrive un peu tard dans cette conversation. Je n'y ajouterai rien, sinon dire que je suis assez étonné de l'agressivité ambiante. On peut faire des erreurs, et une critique n'est par définition jamais objective. Alors, restons courtois et poli. On est là pour échangé des points de vue, mais s'étripper.
Merci à Poisson rêveur pour son blog qui est d'un véritable intérêt, quoi qu'en disent certains.

Philippe D

Merci pour votre commentaire. C'est agréable de se retrouver dans un monde un minimum civilisé. Je ne rejette aucunement la critique ou les corrections d'erreurs éventuelles mais je suis aussi étonné que vous de l'agressivité finalement gratuite de certains commentaires, tant à l'égard du rédacteur du blog (ce qui n'est pas le plus grave) que des artistes. Je n'ai fort heureusement pour ma part aucun compte à régler dans le cadre de ce blog.

jardinbaroque

Cher Philippe,
Lorsqu'on bâtit un blog autour de chroniques de disques et/ou de spectacles, il est clair qu'il faut s'attendre à ce qu'apparaissent des points de vue divergents, allant des minimes réserves aux francs désaccords. C'est la loi du genre, et je salue, une fois encore, l'honnêteté qui est la vôtre de publier même les contributions qui égratignent assez rudement vos propos. Maintenant, ceux qui vitupèrent ici ne devraient jamais perdre de vue qu'outre le fait qu'il convient d'observer un minimum de correction lorsque l'on intervient sur un espace ouvert à tous, non seulement par respect pour l'auteur, mais aussi pour celui de chaque contributeur, l'emportement dont il font preuve fragilise, tout autant que les coquilles qu'ils ont beau jeu de relever, la portée de leur propos. Rien de bien intéressant ne peut naître ni de l'outrance, ni de la cuistrerie.

Philippe D

Cher Jardin Baroque. Merci pour votre commentaire. Tentons en effet de rester "d'honnêtes hommes" dans l'acception très XVIIème siècle du terme. Je veux dire par là cette forme de conception morale qui consiste pour sûr à bien séparer l'espace social et le for intérieur. Je voue pour ma part trop de respect pour autrui (quelle tare en effet !) pour ne pas offenser mon entourage avec mes colères, irritations intérieures en tous genres. Je pense que le fait de ne pas exprimer de façon agressive une quelconque irritation sur la place publique (ex : un blog) n’empêche pas pour autant de conserver la bonne liberté de jugement. Pour sûr je pense que vous faites partie de ce groupe des honnêtes hommes. Bien à vous. Philippe.

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