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12 septembre 2008

Commentaires

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Summertime

"StRum und Drang" , non , mais bien StuRm de l'allemand : tempête . :-)
Et un grand merci pour ce petit bijou qui illumine mon samedi matin !

Philippe Delaide

Entschuldigung ! Ich tue est nicht mehr. Merci pour la coquille... J'ai beau me relire... J'ai dû subir l'influence subconsciente des Schtroumpfs...

DavidLeMarrec

Pour avoir entendu Rostropovitch jouer ce concerto dans une mauvaise salle deux ans avant son décès, je ne peux qu'abonder sur les vertus. Lorsque je l'ai entendu, il y avait bien sûr des scories, les doigts n'étaient plus aussi sûrs, mais un sens du phrasé vraiment envoûtant. Quelque chose de légèrement excessivement travaillé, un raffinement très agréable.

jardinbaroque

Bonjour Philippe,
Cette version de Rostropovitch me met dans un cruel embarras, car il m'est impossible d'adhérer complètement à la manière dont l'œuvre est rendue (trop d'épaisseur, trop de vibrato), mais je ne peux me défendre de trouver ça très bien, parfaitement poétique à défaut d'être pleinement satisfaisant pour l'esprit.
Ce Concerto date des années 1762-1765 environ et il est effectivement entre deux, ou plutôt trois esthétiques : formellement entre baroque très tardif et préclassicisme, émotionnellement entre préclassicisme et préromantisme (j'ai produit, cet été, une série de billets sur les précurseurs du Romantisme, à laquelle je vous renvoie si cette question vous intéresse). Vous faites allusion au disque de Queyras qui est effectivement très beau et très racé (il faut dire qu'avec des accompagnateurs de la classe du Freiburger Barockorchester, il faudrait être difficile), et qui a, en outre, l'intelligence de présenter le Concerto pour violoncelle de Georg Matthias Monn (1717-1750), beaucoup moins connu que celui de Haydn, mais dont l'Adagio central n'est pas sans rappeler, du point de vue de la sensibilité, celui que vous nous avez présenté. Pour finir, il existe une autre version "historiquement informée" qui mérite un peu plus qu'un détour, celle de Hidemi Suzuki (violoncelle), accompagné par La Petite Bande dirigée par Sigiswald Kuijken (DHM, 1998). L'optique est différente de celle de Queyras, notamment du point de vue de l'accentuation et de l'agogique du discours, mais c'est une belle réussite.
Bien à vous.

MIchel

Merci Philippe pour ce Haydn qui colore un dimanche matin pluvieux et qui met de la lumière dans ma journée. Pour moi cette version, bien que discutable sur le plan musicologique (mais qu'est-ce qui ne l'est pas en musique?)me touche profondément et c'est amplement suffisant pour que je l'écoute et la ré-écoute. La version de Queyras est plus épurée, plus transparente et on ne peut passer sous silence une intégrité sans faille dans la recherche d'interprétation. Quoi qu'il en soit, je pense qu'il faut remercier Haydn de nous donner une oeuvre qui se révèle différemment sous la pensée et le travail d'interprètes aussi différents dans leur approche. Mais le propre d'un chef d'oeuvre n'est-il pas d'être un prisme qui nous ramène à l'essence même de la vie...un calque des quantums qui se comportent différemment selon le regard de celui qui les observe? Bon dimanche!

Philippe Delaide

Je ne me doutais pas que ce morceau choisi susciterait autant de commentaires et tous aussi riches les uns que les autres. Je vous remercie vivement pour votre contribution !
-> DavidLeMarrec : je comprends tout à fait vos impressions. J'ajouterais le sentiment unique que j'ai avec cet interprète, que l'instrument est comme la prolongation de son âme et que c'est une voix des plus profondes qui nous interpelle.
-> Jardin Baroque : ce vibrato, cette façon de jouer très XIXème / XXème ne me choque pas. Ce concerto transcende tellement ses origines baroques en entrant pleinement dans l'univers romantique qu'il supporte parfaitement, à mon sens, ce type de phrasé. Je vais lire ce que vous avez écrit sur le passage du néoclacissisme au romantisme. Toutefois, Haydn, je trouve, va bien au delà de cette transition. Je ne connais pas la version de Suzuki et crois deviner, avec l'influence du style de Kuijken, ce que vous voulez dire.
-> Michel : merci pour votre commentaire et heureux d'avoir contribué à colorer un dimanche à la météo maussade ! Sur la version de Queyras, je suis d'accord avec vous et le Jardin Baroque sur les qualités que vous vantez tous les deux. La contrepartie de cette intégrité peut être un petit manque d'émotion alors que le maître russe en déborde. C'est aussi cela la musique !

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