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31 octobre 2007

Commentaires

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Lucie

Eh ben! les hasards de la vie, de la musique... Justement, hier, je suis tombée sur cet air à la radio et j'ai souri en l'écoutant, sous le charme comme si c'était la toute première fois. Mozart, quel géant!

Philippe D

Transmission de pensée avec quelques dizaines de milliers de kilomètres ! :-) L'efficacité de Mozart sur nos émotions est en effet redoutable. C'est fou comme on peut se raccrocher à lui plus que tout autre quand on attend de la musique qu'elle continue à nous étonner et nous ravir.

jardinbaroque

Très bel air de la Flûte, qui est l'opéra que je préfère dans toute la production mozartienne (eh oui, devant Don Giovanni), et qui est un peu ma madeleine proustienne. Je me souviens encore de la version dans lequel je l'ai découvert (Böhm/1964), pour laquelle je garde, en dépit de ses incongruités musicologiques, une certaine tendresse. En revanche, je vous avoue que je trouve Harnoncourt complètement hors-sujet dans cette oeuvre, triste et pesant. Si je devais retenir une version pour l'île déserte, ce serait celle de John Eliot Gardiner, pour sa jeunesse rayonnante.

Philippe Delaide

Ma version préférée est pour ma part celle de Wolfgang Sawallisch (1972). Je suis d'accord avec vous à propos de la version d'Harnoncourt effectivement lente et assez pontifiante. Je l'ai retenue sur cet air parce qu'elle représente une forme d'extrême par rapport à celle de Klemperer.

Lea

Vous me penserez peut-être psycho-rigide mais j'ai tout de même du mal à décoller de la version Klemperer, tout en reconnaissant cependant que ce n'est pas tant ce duo précis qui m'y arrête que l'excellence de l'ensemble (et je l'avoue, au disque, la suppression des dialogues).
On ne s'en lasse pas.
Il est vrai Philippe que ce duo est d'une grande pureté et d'une efficacité mozartienne à toute épreuve; difficile de faire "plus Mozart". Il est splendide et comme tout ce qui est profond chez Mozart, assez difficilement descriptible, aussi bien dans les Da Ponte (la perfection de la caractérisation d'Elvira ou de La Comtesse! Dieu, quelle perfection..), par des mots qui en quelque sorte sont insuffisants à exprimer sa nature intense à l'équilibre si parfait et particulier. Toute les parties de Pamina sont incroyables en ce sens, elles atteignent à une épure extraordinaire, même dans le plus enlevé "schnelle Füsse, rascher Mut".

@ Lucie (ceci pour l'anecdote) : je relis votre commentaire avec un grand sourire car hier avant que de réagir à Bartoli, je venais de retrouver, là où je cherchais tout autre chose, son deuxième récital Mozart.
Peu après je venais ici où je retrouvais les deux.

Bonne Journée à Tous.

Philippe D

Je me sens plus proche de la spontanéité, du naturel de Sawallisch que du parti pris d'une certaine métaphysique chez Klemperer. La version de Klemperer passera de toute façon l'épreuve du temps car elle soulève les interrogations les plus profondes de cet opéra. Je préfère toutefois y retrouver le thème plus « prosaïque » de l'initiation, du passage du monde de l'enfance à celui des adultes (le rite initiatique étant un thème récurrent chez Mozart), plutôt que les références maçonniques au grand architecte de l'univers. C’est pourquoi je supporte difficilement les scènes empreintes d’une religiosité que je trouve finalement un peu maniérée sur la Flûte enchantée et savoure celles qui restent fidèles à l'esprit et au style traditionnel du Singspiel. Sur la dernière partie de votre commentaire, belle anecdote en effet. "Sacré" Wolfgang !

Lea

Moi aussi Philippe et ce quelle que soit la version, j'éprouve beaucoup moins d'intérêt pour les passages dits "maçonniques" ou simplement les scènes avec Sarastro.

De plus, je suis absolument en phase avec vous quant à la dimension initiatique et le "apprendre à grandir" si malicieux et subtil dans le triangle Papageno/Pamina/Tamino. La Flûte est l'opéra du regard de l'enfance bien au-delà de toute métaphysique raccrochée a posteriori bien tant que mal.

A présent au sujet de Klemperer, c'est davantage autour des tenues irréprochables des voix que j'ai du mal à passer à une autre version qu'autour de la direction. De la Pamina de Janowitz à la Königin de Popp (son legato est aussi parfaitement ductile que ses piqués appuyés) en passant par le Papageno de Berry et le Tamino de Gedda, il m'est difficile de m'accoutumer au support disque à une autre version.
Toutefois, sur scène ou bien au DVD, il en va autrement, pour peu que précisément le metteur en scène ait notion de cette dimension initiatique et ne nous entraîne pas dans trop de dérives conceptuelles prétendument métaphysiques, je suis systématiquement sous le charme.
Enfin quant à Sawallisch (que j'aime beaucoup par ailleurs), je l'ai écoutée il y a longtemps et me souviens l'avoir aimée, simplement j'aime trop les chanteurs de Klemperer.
Très subjectif tout cela! sourire

Philippe D

Léa, je comprends parfaitement. C'est vrai que le groupe de chanteurs impliqué dans la version de Klemperer et tout simplement mythique. Par exemple, écouter Papageno sans penser à Walter Berry est en effet impossible. Je l'avoue !!! Idem pour Lucia Popp et les innombrables Reines de la Nuit qui ont tenté de l'égaler. Les mêmes chanteurs dirigés par Sawallisch ! Ah !!!(désolé pour mon obstination :)). Merci encore pour vos passages sur le blog. A très bientôt !

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