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02 avril 2007

Commentaires

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DavidLeMarrec

Merci. :-)

Je comptais précisément en toucher un mot dans mes territoires !

Oui, une splendeur, la plus exaltante tragédie lyrique que je connaisse. Les autres Destouches ne sont pas nécessairement du même niveau, d'ailleurs.

Moi aussi, je regrette un peu le ton de déploration un peu uniforme de Stéphanie D'Oustrac, bien que le résultat soit tout à fait probant, notamment dans un acte IV très abouti par rapport à la version de Beaune.

En deux mots sur la comparaison : au disque, les tempi sont très différents (plus lents), Cyril Auvity en légèrement méforme, et Fernandes sonne un peu caverneux (aigus difficiles, aussi) en comparaison d'Alain Buet (plus de naturel et empathie plus aisée). Renaud Delaigue propose un excellent ministre.

Et bien sûr je regrette beaucoup le port altier de Blandine Staskiewicz, absolument extraordinaire en Callirhoé.

Il n'en demeure pas moins que l'oeuvre et l'interprétation sont d'exception.


Une excellente alternative pour le développement du disque de musique savante : les commentaires sont très pertinents - à part la justification un peu capillotractée des coupures. Ces articles sont vraiment précieux, et imposent l'achat de l'objet (la dématérialisation lui ferait perdre beaucoup). Le prix n'est pas excessif pour une nouveauté aussi luxueusement présentée.

Pour l'instant, le disque de l'année, à n'en pas douter.

Philippe Delaide

Je suis tout à fait d'accord sur votre point de vue concernant Alain Buet dont j'avais apprécié l'épaisseur humaine, le charisme, voire même une forme de fragilité intéressante sur ce rôle. Fernandes est plus conventionnel, "passe partout". Je pense qu'Alain Buet n'a peut être pas été retenu car sa voix porte peu, et c'est un interprète plus intéressant en représentation qu'à l'enregistrement.

DavidLeMarrec

Oui, c'est cela, une simplicité et une fragilité supplémentaires !

Je crains que la raison de l'éviction de Blandine Staskiewicz et d'Alain Buet soit plus prosaïque encore : leur nom n'est pas connu du public, tandis que João Fernandes, pour sa voix caverneuse, dispose déjà d'assez nombreux admirateurs. A titre personnel, je trouve ça un rien affecté : appuyé quant au style, et pas vertigineux quant à l'incarnation ; mais ça reste tout à fait bon, j'en conviens.

Moi-même, je dois bien en convenir : ayant été très séduit un an auparavant, à l'époque de la diffusion de Beaune, par la Médée de D'Oustrac, son nom aurait plus suscité mon attention que ce patronyme polonais qui pouvait faire craindre une prononciation opaque à la Ciesinski.
Il s'est avéré que Blandine Staskiewicz est, au minimum pour le chant, de loin plus française que D'Oustrac. :)


Ce procédé de remplacement de protagonistes pour vendre des disques est très courant, depuis toujours. C'est particulièrement nécessaire lorsque la concurrence est rude, ou lorsqu'on travaille sur une niche.
Ca n'empêche nullement les enthousiastes du concerts d'acheter le disque, on le sait bien.

Par exemple, alors qu'on disposait de deux équipes qui avaient alterné sur scène, on a fait appel à Randi Stene pour Thora på Rimol de Hjalmar Borgstrøm ; norvégienne elle aussi, elle est un tout petit peu connue en Europe 'continentale' pour avoir chanté quelques Mahler, de très beaux Kindertotenlieder en particulier. C'était un gage à l'export pour un compositeur absolument inconnu du grand public à cette date.

Ces remplacements sont parfois artificiels, mais Randi Stene est formidable en Thora, et dans le cas de Stéphanie et João, ils ont chanté sur scène Callirhoé, ce qui les rendait tout aussi légitimes, il faut bien en convenir.

Philippe Delaide

Je ne suis pas étonné que le "casting" du disque soit guidé par des considérations de marché plus que d'adéquation des voix. L'ensemble est tout de même assez homogène au disque. J'ai également souvent remarqué à quel point, sur le répertoire français, des chanteuses étrangères avaient un phrasé plus articulé, audible et pertinent que... certaines chanteuses françaises. Autre exemple, l'enregistrement des mélodies de Duparc par Felicity Lott, que bon nombre de chanteuses françaises n'osent même pas aborder ! (cf. note du 22 septembre 2006 sur la disparition d'Armin Jordan - catégorie Hommages)...

DavidLeMarrec

Je ne pense pas que j'aurais pris l'exemple de Felicity Lott, que j'ai entendue il y a un plus d'une semaine dans Duparc précisément, avec une diction un peu floue. En revanche, contrairement à ce qui a pu être le cas jadis, une diction allemande invraisemblable de précision, à retranscrire lettre à lettre tout ce qu'elle énonçait !

En effet, l'intelligibilité n'est pas nécessairement l'apanage des natifs. Je ne vais pas redire tout le bien que je pense de la diction de Béatrice Uria-Monzon (en amélioration cependant), je l'ai déjà fait chez Laurent. Mais.
On a quelques très beaux cas, particulièrement chez les anglophones et germanophones. Michaela Kaune, Angelika Kirchschlager, Thomas Allen, Simon Keenlyside...

Je suis particulièrement impressionné par l'idiomatisme parfait de Magdalena Kožená. Mélisande tout bientôt à Paris ; si c'est aussi extraordinaire qu'en 2001, à ne pas manquer...

Mais Blandine Staskiewicz est bel et bien française.

Philippe Delaide

Peut-être Felicity Lott était en méforme... Je l'ai trouvé assez convaincante au disque. C'est intéressant que vous mentionniez le cas de Magdalena Kožená car j'étais justement à ce concert (salle Favart si je me souviens bien) avec Marc Minkowski à la baguette. Très grande émotion ce soir là. En effet la soprano slovaque avait montré une intelligence remarquable de la prosodie, si spécifique à cette composition. J'avais également trouvé le Golaud incarné par François Le Roux particulièrement impressionnant. J'avais réservé pour la version dirigée par Haitink du 16/06 au TCE mais ai un empêchement et dois céder les places à un très bon ami qui m'avait fait la gentillesse de m'inviter à un concert l'année dernière. Grande frustration (même si je doute que Laurent Naouri puisse se hisser au niveau de Le Roux...).

DavidLeMarrec

Felicity Lott accuse surtout l'âge de ses cordes vocales, ses forces ont décliné au cours du récital de façon significative. Elle a admirablement géré ce gros handicap, mais cela l'a contrainte, dans la partie française, à quelques forçages et contorsions. Voilà. :)


J'étais derrière la radio, pour ce Pelléas... Cette Mélisande à la fois lointaine de brûlante a marqué durablement mon imaginaire du rôle. Hélas mon enregistrement est désormais inutilisable.

Laurent Naouri a fait de très gros progrès ces dernières années, ce devrait être intéressant. Mais j'avais énormément aimé Le Roux, très engagé.

Là où on peut sans doute se consoler, c'est sur la direction de Haitink.


Merci de nous avoir révélé ces souvenirs, du temps où le Poisson n'avait pas encore été pêché par la Toile.

Philippe Delaide

Beau souvenir en effet. Il reste à souhaiter que la version de Bernard Haintink soit capturée par les micros !

DavidLeMarrec

Je pense que c'est prévu.

Philippe Delaide

Il reste à guetter le programme de France Musique cet été.

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