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28 décembre 2007

Thomas Hampson chante Mahler sur Arte

La chaîne Arte diffuse samedi 29 décembre à 19h un concert qui devrait être d'excellent niveau.

Il s'agit de la retransmission du concert donné cette année par le baryton américain Thomas Hampson, accompagné par Mariss Jansons à la tête du Concertgebouw d'Amsterdam.

Hampson_2_2Thomas Hampson interprète la série de Lieder "eines fahrenden Gesellen" de Gustav Mahler. Dans la note du 24 septembre 2007, j'avais souligné à quel point ses interprétations d'une série de Lieder de Mahler, en compagnie de Leonard Bernstein, étaient inspirées et poignantes.  Thomas Hampson, depuis le grand Fischer-Dieskau, est certainement l'un des interprètes actuels les plus marquants sur ce répertoire.

La 8ème symphonie d'Antonin Dvořák fait aussi partie du programme.

Lien direct vers la description du concert sur le site arte.tv.

20 octobre 2007

Deux siècles de musique baroque française sur Arte

Galerie_des_glaces_versailles_1Ce soir 20 octobre, pour fêter les vingt ans du CMBV (Centre de Musique Baroque de Versailles), Arte diffuse en direct un concert qui sera donné depuis la Galerie des Glaces (récemment rénovées) du Château de Versailles :  les Talents Lyriques, sous la direction de Christophe Rousset avec Véronique Gens, interpréteront des oeuvre de Lully, Rameau et Gluck.

En outre, demain Arte diffuse deux films sûrement intéressants (9h30 : Marc-Antoine Charpentier, un automne à Versailles / 19h00 : La petite musique de Marie-Antoinette). Du beau monde musical en perspective : le Concert Spirituel sur des motets de Rameau à la Chapelle Royale, Gustav Leonhardt sur un concerto de Marchand...

Lien direct vers le site d'Arte pour plus de précisions.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, lien direct vers deux vidéos, tirées du site Arte, avec notamment des extraits des Motets de Rameau, interprétés par le Concert Spirituel, sous la direction d'Hervé Niquet.

Une alternative à la vision de 30 colosses (15 à la Rose et 15 à la Gazelle) qui courent après un ballon ovale...

20 août 2007

Une sublime 3ème symphonie de Mahler par Claudio Abbado à Lucerne

Je ne peux m'empêcher de poster cette petite note pour partager la vive émotion que j'ai ressentie à l'écoute de l'interprétation de la 3ème symphonie de Gustav Mahler par Claudio Abbado à la tête de l'orchestre du Festival de Lucerne dimanche 19 août à 19h sur Arte.

Cette monumentale symphonie, assez piégeante car extrêmement ample et, en apparence uniquement, très composite, s'est déroulée hier avec une fluidité et une majesté inouïes.

Abbado_lucerne_3 Claudio Abbado confirme sa volonté de marquer son interprétation des symphonies de Mahler sous le signe de la lumière et fait ressortir à son ensemble orchestral des sonorités nacrées d'une pureté exemplaire. Comme un lumière irisée, les différentes sonorités de l'orchestre se dévoilent avec une subtilité remarquable. Les nombreux solos d'instruments ont tous été justes, avec une musicalité indéniable.

Il ressort de cette interprétation magistrale, un impression de temps suspendu, comme le souvenir d'un paradis perdu, certainement l'une des sensations les plus nettes et fortes que Mahler voulait faire ressortir dans cette symphonie complexe et hautement symbolique.

La soliste, la mezzo-soprano Anna Larson, a déployé son chant vibrant et poignant, rappelant à nouveau les similitudes du 4ème mouvement avec le "Chant de la Terre". Le choeur de femmes de l'ensemble Arnold Schönberg était parfait.

Le premier motif du cinquième mouvement, uniquement avec les instruments à cordes, était vraiment poignant. L'approche métaphysique et presque contemplative de la direction de Claudio Abbado était bouleversante.

Lien direct vers les premières critiques (le Figaro).

14 août 2007

La Boîte à musique de Jean-François Zygel sur France 2 consacrée au piano

Jean-François Zygel ne m'avait jusque là pas tout à fait convaincu, notamment dans le cadre de la série de DVDs qui ont été produits autour de ses "Leçons de musique".

J'ai regardé vendredi dernier à la télévision la 2ème émission produite par France 2 où il officie dans un registre équivalent. Cette émission s'appelle la "Boîte à musique". Celle du vendredi 10 août dernier était consacrée au piano et toutes sortes de claviers ou instruments à percussion s'en rapprochant. Je dois avouer avoir été agréablement surpris par cette émission à la fois instructive, ludique et quand même moins systématiquement démonstrative que dans les DVDs.

Bote_musique_2 Passons sur les trois invités "people" qui doivent jouer les candides mais font surtout office d'honnêtes faire-valoir du protagoniste de l'émission. Le plus intéressant est d'avoir invité deux excellents pianistes qui viennent respectivement du répertoire classique et du jazz : François-René Duchâble et Antoine Hervé. Jean-François Zygel prend en le parti pris de l'éclectisme mais en conservant le fil rouge avec quelques explications simples sur la théorie musicale et le solfège, ce dernier restant le point de jonction des différents interprètes invités, avec leurs cultures musicales pourtant si différentes. François-René Duchâble, avec sa virtuosité toujours aussi époustouflante, a interprété plusieurs extraits des études de Chopin à décourager définitivement le moindre pianiste besogneux (dont je fais partie...).

Au registre des belles curiosités, l'interprétation du premier mouvement du 1er concerto pour piano de Chopin par François René Duchâble accompagné par un orchestre inattendu mais aux sonorités intrigantes et merveilleuses : une contrebasse, un accordéon, un tympanon et un orgue de barbarie (le Quatuor Barbaroque).

A noter enfin, pour illustrer les infinies ressources orchestrales du piano, la belle Romance pour six mains en la majeur de Rachmaninov.

Belle émission fine, ludique et qui transmet un enthousiasme communicatif pour la musique.

Pour plus de détail, se référer au site classicnews.com qui a également couvert l'émission du 3 août consacrée à l'Opéra. La prochaine, le 17 août, abordera la musique de chambre.

L'émission passe à 23h. Ce type de programme n'est en effet pas digne de frôler le "prime time". On veut faire plus de culturel sur France 2 mais on n'est pas suicidaire !

NB : le magazine Télérama a fait, semble-t-il, une intéressante coquille dans la présentation de l'émission du 10 août en donnant mettant un s à musique de Boîte à musique. Cela semble pourtant plus proche de l'esprit de l'émission. Avis aux producteurs de France 2.

07 octobre 2006

Don Giovanni par Jacobs : le choix de l'ambivalence

Don_giovanni1

Après Cosi Fan Tutte, les Noces de Figaro et la Clémence de Titus, René Jacobs continue son parcours des opéras mozartiens avec Don Giovanni, cette fois à la tête du Freiburger Barockorchester.

Représentation retransmise sur Arte hier 6 octobre en direct du Festspielhaus de Baden-Baden.

Distribution complète depuis le site du Festspielhaus.

Conclusion : bilan mitigé. La marque de fabrique de Jacobs, clairement identifiable, comporte des points intéressants mais également des caractéristiques particulièrement irritantes.

Commençons par les petits énervements : Jacobs et son orchestre ont vraiment un TGV à prendre... (j'avais déjà noté cela de la part du du Freiburger Barockorchester à un concert au TCE). Cette manie de tout mener à un tempo d'enfer est vraiment énervante. La tension permanente, presque morbide, si caractéristique de cet opéra n'exige pas que l'on pousse le métronome au dessus des contrôles radars... Le comble du ridicule est dans deux des airs de Zerlina au premier ("Batti, batti, o bel Masetto") et second acte ("Vedrai carino"). Don Giovanni lui-même n'échappe pas à la règle. Le pourtant jeune et vaillant Johannes Weisser n'a presque plus de souffle pour suivre l'orchestre au début du final ("Gia la mensa é preparata"). Incompréhensible...

Terminons par LE point d'intérêt : l'ambivalence de cette version, extrêmement bien vue car tout à fait dans l'esprit de l'écriture du duo Mozart / Da Ponte. Don Giovanni a trop été interprété comme un opéra grave, sérieux, apprêté, comme si ses différents interprètes étaient sous le joug de l'étonnante puissance musicale de l'oeuvre. Jacobs, avec une distribution de jeunes chanteurs, prend le parti pris de l'ironie, d'un humour grinçant, habile alternance entre la gravité (la mort, la violence sont omniprésentes) et le volage, l'inconscience juvénile et l'humour au second degré. Johannes Weisser, avec son regard de faux éberlué à chaque fois que les autres personnages lui mettent en évidence son inconsistance et ses irresponsabilités, est fantastique. Avec une voix bien campée, il joue avec frénésie de cette ambiguïté permanente entre cruauté et insouciance.

Mention toute particulière à Marcus Fink , très articulé, d'une justesse implacable dans Leporello qui, rappelons-le, est (avec Masetto) un des personnages clé du drame.

Don_giovanni2

L'option prise par René Jacobs avec son équipe est pour le coup particulièrement bien vue et donne une lecture crédible et riche de cet opéra. Des costumes prodigieux de Christian Lacroix avec des matières travaillées, colorées et soyeuses ajoutent dignement au mystère des personnages. Sinon les décors sont sans grand intérêt (pas vraiment un problème) et la mise en scène est travaillée un peu "à la Chéreau" avec des personnages en contorsion quasi-permanente et qui ne tiennent pas en place (genre "grands tourmentés de la vie").

Sans ce travers (maintenant caractéristiques des post-baroqueux) d'aller plus vite que la musique, on aurait pu frôler le parfait...

Jacobs avait retenu une approche autrement plus équilibrée sur Cosi fan Tutte et sur les Noces.

29 août 2006

Célibidache répète la 9ème de Bruckner

Arte a diffusé samedi 26 août à 22h35 un reportage sur la répétition de la 9ème symphonie d'Anton Bruckner par Sergiu Celibidache avec l'Orchestre Philarmonique de Munich (1991 - 52 mn - réalisateur Jan Schmidt-Garre).

La quasi-totalité du film est en plan fixe, soit sur le chef, soit sur les groupes d'instruments qui se détachent lors les développements successifs de la symphonie. Loin de conduire à la monotonie, ce parti pris s'avère finalement très efficace car on reste subjugué par le charisme du chef.

Même si la répétition était sans doute à un stade assez avancé, on est d'emblée étonné de voir à quel point Celibidache maîtrise l'architecture de cette oeuvre monumentale (absence de partitions au pupitre, intériorisation extrême par le chef de la dynamique et de l'équilibre des plans sonores spécifiques à chaque mesure, anticipation inouïe des inflexions à donner lorsque différents instruments doivent se détacher).

Celibidache nous dévoile à nouveau un de ses traits fascinants à savoir comment l'extrême précision de sa direction et la discipline qu'il impose (il parle de "mise en ordre" avec un ton catégorique, presque péremptoire) sont totalement au service de la respiration, de la plastique si caractéristiques de ses interprétations des symphonies de Bruckner. Tout cela conduit à une version avec un tempo autrement plus lent et étiré que dans les versions germaniques (ex : Wänd, plus nerveux, fébrile), un style limpide finalement très "coulé" mais qui est incroyablement trompeur car il ne sacrifie en rien à la tourmente profonde et mystique qui guide les créations Brucknériennes. Celibidache est certainement le seul chef qui a trouvé cet équilibre subtil entre une dynamique presque aérienne (qui est sa marque de fabrique) et la rudesse, la tension, et la noirceur inhérentes à ces symphonies.

On doit fêter cette année les 10 ans de la mort de Celibidache. Espérons d'autres moments aussi envoûtants avec ce chef si singulier.

Les enregistrements avec le München Philharmoniker Orchester ont été édités individuellement pour les symphonies 3 à 9 sous le label EMI.

Dans le cas de la 9ème, le disque intègre des extraits de la répétition.

La référence ASIN est B00000IG34.

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