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    Embarquement pour Cythère - Le mouvement d'une sonate ou d'un concerto, l'aria d'un opéra, d'une cantate ou bien tout simplement un morceau de musique qui se suffit à lui-même... ... autant de pièces favorites de musique à emporter sur l'Isle Joyeuse...

07 mars 2008

Morceau choisi N°13 : Grande valse brillante de Chopin opus 34 N°2

Après maintenant 5 ans et demi de piano, ma chère professeur Pascale, m'a proposé de m'atteler à une pièce de Frédéric Chopin. Nous avons fait notre choix sur l'une des très belles valses qu'il a composées, la Grande valse brillante opus 34 N°2 en la mineur, dédiée à la Baronne d'Ivry.

Chopin_grande_valse_op_34_n2_2 La photo ci-jointe de ma partition démontre à quel point je dois en découdre.

Cette valse est indéniablement mélancolique et attachante et le plus difficile est finalement de tenir sur la durée.

Les efforts sont récompensés avec un plaisir indéniable lorsqu'on la joue avec ses belles harmonies. C'est bien une valse "noble et sentimentale" pour reprendre une expression célèbre.

Vous pouvez vous rendre sur pianosociety.com pour écouter cette valse interprétée par un pianiste allemand, amateur confirmé, nommé Harald Vetter et / ou télécharger la partition sur le site freescore.com.

La plus belle version que je connaisse est celle d'Evgeny Kissin d'un raffinement assez unique et téléchargeable depuis le site virginmega.fr (ou bien sur iTunes).

05 février 2008

Morceau choisi N°12 : le Ballet des Ombres heureuses

Orphe_eurydice_rodinLa scène 2 de l'acte II d'Orphée et Eurydice de Gluck démarre par un désormais célèbre ballet émouvant, surtout au moment où la flûte se détache et s'évade dans un solo d'une grande mélancolie.

Ce "Ballet des Ombres heureuses" au titre si ambigu, représente une des plus belles sérénades composées dans la musique d'opéra du XVIIIème siècle.

Il illustre pleinement la "puissante simplicité" de l'Orphée de Gluck, pour reprendre les termes de Raphaëlle Legrand dans le livret qui accompagne la version récente dirigée par Marc Minkowski à la tête des Musiciens du Louvre (belle version à placer au côté de celles de John Eliot Gardiner).

Lien direct vers le site virginmega.fr si vous voulez télécharger ce morceau pour 0.99 €...

L'écoute du très bref extrait sur le site ne permet malheureusement pas de savourer le solo de flûte.

06 décembre 2007

Morceau choisi N°11 : "Je te veux" d'Erik Satie

Darty_paulette_2 "Je te veux" d'Erik Satie est certainement l'une des plus belles valses qui aient été écrites. Comme toujours chez ce génial compositeur français, cette pièce d'un grand classicisme comprend une bonne dose de second degré. Le texte d'Henry Pacory est assez explicite et particulièrement "chaud" pour l'époque. Créée en 1903 à la Scala par Erik Satie, elle a d'abord été interprétée par Paulette Darty puis associée dans les années vingt à Yvonne George.

Je vous propose trois versions :

Celle d'Yvonne George (1925).

Celle, fameuse et dont je ne me lasserai jamais,  de Jessye Norman (1984) (plus à écouter qu'à regarder car la vidéo prise sur youtube, avec la pianiste aux mimiques invraisemblables, fait plus penser à un épisode de Benny Hill qu'à un concert classique...).

Une version pour piano seul, tirée également du site youtube (malheureusement un peu expéditive).

Bonne écoute.

31 octobre 2007

Morceau choisi N°10 : l'air de Pamina et Papageno

L'air "Bei Männern, whelche Liebe fühlen" (Aux hommes qui ressentent l'amour) chanté en duo par Pamina et Papageno juste avant la scène finale du 1er Acte de la Flûte enchantée constitue pour moi un des plus beaux airs de cet Opéra et incontestablement un des joyaux de l'écriture lyrique de Mozart.

Fltes_2 Tout y est : tout d'abord la trame musicale est un condensé du plus pur style mozartien, ensuite, on y retrouve toute l'ambigüité qui est bien sa marque de fabrique : il faut que ce soit Papageno, oiseleur un peu écervelé et naïf qui accompagne Pamina, dans une complicité quasi fraternelle pour glorifier dans cet air le but ultime de deux êtres de sexes opposés et qui est constituer un couple pour que mari et femme "atteignent à la divinité" (sic) : "riechen an die Gottheit an".

Mozart développe ici toute une mystique avec un air un peu composé comme un hymne. Il y a en effet dans ce duo quelque chose de certes touchant mais surtout de très solennel. Ne serait-ce que la courte mesure d'introduction à l'orchestre annonce le propos déclaratif de cet air. Magnifique morceau de musique d'un peu plus de 3 minutes qui, comme toujours chez Mozart, associe simplicité et mise en abîme d'une série de suggestions (comment ne pas penser à Mozart lui-même, épuisé et tiraillé lors de la composition de cette Flûte enchanté et cherchant peut-être à retrouver une sérénité personnelle et familiale révolue ?).

Parmi les versions de référence, on pourra comparer deux approches complètement opposées.

La première, celle de la version historique d'Otto Klemperer où deux chanteurs exceptionnels (Gundula Janowitz et Walter Berry) sont visiblement guidés par la solennité quasi religieuse édictée par le chef.

L'autre version, celle de Nicolaus Harnoncourt qui, en revanche, guide nettement ses interprètes (Barbara Bonney et Anton Scharinger) sur le chemin d'une sensualité débridée avec un tempo étiré à l'infini !

Lien vers un très cours extrait de cet air, tiré du site Amazon (version de Georg Solti avec Pilar Lorengar et Hermann Prey - Philharmonique de Vienne - label DECCA).

A noter que Beethoven a composé une série de variations pour violoncelle et piano sur cet air.

15 octobre 2007

Morceau choisi N°9 : nocturne en do dièse mineur de Chopin Opus Posthume

Nocturne_chopin Le Nocturne en do dièse mineur Opus Posthume et une des pièces pour piano qui me bouleversent le plus. La gravité presque morbide de l'ut mineur nuancée par les trilles si caractéristiques de Chopin à la main droite... Sans parler d'un passage étonnamment hispanisant.

Il existe d'innombrables versions, dont celle méditative, accrochée à un temps suspendu, de Pascal Amoyel (cf. note du 8 novembre 2006).

Il existe cinq différentes versions sur le site pianosociety.com. J'ai sélectionné la moins inaudible (même si elle est un peu trop lente à mon goût) : la première version. (Tout en bas de la page - Pianiste nommé Didier Brest).

Sinon, le site youtube.com permet de voir et écouter le grand Aldo Ciccolini magistralement interpréter (il y a pas mal d'années) ce nocturne avec la respiration, l'intériorité idéales et une main droite prodigieusement véloce. Encore une fois une démonstration du temps suspendu qu'il faut savoir imprimer sur Chopin. Tension n'est pas forcément synonyme de rapidité, bien au contraire.

22 août 2007

Morceau choisi N°8 : Lamento della Ninfa

Il est certain que parmi les pièces à emporter sur l'île déserte, je prendrai en priorité le VIIIème livre des madrigaux de Monteverdi. Toutes les bases de l'art lyrique des trois siècles qui vont suivre sont déjà concentrées dans ce recueil de "madrigaux de guerre et d'amour".

Bataille_san_romano_2 Ma version de chevet reste celle de Jordi Savall, essentiellement pour sa sensualité et son mystère. Un jour où mon tempérament sera plus enclin au belliqueux, c'est alors celle de Gabriel Garrido qui l'emportera.

Mon introduction à ces chef d'oeuvre s'est d'abord faite en dénichant un disque en solde à New York il y a vingt ans : l'enregistrement fait par Edwin  Loehrer, à la fin des années soixante, avec l'ensemble Lugano Chamber Society Orchestra and Chorus (label Accord) . J'ai appris par la suite que cette version, couplée avec la Bataille de Tancrède et Clorinde, a toujours été considérée comme une référence dans la mesure où elle constituait un des tous premiers enregistrements à avoir fait redécouvrir ces splendides pièces (cf. également le lien direct vers Amazon depuis la colonne de droite du weblog, rubrique AU SOMMET). Il se trouve que la pochette du disque représente également un des tableaux de la Renaissance italienne qui m'ont le plus marqué, à savoir l'une des deux batailles de San Romano de Paolo Uccello (celle des Offices à Florence).

Toutes les pièces de ce VIIIème livre (arias, ballos...) sont splendides. Le choc a été pour moi, notamment dans la version d'Edwin Loehrer le Lamento della Ninfa, où la soliste soprano déploie sa complainte, accompagné par un choeur d'hommes singulièrement envoûtant.

Depuis, ce passage, gravé dans ma mémoire, demeure un de mes morceaux de musique chantée préférés.

28 juillet 2007

Morceau choisi N°7 : la jeune fille et le Rossignol - Goyescas d'Enrique Granados

La découverte (tardive) des Goyescas pour piano de Granados, grâce à ma chère professeur de piano, fut pour moi un véritable choc. Les évocations poétiques de cette oeuvre sont vraiment envoûtantes.

Grnados_larrocha On y retrouve aussi bien le style le plus romantique (ex : la jeune fille et le rossignol) que des passages annonçant la musique contemporaine (le magnifique et presqu'effrayant l'amour et la mort sur la partie 2).

Je ne me lasse jamais de La fin des Goyescas partie I (Los majos enamorados) avec le splendide air de la jeune fille et du rossignol. Cet air est repris de façon tendue et dramatique dans le chaos du début de la seconde partie (Los majos enamorados).

La plus belle version est incontestablement celle d'Alicia de Larrocha (label DECCA), puissante et saturée de couleurs vives, jusqu'au noir le plus profond. Le coffret de 2 CDs comprend également les célèbres suites Iberia et Navarra d'Albeniz.

09 juillet 2007

Morceau choisi N°6 : Pagode (Estampes) de Claude Debussy

Ce morceau aurait inspiré Claude  Debussy à l'écoute de gamelans javanais.  La mode de l'orientalisme de l'époque imprègne de façon sublime ce morceau qui m'a marqué dès la première écoute. Il s'agit certainement d'une de mes pièces favorites de Debussy.

Debussyade La pianiste qui m'a révélé cette oeuvre avec un très beau sens des nuances est Alice Ader qui a sorti en 1991 un enregistrement remarquable de différentes pièces pour piano de Debussy (Images 1ère et 2ème séries, Le Martyre de Sain-Sébastien, Masques, Estampes, Hommage à Haydn et Berceuse héroïque). Il est dommmage que la presse soit autant muette sur cette interprète que je trouve vraiment intéressante. Elle restitue à merveille la poétique des pièces de Debussy.

Lien direct vers l'écoute de Pagode tirée du site pianosociety.com. L'interprète est un jeune pianiste américain (Nathan Eckel). L'interprétation n'est certes pas celle de Laure Ader et la qualité sonore n'est pas exceptionnelle. Cela permet tout de même d'apprécier ce morceau sur toute sa durée.

Le lien ci-dessus vous permet également de télécharger la partition si vous pouvez la déchiffrer (document pdf au bout du lien "Pagode"). Ceci permet de voir comment Debussy transcrit au piano les caractères de la musique d'Extrême Orient.

15 juin 2007

Morceau choisi N°5 : La cathédrale engloutie

Cathedrale_engloutie_2 Il paraît que le morceau n'est pas très difficile à déchiffrer. Il doit être en tout cas infiniment plus complexe à interpréter, tant les évocations poétiques qu'il sous-tend sont nombreuses.Debussy_preludes_michelangeli

La cathédrale engloutie est un des morceaux les plus fameux et les plus spectaculaires du 1er livre des Préludes de Debussy. On ne peut s'empêcher de penser également à La grande porte de Kiev du Tableau d'une Exposition de Moussorgski. Le mythe de la cité dans la profondeur des eaux.

L'interprétation qui pour moi n'a jamais été égalée est celle de d'Arturo Benedetti Michelangeli (Deutsche Grammophon).  L'intégrale des Préludes de Debussy (volumes 1 et 2) par se pianiste figure parmi les sommets de la production discographique.

Des trois versions disponibles sur le site pianosociety.com, j'ai sélectionné celle interprétée par le pianiste américain Michael Hawley.

Lien direct vers l'écoute de cette pièce.

14 mai 2007

Morceau choisi N° 4 : Etude Opus 2 N°1 de Scriabine

Scriabine_2Un des plus beaux morceaux de piano que je connaisse : l'Etude Opus 2 N°1 en ut mineur de Scriabine. Mélancolie, couleurs et respiration (avec un peu de "slavitude" pour parodier un néologisme à la mode).

Parmi les quelques versions enregistrées par Vladimir Horowitz, celle qui reste ancrée dans ma mémoire musicale a été enregistrée chez CBS il y a au moins une bonne trentaine d'années, et rééditée en CD en 1990.

Sinon, je vous propose d'écouter cette version tirée du site pianosociety.com par le pianiste norvégien Knut Erik Jensen.

J'espère que vous partagerez mon émotion à l'écoute de cette Etude.

19 avril 2007

Morceau choisi N°3 : 2ème Intermezzo Opus 118 de Brahms

Brahms2_2 Le 2ème Intermezzo en La majeur (Andante terenamente) des Klavierstücke Opus 118 de Brahms me plonge toujours dans un état d'émotion intense. J'en ai écouté deux belles versions en concert. L'une par Marie-Joseph Jude à Mogador il y a deux ans, volontaire et sombre. L'autre, il y a tout juste un mois au Théâtre des Champs-Elysées, jouée en rappel par Jean-Marc Luisada (cf. note du 22 mars 2007). L'interprétation de ce dernier était méditative et mélancolique. Très émouvante.

Ce morceau doit être une véritable gageure pour un pianiste. Comme souvent chez Brahms, on ne sait pas toujours très bien sur quel pied danser, tant ces splendides et amples harmonies sont complexes et la narration induite par la mélodie est dense.

C'est incontestablement une pièce d'un lyrisme éclatant demandant une finesse extrême dans le rendu des nuances.

Au disque, il semblerait qu'une version de référence soit celle de Julius Katchen, grand pianiste brahmsien, chez Decca.

Version intégrale relativement acceptable (avec un peu trop de pédale à mon goût) tirée du site pianosociety.com. La pianiste est Monica Alianello.

Si le coeur vous en dit, je vous propose également le lien direct vers la partition sous format pdf et tirée du même site.

01 mars 2007

Morceau choisi 2 : Arietta (1ère des pièces Lyriques Op. 12 de Grieg) : 1'30" de pure grâce

L'Arietta, première des Pièces Lyriques d'Edvard Grieg, ne fait qu'une page et n'est pas trop difficile à jouer (la preuve, je l'ai fait). Avec une certaine économie de moyens, elle s'avère très riche et d'une efficacité émotionnelle impressionnante. Elle plonge l'auditeur dans une ambiance très fin XIXème, avec une certaine mélancolie mais sans afféterie aucune. Parmi les quelques pièces classiques très courtes pour piano, je trouve qu'il s'agit certainement d'une des plus touchantes.

Grieg_guilels Ma version préférée est celle d'Emile Guilels (label Deutsche Grammophon).

Lien direct vers la "track list" sur le site Deutsche Grammophon avec la possibilité d'écouter un extrait.

Plus récemment (en 2005), le grand Aldo Ciccolini, du haut de ses 80 ans, a enregistré une troublante version de l'intégrale de ces Pièces Lyriques (label Cascavelle). Son Arietta est plus ombrageuse et empreinte d'une certaine forme d'amertume. Je préfère la fausse légèreté de Guilels.

19 février 2007

Morceau choisi 1 : Adagio assai du Concerto en sol de Ravel - tendresse et surnaturel

Ouverture d'une nouvelle catégorie sur ce blog : "morceaux choisis".

Sans tomber dans la facilité de ne retenir que des bouts d'oeuvres en négligeant leur globalité, il vous arrive certainement de retenir une aria, une sinfonia, un mouvement d'une sonate, d'un concerto ou d'une symphonie, comme un moment de musique exceptionnel, à part entière, et que l'on emporterait bien sur l'île déserte.

Je propose de commencer par l'Allegro assai du Concerto en sol de Maurice Ravel.  La première écoute de ce mouvement m'a vraiment bouleversé et ses harmonies ont quelque chose de surnaturel.

Partition_concerto_sol_ravel_1 Je savoure actuellement le fait de déchiffrer les trois premières pages de ce mouvement, quand le piano démarre par son long monologue, ponctué par ce rythme à trois temps de la main gauche, aérien et divin (cf. ci-contre une photo de ma partition annotée par ma chère prof de piano). On aurait fait dire à Ravel de ses oeuvres : "ne m'interprétez pas, contentez-vous de me jouer" tant ces dernières sont d'une grande pureté harmonique. Il est vrai que le rubato est hors de propos dans ce concerto. On dépasse les tergiversations des interprétations romantiques pour revenir à une posture nettement plus classique. Les harmonies sont saisissantes d'efficacité. Elles se suffisent à elles-mêmes. Il faut donc jouer très juste, tenter d'entrer le plus humblement possible dans l'intimité de cette pièce sans aucune vanité interprétative. La nuance est principalement dans le toucher, cette sorte de petit rebond sur les touches qui doit conférer un côté aérien aux notes jouées.

Je suis littéralement pris de frissons quand, dans le dernier tiers du mouvement, le hautbois reprend le thème que le piano avait interprété en introduction et que ce dernier l'accompagne d'une trille légère continue.

Ma version de référence restera toujours celle de Martha Argerich et Claudio Abbado Ravel_argerich_abbadoavec le Philharmonique de Berlin (label Deutsche Grammophon), malgré une piètre qualité d'enregistrement . En la réécoutant des dizaines de fois, je suis toujours plongé dans une mélange étonnant de vive émotion et de sérénité. Tout ce que ce concerto a d'irréel, de diaphane dans le second mouvement n'a jamais aussi bien été transcrit par Martha Argerich. Son inspiration dans ce disque est absolue. Le faux détachement de son jeu et son extrême subtilité donnent un côté paradoxalement encore plus prenant à ce concerto.

Lien direct vers le track listing du disque sur le site Deutsche Grammophon. Possibilité d'écouter un cours extrait.