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19 juin 2007

Plaisanterie musicale K 522 de Mozart : suite et fin

Pour faire suite à la note du 21 mai consacrée au thème 9 de l'écoute du coffret sur l'intégrale Mozart, et à la demande de Klari qui désirait se procurer cette "Musikalischer Spass"), je viens de m'apercevoir qu'elle est diffusée intégralement sur un des concerts mis en ligne par le site Avro Klassiek.

Smiley_1_3 Lien direct vers ce concert que je dois avouer ne pas avoir testé entièrement. S'il y a des fausses notes, le plus dur dans le cas présent sera de deviner celles voulues par Mozart dans sa "Plaisanterie musicale" et celles non prévues. Comme tout le concert est d'un seul bloc, il faut passer directement au minutage 28':11'' pour démarrer la Musikalischer Spass. Le peu que j'ai écouté au début est mené au pas de charge. Encore un chef qui a un double train à prendre...

Comme je l'ai indiqué dans la note du 21 mai, il faut être patient car le début a tout ce qu'il y de plus conventionnel et le second degré, les diversions dissonantes s'immiscent sournoisement, en fait à partir du 2ème mouvement avec les cors qui, au minutage 32':15", donnent le ton.

Cette "sérénade" un peu loufoque pour orchestre est couplée avec le plus sérieux concerto N°12 pour piano et orchestre en la majeur K414 et une oeuvre de jeunesse, la Symphonie N°5 en si bémol majeur K22.

Au minutage 42':44" le violoniste solo nous fait une échappée digne de Peter Sellers dans le premier épisode de la Panthère Rose si bien qu'il déride sévèrement le public. Quant à la toute dernière mesure elle est à proprement géniale (bien improvisée).

Le Concertgebouw Kamerorkest est sous la Direction de Roland Kieft. Ronald Brautigam est au piano.

Concert ajouté dans la colonne de droite "CONCERTS ET EXTRAITS MUSICAUX".

Bonne écoute.

21 mai 2007

Ecoute de l'intégrale Mozart : thème 9 : "plaisanterie musicale" K 522

Mozart_edition_2 Je retire du coffret rubis de 4kg de Brilliant Classics le CD2 du Volume 3 et décide d'écouter cette fameuse  "plaisanterie musicale" (Musikalischer Spass) en fa majeur K 522.

L'interprétation de dass Kurpfälisches Kammerorchester de Mannheim, sous la direction de Florian Heyerick est légère, assez second degré, ce qui est bien.

Introduite par un Allegro tout ce qu'il y de plus conventionnel, l'ensemble nous emmène ensuite sur le terrain au combien glissant et surprenant d'un Menuet, avec des fausses notes bien inscrites dans la partition, notamment pour les cors.

Selon l'interprétation sémantique de "Spasse" on peut opter pour la traduction officielle de plaisanterie, ou bien badinage, voire clownerie. L'ensemble (dont je ne reprendrai pas le nom de peur d'allonger cette note) a bien pris l'option la plus maîtrisée de plaisanterie, sans effets de manche. Le côté "décalé" de cette pièce se suffit à lui-même. Il n'est pas nécessaire d'en rajouter.

Le solo de violon sur l'Adagio Cantabile, avec le violoncelle en écho, a quelque chose du musicien un peu planant qui aurait... pris un verre de trop. La cadence finale au minutage 5'40'' est irrésistible avec un pizzicato incongru et loufoque.

Le Presto demande un peu de patience pour savourer les deux dernières mesures qui filent littéralement dans le décor. Splendide de dérision.

Cette interprétation, fidèle au texte, se défend car elle prend une tournure un peu "British" tout en décalage, avec une certaine finesse.

Cet exercice de dérision musicale n'est pas uniquement l'apanage de Mozart. Par exemple, le grand et austère Haydn a émaillé ses créations de ce genre de farces, notamment dans certaines de ses symphonies. A noter, le mouvement de l'une d'entre elles où l'orchestre s'arrête carrément pour permettre au premier violon de s'accorder.

Quant à l'explication historico-freudienne de Jean et Brigitte Massin sur la composition de cette plaisanterie musicale (Mozart "tue le père", composant cette parodie avec une référence ostensible à son père Léopold Mozart - pages 1044 et 1045 de l'édition d'août 1990 - Fayard),  je vous laisse libre de votre propre interprétation.

La version de la petite Musique de nuit (qui souvent est couplée avec cette pièce) est tonique et menée à un tempo auquel on est peu habitué. Pourquoi pas. La beauté de la composition (même si elle a martelé nos oreilles comme tous les "tubes" de musique classique) demande tout de même qu'on s'y attarde un peu plus. C'est quand même énervant ces chefs qui ont en permanence un train à prendre...

NB : on peut également écouter dans cette intégrale le Galimatias musicum K 32, composé par Mozart à l'âge de 10 ans.

Il est possible d'écouter l'intégrale de cette musikalischer Spass K 522 sur le site mozart.at dans une interprétation différente.

Bonne écoute.

15 mars 2007

Ecoute de l'intégrale Mozart : thème 8 : quatre mains et un clavier

Mozart_edition_2 Cette fois je sélectionne le CD 13 du volume 6 (oeuvres pour clavier) de l'intégrale Mozart de Brilliant Classics (170 CDs - 4 kg - 35 ans de génie). Ce CD est le volume II des CDs consacrés aux pièces pour quatre mains. Mauvaise pioche.

Deux sonates figurent dans ce disque, toutes deux en ut majeur (K19d et K521) et elles ne sont pas aussi brillantes que la célèbre sonate K448 pour deux pianos en ré majeur dont j'avais vanté l'interprétation formidable de Murray Perahia et Radu Lupu (label Sony Classics) dans la note du 10 septembre 2006.

Les interprètes choisis par Brilliant Classics (Ursula Dütschler - primo et Bart Von Oort - secundo) expédient au pas de charge ces sonates, frappent le clavier de leur pianoforte sans ménagement et ignorent la moindre nuance. On finit honnêtement pas penser à autre chose quand on écoute ces sonates. Il n'y a certes pas une fausse note mais le jeu est brutal, lisse et mécanique.

Autre pièce également maltraitée : l'Andante et variations en sol majeur K 501.

Il ne reste guère que l'intéressante Fantaisie en fa mineur K608, initialement écrite pour orgue mécanique, et composée la dernière année de la vie du compositeur. Ce "morceau d'orgue pour cérémonie funèbre" comme le qualifient Jean et Brigitte Massin dans leur Mozart (Fayard - page 1128 de l'édition août 1990), illustre l'intérêt tardif de Mozart pour les mouvements en fugue et restitue un climat tendu, sombre et inquiet. Du moins, c'est ce que suggèrent l'écriture et la tonalité de cette fantaisie car il ne faut surtout pas compter sur les interprètes pour retranscrire la moindre émotion et musicalité requises pour une oeuvre aussi grave.

Comme le disait un célèbre humoriste : "Circulez, y a rien à voir"... et encore moins à écouter.

Rideau.

08 février 2007

Ecoute de l'intégrale Mozart : thème 7 : flûtes en chambre

JMozart_edition_7e retire cette fois le CD6 du Volume 4 (Musique de Chambre - Sonates pour violon - Sonates sacrées) de l'intégrale de Brilliant classics, consacré aux quatuors pour flûtes et cordes. Ces oeuvres de Mozart ne sont pas très connues car peu interprétées.

Tout d'abord un commentaire général sur ce disque : la qualité des interprètes : le très bon flûtiste Marc Grauwels, Ulka Gonriak au violon, Paul Declerck à l'alto, Luc Dewez au violoncelle.

Ensuite, deux pièces intéressantes à écouter.

Tout d'abord le très intéressant quatuor en en ré majeur K 285. J'ai particulièrement retenu le splendide Adagio, qui préfigure nettement le répertoire romantique pour flûte. Ce chant élégiaque de la flûte, accompagné par les pizzicati des cordes est vraiment splendide.

Ensuite, une curiosité : l'Adagio et Rondo pour harmonica de verre ("glassharmonica"), flûte, hautbois et cordes.  Il est très intéressant d'écouter le son de ce singulier instrument, particulièrement exotique à nos oreilles. L'harmonica de verre, a déjà été mentionné à deux reprises dans le blog (cf. notes du 10 octobre et du 22 décembre).

Petit aparté, tiré du site chez.com : "Le glassharmonica fut interdit par un décret de police dans certaines villes d'Allemagne et disparut vers 1835. Parmi les raisons invoquées : ses sons font hurler les animaux, provoquent des accouchements prématurés, abattent l'homme le plus robuste en moins d'une heure (selon un dictionnaire médical de 1804) et sucitent la folie des interprètes (peut-être à cause du saturnisme, le cristal étant composé de 40% de plomb). Pourtant, PAGANINI en parle comme d'un "orgue angélique", MARIE ANTOINETTE en joua, le docteur MESMER s'en servit pour relaxer ses patients avant de les soigner, MOZART composa pour lui et des auteurs comme GOETHE ou CHATEAUBRIAND le louèrent".

A vous de juger : le son est en effet très singulier et il est intéressant de noter comment les autres instruments doivent s'adapter au manque de dynamique de cet harmonica. La contrepartie est la continuité impressionnante de la ligne mélodique.

Pour vous faire une petite idée en ligne, dans un répertoire complètement différent de celui de Mozart, lien direct vers l'interprétation de la célèbre 3ème gnosienne d'Erik Satie, tiré du site de Jean-Claude Chapuis, www.glassmusic.org.

En résumé, un disque intéressant de l'intégrale Mozart et un adagio du quatuor en ré majeur dont on ne se lasse pas.

15 janvier 2007

Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 6 : symphonies concertantes

Cette fois je sélectionne le CD 18 orangé du Volume 2 (Concertos) de l'intégrale de Brilliant Classics (le lourd coffret rubis cartonné et... fragile).

Mozart_edition_8 On y retrouve l'un des chefs d'oeuvre de Mozart (la symphonie concertante pour violon et alto) mais aussi une pièce moins connue, sous l'appellation un peu exotique de Concertone pour deux violons et orchestre (en ut majeur - K. 190). Je vous propose de vous référer au Mozart de Brigitte et Jean Massin pour plus de précisions sur le contexte de cette oeuvre (en pages 700 et 701 de l'édition d'août 1990 - Fayard). Tout comme la sérénade Haffner, commentée dans une note du 6 novembre, ce "concertone" est à classer parmi les oeuvres galantes de Mozart (au même titre que les Divertimentos). Il s'agit en fait d'un concerto où quatre instruments (les deux violons, un hautbois dès le premier mouvement et un violoncelle aux deuxième et troisième mouvements) dialoguent allègrement au gré des humeurs de l'orchestre. Cette oeuvre, d'un style est assez alerte, est tout à fait plaisante et le trio des deux violons et du hautbois est d'une vivacité toute Mozartienne.

Les interprètes enregistrés dans ce disque (Anna et Guido Höbling aux violons avec le l'Orchestre de Chambre de Slovaquie sous la Direction de Bohdan Warchal) jouent ce Concertone avec détermination et une certaine virtuosité. Ils ne s'attardent pas vraiment sur les nuances (l'andantino a visiblement perdu son qualificatif de grazioso) et déroulent cette oeuvre comme un déferlante qu'on aurait peine à arrêter. Si la subtilité n'est donc pas de mise, cependant, certains passages (notamment avec le hautbois) ont une certaine musicalité et tout cela se laisse entendre, un peu comme dans la veine d'origine de cette oeuvre, à savoir un concerto grosso. L'enregistrement en revanche est d'une qualité sonore très moyenne.

Pour revenir à la sublime symphonie concertante en mi bémol majeur K 364 pour violon et alto, les inteprètes (Gil Sharon et Yuri Gandelsman avec l'Amati Chamber Orchestra) ont vraiment un train à prendre et, à mon goût, passent complètement à côté de l'essentiel.

Je suis toujours resté fidèle, pour ma part, à la version d'Itzhak Perlman et Pichas Mozart_symph_concertante2 Zukerman avec Zubin Mehta à la tête de l'Israel Philharmonic Orchestra (label Deutsche Grammophon), avec sa beauté toute élégiaque et son lyrisme fou.

Lien direct vers un extrait audio tout à fait acceptable du premier mouvement, proposé par Wikipedia, avec deux solistes féminines qui apportent la touche de grâce souhaitée (Rebekka Hermann - violon et Kristina Rill - alto et le Fuldaer Symphonisches Orchester sous la Direction de Simon Schindler). Cet orchestre qui s'est notamment produit dans le cadre de concerts de bienfaisance, a visiblement mis certains de ses enregistrements en licence libre de droits, comme cette version de la symphonie concertante.

PS : petit clin d'oeil amical au weblog le Monde de Bra* qui s'et également lancé dans la belle aventure de commenter le coffret Mozart l'intégrale  (ex : note sur les symphonies N° 33, 34 et 35).

22 décembre 2006

Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 5 : Petites pièces pour claviers à picorer

Mozart_edition_6Je continue ma découverte de pièces originales dans le coffret Intégrale Mozart cartonné rubis du label Brilliant Classics (170 CDs, 4 kg de musique, 35 ans de génie). Mon attention s'attarde sur les CDs 9 à 11 du Volume 6 (Keyboard Works : pièces pour claviers). L'intérêt de cette petite sélection de Klavierstücke (Volumes I à III) est bien de prendre le terme clavier au sens large. On y retrouvera du piano forte, du clavecin mais aussi du clavicorde et du "glassharmonica" (harmonica de verre, la singulière invention de Benjamin Franklin), voire du "tangentenflügel". Cousin du piano forte, cet instrument sur plusieurs registres frappe les cordes avec une lame métallique appelée tangente. Ce nom vient du fait qu'elle sépare la corde en deux parties, dont l'une est étouffée pour éviter les vibrations. Ceci offre plus de nuances dynamiques que les premiers modèles de piano forte.

Je passe rapidement sur le CD 9 dont le seul intérêt est de nous faire découvrir sur certaines pistes (10-14, 17-18 et 20) la sonorité si singulière du clavicorde, assez proche des cordes pincées d'un luth. J'avais déjà mentionné les restitutions étonnantes de cet instrument dans une note du 10 octobre consacrée à un disque récent de Christopher Hogwood (catégorie "Mozart 250").

Mon attention s'attarde alors plus sur le CD 10 et notamment sur les superbes Fantaisie en ut mineur K 396 et en ré mineur K 397 que je ne connaissais pas (piste 4). Elles côtoient la célèbre et prémonitoire Fantaisie en ut mineur K 475. Prémonitoire car elle concentre déjà toutes les caractéristiques du "Sturm ans Drang" qui présidera à la musique romantique pour piano. Cours extrait de la Fantaisie K 396 tiré du site lamediatheque.be (extrait d'un disque Harmonia Mundi enregistré par Richard Egarr au piano forte). Extrait également du début de la splendide et étonnante Fantaisie K 397.

Cette Fantaisie en ré mineur K 397 est vraiment splendide. Le jeu de Luc Devos au piano forte est juste. S'il manque parfois de quelques nuances et peut paraître un peu sec, il est toujours au bon tempo et se laisse écouter avec plaisir.

Enfin, sur le CD 11, je retiendrai le Rondo en la mineur K 511 (piste 2), pièce qui bègne dans un climat tourmenté et inquiet. Le Mozart complexe et sombre. J'ai également retenu mon attention sur le splendide Adagio en si mineur K 540 (piste 3), qui prolonge encore plus le caractère tragique annoncé par le Rondo évoqué précédemment. Cet Adagio, sur une tonalité très rarement utilisée par Mozart, annonce incroyablement les sonates beethovéniennes. A noter, le rôle des silences dans cette pièce, qui sont autant de ruptures contribuant à son extrême tension. C'est une oeuvre noire et majestueuse qui s'étend sur presque tout le spectre du clavier. Cours extrait de cet Adagio tiré du site lamediatheque.be (extrait d'un disque Harmonia Mundi enregistré par Richard Egarr au piano forte).

Pour terminer, je recommande, pour la pointe d'exostisme, l'écoute de l'Adagio en ut mineur K 356 (transcription du K 617a) pour Harmonica de verre. Le même coffret Mozart propose une transcription de cette pièce à l'orgue (CD dédié aux pièces pour orgue).

Ces trois disques sont édités sous licence du label Ricercar, créé par Jérôme Lejeune et qui a édité d'intéressants enregistrements dans le domaine de la musique ancienne et  baroque. Cette partie du volume 6 de l'intégrale Mozart est indéniablement de belle facture.

28 novembre 2006

Sérénade "Gran Partita" K 361 de Mozart : concert intégral en live

Pour faire suite à la note précédente sur la Sérénade "Gran Partita" pour instruments à vents de Mozart en si bémol majeur, je viens de découvrir qu'elle est intégralement disponible en version concert sur le décidemment très riche site AVRO Klassiek.

Il s'agit d'un concert du Nederlands Blazers Ensemble enregistré le 29 mars 1998.

Par rapport à la version du disque de l'intégrale Brilliant Classics, cette version est un peu plus enlevée, même si de nombreuses fautes techniques et couacs sont plus que perceptibles.

C'est tout de même un concert complet en "live" avec le fameux Adagio attrapable entre les minutages 18' 24'' et 24' 23". Les concerts sont en effet écoutables sur MS media player en un seul bloc. Il faut donc déplacer le curseur pour retrouver les différents mouvements.

Cette interprétation de l'Adagio pâtit d'un rythme trop lent, d'un manque criant d'inspiration et d'homogéneité. Le plus gênant, ce sont les quelques couacs épouvantables (ex : au minutage 21' 37'' !!). Ce concert permet tout de même d'écouter une fois (certainement pas plus) ce mouvement intégralement sans trop s'arracher les cheveux.

Bonne écoute : lien direct vers le concert sur AVRO Klassiek.

Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 4 : Adagio familier d'une Sérénade méconnue

Ma découverte de l'intégrale Mozart du Label Brilliant Classics continue. Du coffret rubis de 4 Kg et des 170 CDs, j'extrais le CD 17 du Volume 3 (Sérénades -Divertimenti-Dances). Ce CD est intégralement consacré à la Sérénade "Gran Partita" en si bémol majeur K 361 pour instruments à vents.

Mozart_edition_5 Cette sérénade tient une place bien à part dans les différentes oeuvres de ce type écrites par Mozart. Le fait qu'il s'agisse d'une pièce "protocolaire" uniquement pour instruments à vents n'a rien d'anecdotique, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Assez développée (plus de 50 minutes) et de grande ampleur (en principe 13 instruments), cette pièce a semble-t-il été écrite pour les solistes de l'ancien orchestre de Manheim, réputés pour être parmi les meilleurs instrumentistes de leur époque. Je vous renvoie au Mozart de Brigitte et Jean Massin (Fayard - pages 876 / 877 - édition août 1990) pour d'autres précisions sur le contexte de composition de cette oeuvre.

J'ai extrait cette sérénade de notre pack intégral pour la simple raison qu'elle est paradoxalement à la fois méconnue et pourtant presque familière. Même s'il elle a fait l'objet d'un certain nombre d'enregistrements de qualité extrêmement variable, elle ne compte vraiment pas parmi les pièces les plus illustres de Mozart.

Pourtant, un des mouvements nous est extrêmement familier, à savoir l'Adagio. Ce splendide mouvement particulièrement méditatif et mélancolique, incite à une certaine rêverie. Je suppose en outre que sa ligne mélodique principale, couplée avec un soutien rythmique permanent demande une grande précision et finesse d'exécution. Il faut un juste équilibre entre la lenteur d'un Adagio et une certaine fermeté rythmique pour rester dans le style mozartien. C'est justement ce à quoi ne parviennent malheureusement pas les solistes de l'Orchestre de Chambre d'Europe, dirigés par Alexander Schneider dans ce disque Brilliant Classics de l'intégrale Mozart. Ils jouent un peu "plan-plan" et plus de cinquante minutes d'interprétation d'instruments à vent dans ces conditions est un calvaire que je ne souhaite à personne. Je conseille donc de se contenter de l'Adagio.

J'ai trouvé par hasard une version incomparablement plus légère et subtile de ce mouvement par Philippe Herreweghe, dirigeant l'Harmonie des Champs-Elysées (label Harmonia Mundi - Disque Mozart 2006 qui avait été fourni gratuitement avec le Monde de la Musique de décembre 2005).

Sinon, pour terminer cette note, je vous propose de deviner avec quelle(s) autre(s) oeuvre(s) de Mozart cet Adagio a des similitudes. A l'écoute répétée de ce mouvement, je suis intimement persuadé de l'avoir déjà écouté dans un autre contexte. Une des pistes, est la similitude troublante de quelques mesures au milieu du morceau avec celles du deuxième mouvement (Andante) du célèbre concerto N°21 pour piano et orchestre K 467 en ut majeur. C'est particulièrement troublant entre les minutages 1'59" et 2'19". Il y a là incontestablement le même type de climat emprunt à la fois de mélancolie mais aussi d'une certain majesté. Brigitte et Jean Massin font, quant à eux, référence au 7ème quatuor de Beethoven...

Si vous avez trouvé d'autres clés, je serais particulièrement intéressé !

Extrait de l'Adagio tiré du site MOZART.AT.

Extraits du concerto pour piano N°21 en ut majeur K 467 sur le même site.

Sinon, pour terminer le jeu des correspondances, je tiens à rappeler le splendide disque récent enregistré par Maurizio Pollini (voir note du 7 octobre) qui couple le concerto pour piano N°21 mentionné dans cette note et le N°17.

20 novembre 2006

Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 3 : le rondo orphelin

Mozart_edition_4Je continue la découverte de l'intégrale Mozart du Label Brilliant Classics. Du coffret rubis de 4 Kg (ouf !), j'extrais le CD 11 du Volume 2 (Concertos). Même logique que celle retenue jusqu'alors, écouter des compositions qui sortent des sentiers battus.

Sur ce disque, figurent les concertos pour deux pianos en mi bémol majeur (K365), pour trois pianos en en fa mineur (K 242), ainsi que deux rondos (ré mineur K 382 et la majeur K386).

Que retenir ? Incontestablement le splendide et injustement délaissé rondo en la majeur K386. Il était à l'origine destiné à figurer comme final du concerto en la majeur K.414 (le N°12 - VOL. 2 - CD5 de l'intégrale Brilliant Classics). Vous suivez toujours ? Bien. Mozart a en effet préféré substituer à ce rondo un "rondo allegretto", plus enlevé et joyeux, devenu maintenant familier. Notre rondo K386 est devenu alors injustement délaissé alors qu'il est infiniment plus profond et élégant.

C'est peut-être mieux ainsi car on a tout le loisir de le déguster pour lui-même ! Cette pièce est vraiment mozartienne à 100% avec son dialogue piano - orchestre ciselé avec finesse. Il comprend presque les trois climats d'un concerto en un seul mouvement. Interprétation vive, nerveuse (trop parfois) d'Annerose Schmidt (visiblement assez connue en Allemagne) avec Monsieur Kurt Masur s'il vous plaît à la tête du Dresdner Philharmonie. A écouter sans se lasser. Extrait du Rondo tiré du site MOZART.AT.

Pour le reste du disque, pas grand chose de remarquable. Quitte à écouter le concerto pour deux pianos en mi bémol, je vous conseille plutôt la version tonique et éclatante de Jos van Immerseel (au piano forte et à la direction d'orchestre) avec Yoko Kaneko paru cette année (label Zig Zag Territoires). Ce concerto est couplé avec une très belle version décapée du concerto pour flûte et harpe que j'avais mentionnée dans une note du 22 septembre sur Anima Eterna (catégorie "Haute Tension").

Plus de détails sur le site Zig Zag Te rritoires. Des extraits du disque passent en boucle sur la page web. Avec un peu de patience on obtient un extrait de ce concerto.

06 novembre 2006

Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 2 : le style galant des Sérénades

Deux CDs extraits du fameux coffret rubis de Brilliant Classics (35 ans de génie - 170 CDs - 4 Kg de musique...) : CDs 7 et 8 du volume 3 consacré aux sérénades, divertimenti et dances... Distribution a priori alléchante : Sir Colin Davis à la Direction de l'Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise ("Symphonie-orchester des Bayerischen Rundfunks" pour ceux qui veulent épater la galerie en allemand...).

Mozart_edition_3

Tout d'abord, la fameuse Sérénade Haffner (K250) en ré majeur, particulière parmi les oeuvres cérémoniales ou galantes de circonstance écrites par Mozart car d'une ampleur toute symphonique (orchestration digne d'une symphonie et durée de... près de 55'...). Colin Davis dirige cette Sérénade avec un goût sûr, une certaine fermeté rythmique mais tout en équilibre et en subtilité. Les violons sont aériens et les phrasés sont d'une élégance indéniable. Tout cela est parfaitement réglé, sans excès, avec beaucoup de tenue, tout à fait dans l'esprit galant de cette oeuvre. Comme toujours avec Mozart, il faudra simplement "écouter entre les lignes" car s'il compose avec le style galant, c'est pour mieux le détourner subtilement de son carcan "cérémonial" en insufflant une fraîcheur, et surtout une virtuosité étonnantes... Colin Davis, avec un certain second degré, a parfaitement intégré ce point.

On reste attendri par le superbe Adagio-Allegro Assai qui ponctue la Sérénade.  Lien vers le site MOZART.AT pour la petite piqûre de rappel sur la Haffner...

L'attention est ensuite surtout retenue à l'écoute de l'étonnante Sérénade Posthorn K 320 en ré majeur (littéralement cor de postillon... car le dernier Menuet de cette Sérénade donne la part belle à cet instrument).

PosthornL'adagio maestoso d'introduction affiche tout de suite une intensité dramatique étonnante. Sa théâtralité est digne... d'une ouverture d'un des grands opéras de Mozart. La singularité de cette sérénade réside aussi dans l'intéressant Andante grazioso, mouvement concertant pour instruments à vents (flûtes, hautbois, bassons et cors) qui se font échos dans quelques passages presque récitatifs et surtout le Rondeau, assez enjoué avec un dialogue léger et aérien entre la flûte et le hautbois.

L'andantino en ré mineur apporte une touche particulièrement sombre, presque angoissée, au climat typique des mouvements les plus poignants de Mozart (similitude troublante des dix premières mesures avec celles de l'andante du 22ème concerto en mi bémol majeur !). Le Final est archi-classique, presque "haydnien".

Cette splendide sérénade est vraiment à écouter avec attention car elle tient une place toute particulière et se révèle finalement comme un concentré des différents climats musicaux typiquement mozartiens que l'on retrouvera plus tard dans ses symphonies, opéras ou concertos.

Belle interprétation, légère, avec une grâce certaine, de Colin Davis avec le même ensemble orchestral cité précédemment. Un beau 8/10...

Pour se faire une idée des différents mouvements de cette Sérénade, lien vers le site MOZART.AT (interprétation différente de celle de Colin Davis... mais déjà une bonne mise en bouche...).

Affaire à suivre au prochain tirage d'un des 170 CDs...

25 octobre 2006

Ecoute de l'Intégrale Mozart - Thème 1 : petit opéra à part (der Schauspieldirektor)