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  • Goyescas d'Enrique Granados - Air de la complainte ou la jeune fille et le rossignol
    Embarquement pour Cythère - Le mouvement d'une sonate ou d'un concerto, l'aria d'un opéra, d'une cantate ou bien tout simplement un morceau de musique qui se suffit à lui-même... ... autant de pièces favorites de musique à emporter sur l'Isle Joyeuse...

24 décembre 2007

Noël raconté par Heinrich Schütz

Pour changer un peu du Messie de Haendel et des Oratorios de Noël de JS Bach, je vous propose, si vous ne la connaissez pas encore, la version qu'Heinrich Schütz avait écrite de l'Histoire de la nativité (Weihnachts-Historie - SWV 435).

Weihnacht_historie_schtzUne très belle version enregistrée par René Jacobs et le Concerto Vocale en 1990, permet d'apprécier le parti pri intimiste et profondément humain de la musique sacrée écrite par Heinrich Schütz.

Les interprètes d'un excellent niveau nous plongent pour une trentaine de minute dans une des plus belles histoires de la nativité qu'il nous ait été permis d'écouter.

Cet oratorio émouvant par sa simplicité et la sincérité de son chant, est couplé avec quelques concerts spirituels qui font partie de ces petites merveilles que le compositeur allemand a également écrites.

Lien direct vers le détail du disque sur le site d'Harmonia Mundi.

Bonne écoute et joyeux Noël !

Weihnachts-Historie - Heinrich Schütz - Concerto Vocale - direction René Jacobs - label Harmonia Mundi.

07 mars 2007

La magie des 4 B : Beethoven, Brahms, Böhm, Backhaus

Un de mes plus grands chocs musicaux fut certainement d'écouter la profondeur quasi-métaphysique d'interprétation du 2ème mouvement du concerto en sol majeur Op. 58 (4ème concerto) pour piano et orchestre de Beethoven par Wilhelm Backhaus.

J'étais resté sur celle qui, il y a maintenant 25 ans, avait formaté mon écoute : Pollini - Böhm avec le Philharmonique de Vienne chez DG. Un Pollini net, puissant mais peut-être exagérément présent.

Pour évoquer le mystère absolu de cet Andante con moto inclassable, hors du temps, Wilhelm Backhaus cite volontiers Hans Richter, qui le surnommait "le concerto grec" : les premières mesures de ce second mouvement, évoquent la conversation d'Orphée avec Hadès pour la libération d' Eurydice puis... ouverture des portes de l'enfer.

On a reproché à tort à Wilhelm Backhaus un jeu trop froid ou détaché. Il s'agit plutôt d'une simplicité, d'une concentration sur l'essentiel dont l'effet est incroyablement efficace sur Beethoven.

Unitel a eu l'excellente idée d'exhumer de ses archives cet enregistrement du 4ème de Beethoven, couplé avec la 2ème symphonie de Brahms en ré majeur. Wilhelm Backhaus est accompagné par Karl Böhm dirigeant l'Orchestre Symphonique de Vienne.

Bhm_backhaus_beethoven_1 L'esthétique date fortement (enregistrement studio de 1967) et il faut faire abstraction de l'académisme général, propre à cette époque. Karl Böhm et Wilhelm Backhaus ont en commun une économie gestuelle et expressive qui en ferait frémir plus d'un. Cela n'a aucune importance. Ces deux interprètes ont cultivé une exigence absolue pour le respect du texte, une concentration inébranlable au service de la pureté de la ligne. Il est intéressant de voir comment Wilhelm Backhaus, juste avant de jouer, caresse avec bienveillance le clavier de son piano, comme s'il tenait à ses ordres un fauve qu'il a dressé avec une précision millimétrique sur ses moindres inflexions et mouvements.

Beethoven et Brahms sont restitués avec un grand classicisme, sans recherche d'effet. Le jeu n'est pas pour autant figé ou froid. On assiste, au contraire, à une lecture qui recentre l'homme et ses interrogations profondes dans le cadre de ce dialogue, alternant tension et complicité entre piano et orchestre, et soutenant bien la symbolique très beethovénienne de la relation de l'homme avec les éléments externes qui peuvent présider à sa destinée.

Wilhelm Backhaus nous confirme bien ici le grand beethovénien qu'il fut. Son intelligence du texte est inégalée. Son jeu d'une grande densité, se veut simple, direct. En se concentrant sur l'essentiel, cette approche révèle finalement encore plus la richesse de l'oeuvre et les interrogations métaphysiques qu'elle suscite.

Un Beethoven ainsi épuré, sans parti pris démonstratif, tout en équilibre, devient finalement infiniment plus touchant que celui restitué, par exemple près de 35 ans plus tard, via l'approche autrement plus expéditive, cassante et maniérée d'un couple Brendel - Rattle (avec le Philharmonique de Vienne, bien maléable) que pourtant la critique avait louée.

DVD - 4ème concerto en sol majeur de Beethoven - 2ème symphonie en ré majeur de Brahms - Orchestre Symphonique de Vienne - Karl Böhm, Direction - Wilhelm Backhaus, piano - Editeur Unitel.

14 novembre 2006

Le chant baroque : deux disques pour un retour aux sources

La fuite en avant des différents labels dans la réédition plus ou moins raisonnée d'anciens enregistrements en série économiques ne doit pas masquer le fait que l'on y pêche quelques joyaux.

De ces différentes collections économiques (on ne compte pas moins de 31 collections sur le site Fnac. com !), la plus ancienne et raisonnée d'entre elles est indéniablement Musique d'Abord d'Harmonia Mundi.

Deux disques m'ont accompagné depuis plus de quinze ans. Il est toujours agréable de les rappeler parce qu'ils fournissent l'occasion de découvrir la beauté insoupçonnée de certaines pièces écrites au XVIème et XVIIème siècle.

Le premier, sous le titre approprié de Concert Spirituel est la sélection de motets à I, II et III voix de Monteverdi par René Jacobs, dirigeant également le Concerto Vocale), avec Judith Nelson et la participation de Birgit Grenat (sopranos).

Jacobs_monteverdiCet enregistrement date maintenant de plus de vingt cinq ans. René Jacobs est au sommet de son art de contre-alto, avec son timbre pointu, assez nasal, très caractéristique. Son phrasé est parfait et il démontre une réelle virtuosité (notamment sur les fameux mélismes si caractéristiques du chant monteverdien). La version du duo seraphim à trois voix des Vêpres de la Vierge (habituellement interprété par trois ténors) est une des plus inspirées et divines que l'on puisse imaginer. Extrait tiré du site Harmonia Mundi. Judith Nelson déploie sa voix claire, agile, aérienne avec beaucoup de naturel sur les pièces pour soprano solo. Tout cela respire, tout en respectant la vocation spirituelle de ces motets.

Le deuxième est le légendaire enregistrement des Leçons de ténèbres de Couperin par Alfred Deller. Cette pièce liturgique, d'une certaine Deller_couperin_2 austérité, reprend le texte des lamentations de Jérémie de l'Ancien Testament. Avec une écoute attentive, elle révèle une écriture musicale et narrative d'une grande richesse. Par projection, toute la représentation de la douleur du Christ est interprétée avec intelligence et intériorité par Alfred Deller. Ce dernier nous délivre un chant d'une intensité extraordinaire. Rappelons qu'Alfred Deller a été, il y a près de trente ans, l'initiateur de renouveau du chant contre-alto. Très court Extrait tiré du site Harmonia Mundi.

Ces deux enregistrements, outre leur qualité musicale exceptionnelle, ont ouvert la voie à de nombreux interprètes de musique ancienne et baroque depuis vingt cinq ans. A moins de 10 euros pour chacun de ces disques, impossible de dire que l'accès à des pièces aussi exceptionnelles n'est réservé qu'aux amateurs les plus fortunés...

11 novembre 2006

Les deux dernières sonates pour piano de Beethoven : hauts sommets et vertige...

Un récent DVD édité par EMI Classics présente Stephen Kovacevitch affrontant les sommets vertigineux que sont les sonates 31 en la bémol majeur Opus 110 et 32 en do mineur Opus 111 (version "live" lors d'un concert à la Roque d'Anthéron en 2004).

Kovcevitch_dvd_1 Au crédit de Kovacevitch, il s'agit d'un "live" sur deux sonates monumentales. L'ascension est donc sans corde de rappel et l'atteinte des sommets se fait d'un trait... Pas de raccord ou de tricherie possible...

Sur la première (l'Opus 110), Kovacevitch s'en sort particulièrement bien. Il révèle même une puissance narrative, une certaine cohésion avec la métaphysique de cette oeuvre, auxquelles on est peu habitué chez cet interprète. Kovacevitch est souvent bien plus monolithique, assez récitatif et finalement sa musicalité est souvent plus que retenue (un jeu assez cérébral, comme on le constate également chez Brendel). Il restitue le dernier mouvement de cette sonate de façon assez convaincante et équilibrée et on n'est pas dans le "pianistique pour le pianistique".

Ce dernier mouvement (Adagio ma non troppo-Allegro ma non troppo ( Fuga ) ) fait partie de ces audaces beethovéniennes, hors du temps, inclassables. Elle s'appuie notamment sur une forme qui a toujours fasciné Beethoven (la fugue) mais ce dernier la marque de son empreinte puissante. Les lignes de fuite se croisent sans cesse pour servir la métaphysique de cette sonate faussement classique : comme une sorte de synthèse absolue...

A l'enregistrement studio, la version qui m'aura toujours marqué et que je trouve encore inégalée est celle d'Emile Gilels (Deutsche Grammophon). Il s'agit de la dernière sonate de Beethoven qu'il ait pu enregistrer, la mort l'ayant emporté avant de pouvoir affronter l'Opus 111... Version d'un homme déjà meurtri, concentrant toutes ses interrogations et ses angoisses.

Gilels_beethoven_2 Deutsche Grammophon prévoit d'éditer ce mois-ci un coffret regroupant la totalité des 27 sonates qu'Emile Gilels a enregistrées. D'aucuns trouveront les tempos, les phrasés souvent trop étirés. Cepdendant, cette lecture de ces sonates s'impose parmi les interprétations les plus marquantes parce que restituant fidèlement et de façon infiniment attachante l'univers intérieur, la poétique, la vision narrative que l'interprète associe à ces oeuvres de Beethoven.

Seconde expédition : l'Opus 111 (intéressant lien vers des pages très documentées de Wikipedia sur cette sonate). Cette fois, les difficultés techniques, et surtout interprétatives, s'accumulent. La 32ème sonate est comme le 4ème concerto pour piano en sol majeur... Rien n'est balisé, tout est à interpréter, les repères classiques sont volatilisés. La difficulté technique (ex : l'Arietta) et la nature éminemment physique de cette sonate ne pardonnent pas...

Kovacevitch termine "rincé", le geste devient de plus en plus fébrile, le toucher imprécis... l'interprète subit la force titanesque de cette oeuvre... Cette dernière prend le dessus... L'arrivée au sommet ne s'est pas faite sans embûches.

Le seul interprète qui peut dominer les monstrueuses pentes de ce massif beethovénien, est unArrau_beethoven pianiste au jeu minéral, au sens unique de l'architecture et à l'infaillible technique, à savoir... Claudio Arrau. Dans la deuxième intégrale qu'il a enregistrée (dans les années 80), Arrau, à plus de 80 ans, accomplit cette ascension fulgurante et puissante. Le toucher (notamment sur la main droite) est d'une rectitude autoritaire, le cheminement au fil des trois mouvements est d'une évidence incroyable. Tout cela ne se fait aucunement au détriment de la respiration, des nuances indispensables pour restituer les contrastes saisissants de cette sonate.   

Référence absolue, notamment, l'interprétation de la "phénoménale" l'Aria (3ème mouvement). Il est également possible de "voir" Arrau (instructif) dompter cette sonate via un DVD EMI Classics (enregistrement INA de 1970).

Claudio Arrau - intégrale des sonates de Beethoven - Philips Classics.

Sinon, il peut être intéressant de rapprocher ces versions des 31ème et 32ème sonates, d'un autre univers aussi singulier, celui de la poétique de Wilhelm Backhaus (cf. catégorie Anthologies du blog).

10 septembre 2006

Perahia et Lupu : Mozart en aurait raffolé...

Comme remède infaillible en cas de petit coup de fatigue : la sonate K448 pour deux pianos en ré majeur par Murray Perahia et Radu Lupu (label Sony Classics).

Les enregistrements (comme les concerts d'ailleurs...) de pièces pour deux pianos ou de piano à quatre mains sont suffisamment rares pour que cela mérite d'être signalé. On n'est pas dans les effets de manche et l'autosatisfaction du type "soeurs Labèque", mais bien dans une interprétation d'une spontanéité et d'une frénésie communicative rarement atteintes dans des enregistrements studio.

En plus, comme l'indique le le Blog le Cafe Mouse, l'écoute de cette sonate a des bienfaits cérébraux insoupçonnés !

NB : pour le détail du disque et la pochette, voir rubrique AU SOMMET.

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    Bach - Pièces pour Luth: Paul O'Dette - Label Harmonia Mundi
    Les phrasés sont d'un naturel étonnant, le son d'une belle plénitude et la rythmique propre à la musique de Bach parfaitement maîtrisée. Paul O'Dette restitue avec son luth une polyphonie assez colorée et riche et nous permet d'apprécier avec une exactitude impressionnante la richesse harmonique de ces oeuvres. Ne vous attendez pas à un luth méditatif et pr