Blog sélectionné par Best Of the Blogs 2007

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Sélection discographique : musique vocale sacrée

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Morceaux choisis

  • Goyescas d'Enrique Granados - Air de la complainte ou la jeune fille et le rossignol
    Embarquement pour Cythère - Le mouvement d'une sonate ou d'un concerto, l'aria d'un opéra, d'une cantate ou bien tout simplement un morceau de musique qui se suffit à lui-même... ... autant de pièces favorites de musique à emporter sur l'Isle Joyeuse...

21 janvier 2008

Effetti e Stravaganze

Avec le sous titre anglais "Affect and Effect in 17th Century Instrumental Music", le CD produit par le label ACCENT propose un panorama intéressant de pièces italiennes et espagnoles pour instruments à vents (cornets à bouquins et trombones) et basse continue (chitarrone et orgue) écrites entre aux XVIème et XVIIème siècles.

L'ensemble qui interprète ces pièces (le Concerto Palatino), propose de découvrir une série de compositeurs de cette époque avec différentes variantes autour du thème "Effetti e Stravaganze". Le principe était d'écrire des compositions pour instruments à vents et qui devaient transcrire, par des effets de virtuosité, des ornementations ou trouvailles harmoniques singulières ou extravagantes, voire des effets d'échos (très à la mode à la jonction des XVIèmes et XVIIèmes siècles), ce que le compositions vocales apportaient déjà à cette époque. Ces canzona s'inspirent très souvent des compositions polychorales très en vogue à l'époque, notamment en musique sacrée (ex : compositions de Giovanni Gabrieli où les choeurs vocaux concertent avec des choeurs d'instrumentaux à vent).

Les cornets à bouquin et les trombones sont souvent apparentés aux interprétations vocales (sur des registres respectivement dessus et dessous) et les compositeurs de l'époque s'ingéniaient à écrire des pièces pour ces instruments et dont la virtuosité devait se rapprocher le plus possible de celles créées pour des chanteurs.

Affetti_e_stravaganze On découvrira dans ce disque très intéressant le panel des différentes "audaces" harmoniques et effets de virtuosité dans des sélections de canzona écrites par une petite quinzaine de compositeurs.

Sur les 15 pièces enregistrées, j'ai sourtout été interpelé par la sonate écrite par Biagio Marini, violoniste vénitien. Cette composition propose, après un démarrage classique des différentes voix en canon, des harmonies imprévisibles et lancinantes assez étranges.

La sonate de Giovanni Battista Fontana (violoncelliste à Bescia), constitue une forme de diminution pour deux voix de ténor également singulière avec de superbes ornementations.

Enfin, dans la série qui reprend les effets d'échos très prisés au XVIème siècle (exemple célèbre parmi d'autres, les Vêpres de Monteverdi), on notera la Canzona "La Moceniga in ecco" de Giovanni Battista Riccio (organiste vénitien). Il part d'une écriture classique en imitation (comme dans le chant polyphonique) afin de construire cet effet singulier d'écho dans les voix. La pièce la plus surprenante dans ce registre est celle de Benedetto Ré, "Canzon à 4 in riposta", où nous sont restitués, avec une rigueur de composition remarquable, des effets d'echos "inversés" assez impressionnants.

Enfin, les deux pièces singulières, assez malicieuses, écrites respectivement par Tarquinio Merula (canzon la "Gallina") qui évoque de façon explicite le caquetage d'une poule et par Marco Uccellini (Aria nona à 3 "L'Emenfredito") qui évoque également le mariage "vocal" singulier de la poule et du coucou.

Ce disque sort de sentiers battus et permet de bien cerner toute l'influence de la seconde pratique de la composition italienne (surtout vénitienne) du XVIème siècle sur les futures créations baroques.

L'ensemble instrumental Concerto Palatino est excellent. Il restitue ces pièces avec justesse et finesse. Pas un seul couac ce qui est un bel exploit avec des instruments anciens poussés aux extrêmes dans des pièces aussi virtuoses.

Ne vous attendez pas à ces canzona brillantes, amples et spectaculaires mais bien à des morceaux de musiques assez intimistes dans la lignée des concerts spirituels.

A noter au passage, mais j'y reviendrai avec une note sur Samuel Scheidt, l'influence de cette musique italienne sur les compositions sacrées luthériennes du XVIIème siècle. A écouter chanter ces cornets à bouquin et trombones, on ne peut s'empêcher de penser aux oeuvres sacrées de Schütz et Buxtehude.

Lien vers le détail de ce disque ainsi que sa description sur le site ACCENT.

Effetti et Stravaganze - Concerto Palatino - Label ACCENT.

16 janvier 2008

Festival d'expression Internet de Romans

Festival_de_romans_4Le "Festival de l'expression sur Internet" de Romans permet à des blogs de concourir dans différentes catégories. J'y ai inscrit le Poisson Rêveur pour voir... Il est intéressant de constater que l'on peut enregistrer son blog parmi 18 catégories et que lorsque l'on cherche la thématique "musique", on a le choix entre les catégories suivantes :

  • Pop / Rock / Variété : Musiques originales Pop/ Rock / Variété créées de façon individuelle ou collective.
  • Rap / Hip hop / R&B : Musiques originales Rap / Hip hop / R&B créées de façon individuelle ou collective.
  • Electronique : Musiques originales Electroniques créées de façon individuelle ou collective.

J'ai trouvé une catégorie "Blogs Passions". Je m'en sors pas mal cette fois. Des blogs très intéressants étaient d'ailleurs déjà inscrits.

Jugez de vous-même.

Comme pour l'opération Best Of the Blogs de la Deutsche Welle, il y aura un vote des  internautes et un vote séparé d'un jury de professionnel.

La date limite des inscriptions est le 28 février à minuit. Le festival aura lieu à Romans du 19 au 20 avril.

Avis aux amateurs.

Lien direct vers la page d'accueil du site du Festival.

13 janvier 2008

Les plus grands compositeurs par les meilleurs interprètes (sic)

Sous ce titre qui peut paraître assez présomptueux, les équipes Marketing d'Universal Music, on trouvé une accroche pour les lecteurs du Monde à propos d'une opération lancée en partenariat avec le quotidien, le label Deutsche Grammophon (DG) et Radio Classique.

Dans les kiosques hier après-midi, il était possible de se procurer le Monde daté du samedi 12 janvier, avec le Monde 2, mais aussi un CD de DG pour seulement... 1 Euro de plus.

Ce CD comprend les 5ème et 7ème symphonies de Beethoven par Herbert Van Karajan, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Berlin (enregistrements de 1984 / 1985).

Le_monde_dg_3_2 Le livret cartonné qui contient le CD comprend une petite monographie assez bien faite sur les oeuvres en question, et surtout, petite révolution dans la tradition culturelle française, un glossaire avec la définition de plusieurs termes musicaux qui pourraient rebuter les néophytes (par ordre alphabétique : air / aria, cadence, coda, contrepoint...).

Concernant les deux plus fameuses symphonies de Beethoven, je trouve, sans snobisme aucun, que l'intégrale de Karajan enregistrée en 1963 est supérieure à celle du milieu des années quatre vingt. Cette première version était plus fougueuse, audacieuse, surprenante alors que la dernière est desservie par des phrasés exagérement tapageurs et révélateurs d'une auto-satisfaction malheureusement probante de la part du maître (même si l'intensité dramatique est bien là). La version des années quatre vingt bénéficie au moins d'une qualité d'enregistrement remarquable qui fait que, sans tomber dans les tics du jugement des versions d'un même chef, on peut prendre (ou reprendre) un réel plaisir à écouter ces symphonies avec l'Orchestre "le plus majestueux du monde".

Si vous vous êtes procuré le CD de we week-end, je vous propose tout de même ce lien vers youtube pour visionner et écouter une version de 1966 afin de vous faire un idée.

La semaine prochaine, le Monde qui doit paraître vendredi, daté du samedi 19 janvier, comprendra deux CDs avec l'intégrale des concertos Brandebourgeois par le Musica Antica Köln, sous la direction de Reinhardt Goebel pour 4,95 € de plus.

Lien direct vers la liste des parutions prévues et tirée du site lemonde.fr/dg.

Les mauvais esprits diront que l'on tombe encore dans la facilité des "tubes" du classique avec le syndrome de la "collection classique idéale". Pour ma part, si j'étais étudiant fauché lecteur du Monde, je serais bien content d'avoir cette opportunité de collectionner quelques enregistrements d'excellente qualité pour un budget très raisonnable.

J'ai repéré un couplage incontournable des concertos pour piano et pour violoncelle de Schumann respectivement par Martha Argerich et Mstislav Rostropovitch (parution N°5).

27 septembre 2007

Chopin, Debussy... Poulenc... De Falla

Puerta_del_vino En écho à la précédente note sur le concert de François Chaplin, je vous propose de lire la très instructive note tirée du site La muse affiliée, et que m'a judicieusement mentionnée Lucie. Elle prolonge plutôt bien l'approche esthétique tentée par François Chaplin dans son concert de mardi soir. Ce dernier a tissé avec succès un lien entre des oeuvres de Chopin et Debussy. Un autre pianiste, pédagogue, qui me fait l'honneur de quelquefois visiter le Poisson Rêveur, a également tenté de mettre en évidence une filiation équivalente. Il s'agit de Michel Fournier (qui tient également un blog ) qui souligne les similitudes troublantes entre Debussy et Poulenc. Ceci concerne des pièces à caractère espagnol de Debussy comme La Puerta del Vino et La Soirée dans Grenade avec la troisième novelette que Poulenc avait été composée à partir d'une mélodie de Manuel de Falla et extraite de L’Amour sorcier.

A méditer.

22 septembre 2007

Versailles en musique

Ce week-end sont commémorés les vingt ans du Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV).

Il semble communément admis de prendre la représentation (recréation en quelque sorte) d'Atys Grandes_eaux_versailles2de Jean-Baptiste Lully par William Christie en 1987 comme jalon de la nouvelle exploration du répertoire baroque. La même année, on assistait à la naissance du CMBV.

Pour en savoir plus sur les manifestations liées à cet anniversaire, pour pouvez vous référer à l'article paru aujourd'hui dans le Monde, ou directement sur le site du CMBV. De très nombreux concerts se répartissent entre aujourd'hui et dimanche et sur divers lieux (Chapelle Royale, Manège de la Grande Ecurie, Bibliothèque Municipale, Cour de marbre, Théâtre Montansier...). Ces manifestations permettent visiblement de couvrir toutes les étapes du rayonnement de Versailles, de Louis XIII à Louis XVI.

Si vous ne pouvez vous rendre sur place, vous pourrez toujours vous rabattre sur France Musique, qui couvre largement l'évènement, au cours de ses différentes émissions.

L'émission de ce matin, "Etonnez-moi Benoît", qui passe le samedi de 10h à midi et qui est habituellement dédiée à l'opérette et aux comédies musicales, faisait une petite déviation instructive sur un aspect souvent ignoré du répertoire baroque (ex : pastiches des grands opéras) ou sur la façon dont de grandes opérettes revisitent l'histoire (ex : les Mousquetaires au couvent). L'invité était Michel Verschawe, chanteur, musicologue et directeur de la Compagnie Baroque. Lien direct vers le player pour écouter l'émission en ligne.

Grandes_eaux_versailles_niquetEnfin, en complément de la radio, je vous propose une nouveauté récente présentant un beau panorama de la musique qui charmait les oreilles de la Cour de France, du raffiné Joseph Bodin de Boismortier au théâtral Georg Friedrich Haendel, en passant par Henry Desmarest, Marc Antoine Charpentier, André Cardinal Destouches et l'inévitable Jean-Baptiste Lully. Il s'agit d'une sélection de passages de différentes oeuvres de ces compositeurs, dédiés au majestueux et ancestral spectacle des Grandes Eaux Musicales du Château de Versailles, interprétés par Le Concert Spirituel, sous la Direction d'Hervé Niquet (label Glossa). Ma petite préférence : les extraits de Daphnis et Chloé de Joseph Bodin de Boismortier, d'une subtilité absolue.

Bon voyage musical dans les dorures et ornementations des compositeurs baroques de la Cour Royale !

19 août 2007

Fantaisie pour piano, choeur et orchestre de Beethoven

Beethoven_aimard_harnoncourt_2 Le pianiste français Pierre-Laurent Aimard a sorti un disque intéressant en 2005 avec Nikolaus Harnoncourt. Il regroupe le triple concerto pour piano, violon et violoncelle en do majeur, le Rondo en si bémol majeur (prévu à l'origine comme le final du 2ème concerto pour piano et orchestre) et la sigulière Fantaisie pour piano, choeur et orchestre.

Je ne propose pas forcément de s'attarder sur la version du triple concerto que je juge bien trop froide et académique. Après avoir entendu la version électrique et décoiffante de Martha Argerich avec Renaud Capuçon et Mischa Maisky dans le cadre du Festival de Lugano (cf. note du 22 octobre 2006), je ne peux me faire à celle qui nous est proposée ici. Elle avait pourtant eu les honneurs de la critique. Je la trouve pour ma part excellente techniquement mais mais sans aspérités alors que ce concerto se prête tout à fait à de belles audaces (cf. également la version de référence de Rostropovitch, Oïstrakh (David) et Richter avec Karajan, nerveuse et capiteuse).

Le Rondo est une curiosité autant historique que musicale, du fait de ses filiations très nettes avec les derniers concertos pour piano et orchestre de Mozart.

L'intérêt de ce disque réside plutôt dans le fait qu'il propose l'un des rares enregistrements de la Fantaisie pour piano, choeur et orchestre que Beethoven a écrite tardivement et qui prend très nettement ses racines dans la 5ème symphonie (avec notamment les passages du mineur au majeur), le 4ème concerto pour piano avec ses modulations et arpèges si caractéristiques (très net notamment au minutage 11'40" du second mouvement / plage 6) et surtout, de façon moins achevée, la 9ème symphonie avec les bases très nettes de l'Ode à la joie. Cela donne une sorte de patchwork étonnant du style beethovénien avec une oeuvre qui mèle les modes concertant, symphonique et choral.

L'interprétration est très équilibrée. Le toucher de Pierre-Laurent Aimard est assez élégant et aérien. L'ensemble orchestral et choral l'accompagne avec une belle ferveur mais de façon très maîtrisée.

Beethoven - Triple concerto pour piano, violon et violoncelle en do majeur opus 56 - Rondo en si bémol majeur Wo06 - Fantaisie pour piano, choeur et orchestre opus 80 - Pierre-Laurent Aimard, piano - Chamber Orchestra of Europe - Arnold Schoenberg Chor - Direction Nikolaus Harnoncourt - label Warner Classics.

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