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29 juin 2008

Zaïde en HD sur medici.tv

J'avais déjà mentionné dans la note du 31 mai l'enrichissement considérable du site medici.tv.

Zaide Aix Ce dernier a passé un partenariat avec le Festival d'Aix en Provence. Il permet d'accéder gratuitement en VOD et HD (superbe son) à un des évènements de l'édition 2008 du Festival : la représentation de l'opéra Zaïde de Mozart, mis en scène par Peter Sellars et sous la direction musicale d'un des chefs les plus mozartiens : Louis Langrée, à la direction de l'Orchestre Camerata Salzburg.

Lien direct pour visionner et écouter l'opéra sur le site medici.tv.

Lien direct vers le site du Festival pour obtenir le détail de la distribution.

Superbe initiative à applaudir chaleureusement.

Sinon, le concert est également retransmis en direct sur Radio Classique lundi 7 juillet.

NB : attention, le site medici.tv semble décidemment très gourmand en ressources. Je conseille de n'ouvrir aucune autre application quand on est connecté sur la vidéo en ligne.

27 juin 2008

Enregistrement inédit du Manuscrit Musical 130

Sous ce titre énigmatique se cache un disque récemment sorti chez K 617 et qui regroupe des psaumes écrits par Tomàs Luis de Victoria et qui n'ont jamais étés enregistrés. Les manuscrits, entreposés à Bibliothèque Nationale Victor Emmanuel II de Rome, et répertoriés sous le nom de code de Manuscrit Musical 130, sont connus depuis plus de trente ans par les musicologues spécialisés dans la musique polyphonique.

L'enregistrement de ces pièces sacrées sous le titre Ad Versperas, fait tout simplement doubler le nombre de psaumes du célèbre composteur espagnol portés à l'enregistrement.

Une attention toute particulière a été portée par l'ensemble vocal La Colombina qui interprète ces psaumes à la retranscription la plus fidèle de l'esprit dans lequel ils ont été écrits.

Ces pièces, pour certaines écrites pour plus de quatre voix, ont été enregistrées par ce quatuor de voix d'une qualité remarquable.

Ad vesperas victoria Comme le précise l'un des interprètes de l'ensemble vocal, Josep Cabré, dans la très intéressante notice qui accompagne le CD, l'objectif était de restituer l'architecture globale de ces psaumes constituant ainsi de "fausses vêpres" qui restituent l'élévation et la ferveur religieuses que le compositeur a voulu traduire.

Chaque psaume est systématiquement précédé d'une antienne et introduit par un bref plain-chant. Pour quelques pièces, comme la magnifique Ave Maris Stella (de Beata Virgine), le plain-chant vient régulièrement s'insérer et ponctuer la ligne directrice du chant polyphonique sans que ce soit choquant ou gênant. Cela correspond d'ailleurs à la pratique la plus courante d'interprétation pendant les offices au XVIème siècle.

Il n'y a rien d'exceptionnel dans l'écriture de ces psaumes. Ils sont presque tous calés sur la même construction : une voix entame le premier chant qui est ensuite repris en imitation successivement par les autres voix alors que la première s'engage sur des modulations différentes. Les options harmoniques du maître espagnol, si elles paraissent plus élémentaires et moins audacieuses que les compositeurs flamands ou français contemporains (comme Josquin Desprez, Roland de Lassus ou Nicolas Gombert) s'avèrent aussi plus aériennes, moins austères que Palestrina, le grand maître romain de l'époque.

On y retrouve donc tout à fait l'écriture aérienne, élégante et raffinée de Tomàs Luis de Victoria.

Parmi les psaumes enregistrés, on notera le Sancta Maria Succurre Miseris d'une beauté digne des plus belles cathédrales gothiques.

Ce disque est très intéressant et la qualité, tant des interprètes que de l'enregistrement, en font une des sorties remarquables de cette année.

Lien direct vers le site suisse disquoffice.ch pour écouter de (très) courts extraits.

Détail du disque sur le site du label.

Tomàs Luis de Victoria - Ad Vesperas - Le manustrcit inédit de Rome - Ensemble vocal La Colombina - label K617.

23 juin 2008

Laissez donc le cœur de Chopin tranquille !

Après la tentative rocambolesque (et avouons-le, plutôt ratée) de reconstituer le visage de JS Bach (cf. note du 30 mars 2008), la communauté scientifique continue à s'acharner sur les compositeurs de musique.

Il s'agit cette fois de Frédéric Chopin, avec l'ambition d'effectuer un prélèvement sur son cœur, conservé dans du cognac depuis près de 160 ans, afin de démontrer que le compositeur serait mort de la mucovicidose.

Eh bien ! Nous voilà bien avancés !

L'objectif des scientifiques polonais se veut éminemment positif. Le professeur Cichy qui dirige cette mission déclare : "Si nous pouvons prouver que Chopin souffrait de mucoviscidose, ce serait une très grande inspiration pour nos malades, en particulier les enfants, savoir qu'ils pourraient aussi accomplir quelque chose de grand comme lui".

Pour plus de précisions, lien direct vers un article tout frais de TV5.org.

Je vous laisse vous faire votre propre appréciation sur la pertinence d'une telle initative.

Pour ma part, je recommande surtout d'écouter et de jouer (si l'on peut) du Chopin sans se soucier le moins du monde de la nature exacte du mal qui l'avait atteint.

Je vous propose le fameux prélude opus 28 en ré bémol majeur N°15 dit la "goutte d'eau" qui reste bien l'une de mes pièces préférées (interprétation de Vladimir Horowitz) :

20 juin 2008

La croissance de la musique en ligne ne compense pas la chute du CD

Broken cd L'Observatoire de la musique et le cabinet GFK viennent de publier les résultats d'une étude qui confirme la forte baisse des ventes de CD (-40% depuis 2003). Elle révèle également que la musique numérique (achat de musique en ligne) quant à elle progresse fortement, même si elle ne vient pas compenser la chute du CD (déjà évoquée dans la note du 29 janvier 2008).

De là à penser que la différence réside principalement dans le piratage, le pas est vite franchi.

Un chiffre très intéressant est révélateur de la crise que traverse les "majors" : les quelques compagnies qui détiennent 78% du marché voient 98% de leurs ventes d'opérer sur... 8% des titres de leur catalogue.

Si ces statistiques sont globales et ne différencient pas les différents genres musicaux, je pense qu'elles ne doivent pas être différentes pour la musique dite classique.

Pour plus de précisions, lien direct vers une bonne synthèse de cnetfrance.fr.

Lien direct vers l'Observatoire de la musique, rattaché au groupe Cité de la Musique.

17 juin 2008

Cinquième livre de madrigaux de Gesualdo : dissonant et ténébreux

Faire le parallèle avec le cinquième livre de madrigaux de Monteverdi (cf. note du 10 mars 2008) revient à comparer la lumière avec les ténèbres. Le caractère fantasque et morbide de Gesualdo apparaît très nettement dans son écriture madrigale et ce cinquième livre n'échappe pas à la règle. Toutefois, la grâce et l'élégance de l'interprétation de la Venexiana font que les dissonances et les chromatismes de ces pièces paraissent sublimées. La tension permanente de ces madrigaux demeure mais la pureté de la ligne que maintient l'ensemble vocal italien permet de nous faire entrer sans violence dans l'univers tourmenté du compositeur halluciné.

Gesualdo 5ème vlivre madrigaux Je trouve que ces madrigaux sont éminemment nocturnes, sombres. Ils incarnent même, par certains égards, une forme d'intensité presque mystique. Ceci est très révélateur dans la première partie du O dolorosa gioia.

J'ai été en outre particulièrement marqué par l'Occhi del mio cor vita ainsi que le Languisce al fin.

Placée sous le signe d'une grande intériorité, cette belle version de la Venexiana, qui confirme sa maîtrise de l'art madrigal, nous fait entrer en douceur dans le monde tourmenté, imprevisible et génial de Gesualdo.

Je recommande cette version si vous désirez aborder l'univers complexe de ce compositeur atypique au maniérisme très marqué, avant d'aborder une partie plus marquée de son répertoire avec des versions plus crues et restituant plus nettement la violence des sentiments qui a inspiré son corpus de madrigaux.

Le disque est sorti il y a maintenant plus de deux ans. C'est à l'occasion d'une nouvelle écoute plus attentive que je me suis permis de faire cette note.

Lien vers le site de Glossa pour plus de détails sur le disque.

Gesualdo - Cinquième livre de madrigaux - La Venexiana - label Glossa.

14 juin 2008

Inconsolable sur Perahia ? Faites-vous une idée de Yuja Wang

Agnès Jourdain (cf. commentaire de la note ci-avant) a eu la gentillesse de faire partager aux visiteurs du célèbre de pianobleu.fr la profonde déception du poisson rêveur.

On peut voir à la fin de l'article une vidéo tirée de youtube montrant la jolie bête à concours Yuja Wang jouer une version de la marche Turque de Mozart chargée d'ornementations et de circonvolutions virtuoses confondantes !

Merci pour la dédicace et ce petit cadeau !

Sinon, il y a, dans le même registre, un version très personnelle de Carmen. Je vous laisse juge.

 

10 juin 2008

Murray Perahia remplacé par une jeune pianiste chinoise !

Colere Avant de partir au concert ce soir, impatient d'écouter Murray Perahia, je me rends vite fait sur le site Internet du Théâtre du Châtelet pour jeter un coup d'œil furtif au programme. C'est alors que je découvre que Murray Perahia, souffrant, est remplacé par une jeune pianiste chinoise Yuja Wang.

Là, franchement, je ne peux pas !... Ne me dites pas que je suis élitiste ou borné (ou les deux) mais avoir réservé deux mois à l'avance des places au prix fort (concert piano ****), trépider d'impatience, traverser Paris au pas de charge pour... découvrir une jeune espoir chinoise... Non merci. Vous me traiterez de tout ce que vous voulez (obtus, esprit étroit rempli de préjugés...) mais le choc est trop fort.

En plus, j'ai eu la mauvaise idée d'aller sur le site personnel de la pianiste. Là c'est trop ! (Elle est vraiment très belle mais cette pianiste mais son site ressemble à la tête de gondole d'une maison de disque).

Nul doute que cette jeune femme doit avoir une technique prodigieuse. Elle et a peut-être également de belles histoires musicales à raconter. En outre, rien de tel que d'attraper un public initialement conquis par le maître Perahia pour donner tout ce qu'elle a (c'est le moment ou jamais de saisir une telle opportunité). Désolé, mais ce sera sans moi, même si j'ai comme l'intuition d'avoir quand même raté un beau concert...

Je vais, tel le franchouillard de service, grincheux et revendicatif, demander le remboursement de mes places pour tromperie sur la distribution. Je n'ai certainement aucune chance et cela m'apprendra à être impulsif. Ce soir, c'est malheureusement plus fort que moi... Je m'en veux terriblement mais c'est comme ça...

09 juin 2008

Mozart - Boulez - Pires : impensable et superbe

1 - Mozart - Concerto N°20 Joao Pires
Vidéo envoyée par Quarouble

Vous connaissez certainement cette vidéo tirée du site dailymotion et consacrée au 1er mouvement du concerto pour piano et orchestre de Mozart K 466 en ré mineur avec la pianiste Maria Joao Pires accompagnée par... Pierre Boulez à la direction d'orchestre.

Je profite de cette note pour préciser qu'un des mes grands chocs mozartiens au disque était il y a maintenant près de 26 ans avec l'enregistrement du 27ème concerto de Mozart par Claudio Scimone (à la tête d'I Solisti Veneti) avec une jeune pianiste la plus mozartienne qui soit après Clara Haskil, à savoir.. Maria Joao Pires. Un jeu d'une finesse exquise, à la fois incisif, timbré et surtout très coloré avec une élégance indéniable.

Sur cette vidéo, l'ampleur orchestrale et la résolution de la pianiste confèrent à cet Allegro une touche martiale presque beethovénienne.

06 juin 2008

Requiem de Duruflé en streaming ce soir

Gardiner 2 Le Festival de Saint-Denis propose la diffusion en direct ce soir en streaming du concert donné à 20h30 sous la Direction de John Eliot Gardiner avec l'Orchestre National de France et le Monteverdi Choir : le requiem de Maurice Duruflé ainsi que des motets d'Olivier Messiaen et de Francis Poulenc (Basilique Saint-Denis).

Lien direct vers le programme du concert.

Lien direct vers la page d'accueil pour le streaming du concert.

Renaissance de l'Oiseau Lyre

Decca a eu l'excellente idée de rééditer quelques titres du prestigieux label L'Oiseau Lyre qui a initié un mouvement sur la musique ancienne et baroque outre-Manche avec des enregistrements demeurés légendaires.

Ce label a notamment produit les enregistrements de Christopher Hogwood avec the Academy of ancient Music.

Virtuoso Italian Vocal Music Des différents titres réédités (cf. site du label DECCA), j'ai retenu l'intéressant CD consacré aux airs virtuoses de la musique italienne enregistré par Philip Pickett à la tête du New London Consort et accompagné de la soprano Catherine Bott.

Ces deux interprètes ont défriché ce terrain (à l'époque quasiment vierge) en 1988, soit plus de vingt ans avant les titres les plus florissants sur ce répertoire, des compositions de musique ancienne et baroque italiennes des XVIème et XVIIème siècles.

Catherine Bott, avec une voix d'une agilité exceptionnelle mais sans excès d'expression, avec une justesse quasi-instrumentale déjoue vocalises et méllismes de ces airs, dont certains rappellent les compositions réalisées pour les fameuses dames de Ferrare (cf. note du 7 avril 2008).

Sur les différentes compositions interprétées, j'ai surtout été marqué par le sublime O primavera de Luzzasco Luzzaschi  (compositeur émérite de la cour de Ferrare), Indarno Febo de Francesco Rasi, O che nuovo stupor de Francesca Caccini, où la mélancolie de la voix rivalise avec la flûte qui double le thème principal et O dulcissima dilecta mea de Stefano Bernardi.

Disque à découvrir avec l'ensemble des rééditions de ce beau label.

NB : les mêmes inteprètes avaient enregistré un superbe Pilgrimate to Santiago également disponible sous le même label.

Lien direct vers le site du label avec la liste des différentes rééditions depuis septembre 2007.

Virtuoso Italian Vocxal Music - Catherine Bott (soprano) - New London Consort - Direction Philip Pickett - Label L'Oiseau Lyre.

03 juin 2008

Deux concerts en juin

Haim - Villazon Avant la trève de l'été, alors que la vague de festivals en tous genres commence tout juste, je vous propose :

le 10 juin - 20h : Murray Perahia - Piano 4 étoiles : Bach, Beethoven, Brahms, Chopin - Théâtre du Châtelet.

Le 23 juin - 20h30 : Castello, Cavalli, Carissimi, Monteverdi - Le Concert d'Astrée - Direction Emmanuelle Haïm - Solistes : Patrizia Ciofi, Topi Lehtipuu, Rolando Vilazòn - Festival de Saint-Denis - Basilique Saint-Denis. Programme très riche comprenant notamment le Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi.

A noter particulièrement cette année, la retransmission sur le net en streaming de concerts du Festival de Saint-Denis.Ceci concerne les concerts des 6, 11 et 19 juin les soirs mêmes des concerts.

Accès à la page d'accueil pour en savoir plus.