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31 mai 2008

L'offre medici.tv s'enrichit

Medici TV 20080524 Pour faire suite aux notes du 26 août 2007 et du 16 décembre 2007 relatives au site medici.tv, ce dernier s'est depuis plusieurs mois considérablement enrichi avec près de 72 vidéos disponibles en streaming (VOD).

Le site précise sur sa page d'accueil qu'il prévoit un catalogue de plus de 200 titres et que l'accès aux films en location est gratuit jusqu'au 7 juin.

Les films sont, pour les plus récents, en haute définition.

Cette "web TV on demand" dédiée à la musique classique s'annonce clairement comme la référence.

Seul bémol (je ne sais pas si c'est à cause de la configuration de mon ordinateur ou d'Internet Explorer) mais l'accès aux pages est d'une lenteur effarante... La page d'accueil permet de visionner gratuitement une vidéo consacrée à un concert du pianiste Francesco Libetta à la Roque d'Anthéron en 2002 où l'on pourra apprécier sa prodigieuse technique. 

27 mai 2008

Voir et écouter Masaaki Suzuki diriger

Suzuki_2Je vous propose quelques vidéos tirées du site youtube pour apprécier le style exemplaire du chef japonais qui m'a apporté, après Philippe Herreweghe, mes plus belles émotions à l'écoute des pièces sacrées de JS Bach.

Herr Unser Herrscher, le monumental choeur d'introduction de la Passion selon Saint-Jean de JS Bach, pièce incroyablement visionnaire qui me fait systématiquement penser au Requiem de Ligeti.

Ruht wohl, ihr heiligen Gebeine..., le choeur final de cette même Passion selon Saint-Jean, également l'une des pièces chorales les plus sublimes écrites par le cantor.

Bonne écoute.

24 mai 2008

Intégrale des cantates de JS Bach par Masaaki Suzuki : volume 38

Le volume 38 de l'intégrale regroupe des pièces différentes des cantates chorales classiques de JS Bach. La cantate BWV 52 pour soprano, la légendaire cantate "Ich habe genug" BWV 82 pour basse, la cantate BWV 55 pour ténor et la BWV 58 pour soprano et basse.

Il faut noter que dans cet enregistrement, Masaaki Suzuki regroupe le trio des meilleurs solistes dont il a pu jusqu'ici disposer pour son intégrale.

Dans l'intéressante "Falsche Welt, dir trau ich nicht" (BWV52) où l'unique soliste est une soprano, la merveilleuse Carolyn Sampson (cf. notes du 22 mai 2007 et du 1er septembre 2006) déploie son chant d'une limpidité et d'une musicalité exceptionnelles. Avec la finesse de l'interprétation orchestrale du chef japonais et les qualité des instrumentistes, on tient là une cantate, comme toujours dans cette intégrale, très équilibrée, parfaitement ciselée. La ligne mélodique est tenue avec une pureté cristalline.

A noter la sinfonia d'introduction, qui sera en grande partie reprise dans l'un des concertos brandebourgeois.

Suzuki_bach_38Face au monument que constitue la cantate "Ich habe genug" (que je tiendrais pour ma part dans les oeuvres à emporter sur l'ile déserte), à bien écouter, Peter Kooij s'en sort assez bien. Certes, il n'atteint pas l'épaisseur humaine et la pathos de son maître (version à mon avis de référence absolue que celle de Max van Egmond avec Frans Brüggen avec le Baroque Orchestra - label Seon), mais il propose une lecture sobre, concentrée, fidèle au texte qui est tout à fait respectable.

Sur la cantate "Ich armer Mensch, ich Sündenknecht" (BWV 55), Gerd Türk confirme qu'il est un des tous meilleurs ténors actuels sur le répertoire de musique sacrée de JS Bach avec Mark Padmore. Plus retenu et moins lumineux que le ténor anglais, il déplie toutefois un phrasé bien articulé et une belle agilité vocale.

Enfin, sur la cantate  "Ach Gott, wie manches Herzeleid" (BWV58), Carolyn Sampson et Peter Koij nous interprètent un duo avec baucoup de finesse et d'élégance.

Si vous vous attendez à une certaine expressivité vocale du fait du caractère plus concertant de ces cantates, vous risquez d'être un peu déçu(e). Masaaki Suzuki est très soucieux d'un équilibre vocal et orchestral général et les voix conservent un caractère très instrumental pour rester à tout moment intégrées dans la ligne fixée par le chef. Cette option sert donc particulièrement l'approche esthétique de Masaaki Suzuki et qui s'oriente vers une grande fidélité au texte, une certaine intériorité sans laisser les voix prendre le dessus et dévier vers une expressivité qui dénoterait avec le climat général recherché.

Plus de détails à propos de ce disque sur le site du label BIS Records.

Intégrale des cantates de JS Bach - Volume 38 - Cantates BWV 52, B2, 55 et 58 - Carolyn Sampson, soprano - Gerd Türk, tenor - Peter Kooij, basse - Bach Collegium Japan, orchestra - Direction Masaaki Suzuki- label BIS.

21 mai 2008

Deux concerts en mai

De Machaut Pour répondre à la suggestion de Lili, je propose une nouvelle catégorie de notes : "Deux concerts par mois". Chaque fin de mois, je tenterai de recommander deux concerts pour le mois suivant (un concert toutes les deux semaines, un bon rythme non ?).

Pour le joli mois de Mai, je m'y prends certes un peu tard, et me permets toutefois de recommander :

le 22 mai / 20h30 : Guillaume de Machaut - Messe de Nostre Dame (Diabolus in Musica - Antoine Guerber direction) - Eglise Notre Dame des Blancs-Manteaux (Philippe Maillard Production).

le 31 mai / 20h : Monteverdi - L'Orfeo (Les Arts Florissants / William Christie) - Salle Pleyel.

Bon(s) concert(s).

19 mai 2008

Ave Regina Colerum de Guillaume Dufay

Le troisième volume que l'ensemble Cantica Symphonia consacre à Guillaume Dufay, complète l'ensemble de motets déjà enregistrés dans le volumes précédents (cf. note du 18 juin 2007 sur le volume II). Giuseppe Maletto, avec son ensemble vocal et instrumental, résussit à nouveau à nous faire pénétrer de façon exemplaire l'univers fascinant du maître français de la polyphonie.

Dufay_supremum_2 Je reconnais volontiers le travail d'une précision exceptionnelle réalisé par cet ensemble. Mon tout petit reproche reste le fait que je m'attende sur ce type de répertoire à une approche plus intériorisée, presque plus spirituelle. Les qualités vocales du Cantica Symphonia sont indéniables. Comme le dite justement Gisueppe Maletto dans un intéressante interview du Diapason de mai réalisée par David Fiala (pages 16 et 17), cet ensemble a au moins le mérite d'apporter une expressivité toute méridionale qui vient bien contrebalancer l'austérité à laquelle les ensembles anglo-saxons nous ont habitués sur ce répertoire. J'attendrais toutefois plus de plasticité, moins de dureté dans les timbres, comme dans la ligne mélodique. Il y a comme quelque chose d'acidulé dans la couleur vocale et instrumentale de cet ensemble qui tent un peu à m'irriter sur la durée...

Ce dernier volume est surtout à retenir pour une restitution impressionnante de l'un des motets les plus puissants de Guillaume Dufay : Ave Regina Colerum, et, surtout, le dernier, Ave Regina Celorum / Miserere Tui Labentis complètement a cappella et sur lequel l'ensemble Cantica Symphonie imprime une tension extrême. Prodigieux.

Les autres motets passent par une multitude de climats sonores, avec quelques audaces harmoniques comme celles du motet O proles Yspanie.

L'Ave Virgo, Que De Celis est très révélateur des mystères de cette musique, à la frontière du Médiéval et de la Renaissance.

Comme toujours chez Glossa, la qualité d'enregistrement est impeccable. L'espace sonore est ample sans excès de réverbération.

"Supremum est mortabilus bonum" - Intégrale des motets de Guillaume Dufay - Cantica Symphonia - Direction Giuseppe Maletto - Label Glossa.

16 mai 2008

Morceau choisi N°14 : Andante du concerto pour 2 pianos en ut mineur, Bwv1062 de JS Bach

Cela ne suffit pas que ma chère prof. de piano me donne la valse brillante de Chopin à travailler (cf. note du 7 mars 2008). Je suis également plongé en parallèle dans l'univers des concertos pour deux claviers de JS Bach, plus particulièrement l'Andante du concerto en ut mineur BWV 1062.

Bach_cakePas trop trop "difficile"... tant qu'on joue seul et que le 2ème piano ne vient pas malicieusement s'enchevêtrer. Comme d'habitude chez Bach, il faut avant tout bien prendre ses repères avec les doigtés et laisser défiler la main droite en suivant les notes à chaque fois dans leur globalité et leur dessin. Faire du "note à note" est vraiment fatal. En plus de la sensation purement rythmique propre à Bach, il s'agit en fait d'un schéma mental à acquérir.

D'aucuns affirment que Frédéric Chopin introduisait volontiers des pièces de JS Bach dans des concerts où il jouait ses propres oeuvres. Ce qui est certain c'est que le compositeur polonais travaillait énormément sur JS Bach.

La boucle est bouclée.

J'en "bave" un peu et tente de gérer au mieux cet exercice schizophrénique entre la valse romantique aux racines slaves et le concerto allemand d'influence italienne.

13 mai 2008

La Reine de la Nuit s'évade du Royaume de Chicken Run

Florence Foster Jenkins - Reine de la nuit Mozart
Vidéo envoyée par mademoisellemaya

Mes recherches ont été inspirées par Laurent dans son excellent blog Paris-Broadway. Je vous laisse également visionner son irrésistible trouvaille et tirée du site Youtube : Note du 7 avril 2008.

Confondant... Le violon juste derrière la chanteuse ne peut se retenir de ricaner derrière les couacs d'une Reine de la Nuit sortie du royaume des gallinacés.

Accrochez-vous et toutes nos excuses à WA Mozart et ses descendants.

10 mai 2008

Intégrale des symphonies de Beethoven par Jos Van Immerseel

En cette période de commémoration mercantile de la mort d'Herbert Van Karajan, il est toujours intéressant de s'attarder sur une nouvelle intégrale des symphonies de Beethoven, cette fois avec une lecture qui se veut la plus fidèle possible des options esthétiques et de l'instrumentation de l'époque.

C'est le parti pris que prend Jos Van Immerseel depuis quelques années avec son excellent ensemble Anima eterna (cf. son enregistrement sur instruments d'époques notamment du Bolero de Ravel).

Au cabotinage, l'archi-classicisme et surtout l'ampleur orchestrale des versions du chef salzbourgeois, lui-même dans la lignée de ses maîtres germaniques, le musicien néerlandais oppose une certaine humilité et, surtout, un resserrage certain de la masse orchestrale. On passe donc d'un grand orchestre de près de 100 musiciens, avec une armée de violons à cordes métalliques, à un ensemble ne comprenant pas plus de 40 instruments anciens (cordes en boyau) et un rééquilibrage certain entre les cordes et les instruments à vent (sans parler des timbales... tonitruantes).

Beethoven_intgrale_symphonies_imm_2 C'est alors ce qui surprend le plus nos oreilles, habituées à des symphonies de Beethoven dominées par les cordes et, surtout, avec une masse orchestrale certaine. L'option plus "chambriste" de Joos Van Immerseel est sensée être la plus fidèle par rapport à celle de Beethoven lui-même quand il dirigeait ses symphonies. Il interprétait des dernières dans des salles aussi grandes que nos théâtres modernes, mais avec un orchestre deux fois plus petit... Avec une acoustique appropriée, ce n'est pas du totu un problème. Comme je l'avais indiqué dans la note du 13 décembre 2007, après avoir assisté à une belle 5ème interprétée par le même chef à la tête d'Anima Eterna, lorsque la salle permet à l'orchestre de déployer sans forcer toutes ses couleurs et son grain, on peut être conquis.

Je n'ai pas écouté toutes les symphonies de l'intégrale enregistrée chez Zig Zag Territoires. Le peu que j'ai écouté m'a moins séduit que ce concert du 12 décembre dernier. Tout cela semble moins habité. La verve de l'ensemble Anima Eterna et la qualité musicale de chaque instrumentiste sont bien là. Toutefois, les quelques éléments de la série que j'ai écoutés, avec notamment un tempo toujours très soutenu, donnent un peu l'impression d'écouter toujours la même symphonie...

Une exception toutefois, la 4ème, que je trouve plus habitée, notamment son final.

A écouter donc pour la beauté des timbres, la vivacité rythmique, un climat sonore très différent qui nous permet de découvrir ces symphonies avec d'autres couleurs. Ensuite, je vous laisse juge de ce qu'apporte une telle recherche de "véracité" dans ce vaste répertoire.

Jos Van Immerseel  m'a nettement plus conquis chez Mozart et chez Haydn (cf. note du 22 septembre 2006).

Lien direct vers le site de Zig-Zag Territoires pour en savoir plus et écouter des extraits.

Beethoven - Intégrale des symphonies de Beethoven - Les créatures de Prométhée - Coriolan - Egmont - Les Ruines d'Athènes - la Consécration de la maison - Marche turque - Anima eterna - Direction Jos Van Immerseel - Label Zig Zag Territoires.

07 mai 2008

Une sélection de magasins de musique classique en ligne

Mozart_2_2Merci à nouveau au blog Le Journal de Papageno pour avoir fourni dans un commentaire le lien vers la note complète qu'il a consacrée à une sélection de sites d'achat de musique classique en ligne.

J'en ajoute trois à la liste du blog du Poisson Rêveur (eClassical, eMusic et Pristine Classical).

Lien direct vers la page en question du blog le Journal de Papageno.

04 mai 2008

Pollini - Mozart : haute densité (2)

Comme pour les 17ème et 21ème concertos pour piano de Mozart (cf. note du 7 octobre 2006), Maurizio Pollini continue de nous éblouir avec son dernier enregistrement, toujours avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne, cette fois du 12ème et du 24ème (label Deutsche Grammophon).

Là encore, le maître nous délivre une leçon magistrale de génie du phrasé, de l'intonation. Seul un immense pianiste comme Maurizio Pollini peut se payer le luxe de revisiter des concertos pour piano et orchestre de Mozart en nous surprenant encore. Rien de démonstratif ou de rhétorique. Le maître s'est affranchi de ce type de travers. Il présente à nouveau ces concertos avec un jeu d'une densité inouïe, des motifs dessinés avec un trait énergique et d'une précision impeccable mais aussi, et surtout, de l'épaisseur, du grain, une véritable narration. Son Mozart est bien de chair et de sang, tantôt d'une douceur innocente, presque enfantine, tantôt d'une dureté et d'un dramatique bouleversant mais sans excès, tout en nuances.

Pollini_maurizioLe 12ème concerto en la majeur nous dévoile comme une fausse sérénité que Maurizio Pollini transcrit avec finesse et pertinence sur les trois mouvements. Dans l'Andante, il transcrit à merveille le caractère bouleversant que peut avoir chez Mozart la simplicité, la spontanéité presque juvénile de bon nombre de ses mouvements lents.

Le 24ème en ut mineur, l'un des concertos les plus graves et les plus "romantiques" de Mozart, nous est quant à lui révélé dans ses tourments les plus profonds. Sur l'Allegro d'introduction, Maurizio Pollini monte progressivement en puissance avec une intensité dramatique qui est maximale lors de la reprise du motif principal. C'est proprement éblouissant.

Le piano restitue des couleurs d'une densité rare, l'Orchestre Philharmonique de Vienne, qui répond au doigt et à l'oeil, est souverain, impérial. Il déploie ses sonorités chatoyantes pour constituer un écrin magnifique mettant en valeur la limpidité du jeu du pianiste. Cette version des concertos de Mozart a bien quelque chose de transcendant. Maurizio Pollini dépasse largement le débat futile de la véracité ou de l'authenticité instrumentale (derrière laquelle se réfugie volontiers un Andreas Staier pour nous asséner des concertos sans âme et où finalement aucune véritable histoire ne nous est racontée) pour aborder la musique pure, un toucher d'une subtilité extrême, des nuances qu'on ne pouvait même pas imaginer sur ces concertos.

Lien direct vers le site Deutsche Grammophon pour obtenir plus de détails, écouter des extraits et télécharger l'album.

Vivement le prochain enregistrement.

WA Mozart - Concertos pour piano et orchestre N°12 et N°24 - Maurizio Pollini (piano et direction d'orchestre) - Orchestre Philharmonique de Vienne - Label Deutsche Grammophon.

NB : désolé de ne pas avoir pu mettre en vignette la pochette du disque. J'ai tenté trois JPEG différents que Typepad ne veut visiblement pas faire apparaître dans le cadre.

01 mai 2008

Radioclassique.fr fédère les blogs de mélomanes

Logo_blogs_radio_classique_2Radio Classique m'a contacté pour me proposer de référencer mon blog, ce que j'ai accepté avec plaisir. Ce que j'avais suggéré aux rédacteurs du site du Monde de la Musique, c'est l'équipe (du même Groupe d'ailleurs) de Radio Classique qui l'a fait. Ceci permet de fédérer une communauté d'auditeurs qui sont également rédacteurs de blogs et d'élargir ainsi les différentes contributions autour de la musique dite classique. Voilà donc chose faite pour le Poisson Rêveur à la rubrique "le coin des blogs".

Je vous conseille d'ailleurs de vous rendre sur le site de Radio Classique qui s'est bien enrichi au cours des derniers mois.

Vous pouvez notamment réécouter les émissions récentes, dont celles sur Karajan et ses orchestres réalisée et animée par Laure Mézan.