Blog sélectionné par Best Of the Blogs 2007

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31 janvier 2008

Schubert et le Slam

Folles_journes_nantes_2008_2 Voilà une initiative des organisateurs de la 14ème édition des Folles Journées de Nantes qu'un Friedrich Gulda aurait bien aimé : une groupe de rappeurs de Nantes s'est produit lors de cette manifestation en adaptant Schubert en Slam (le thème de cette année est "Schubert dans tous ses états").

L'un des interprètes, venant des quartiers de Nantes, avoue ne pas savoir qui était Schubert avant de faire cette adaptation. Pour ce groupe, la musique classique n'était pas du tout leur "trip".  Le leader du groupe dit que quand il voit ce que Schubert fait au piano, c'est "que ça doit être un mec bien".

Pour plus de précisions, vous pouvez écouter le reportage audio dans le journal de 7h00 de ce matin sur Europe 1.

Lien direct vers le player Europe 1. Aller directement au minutage 12' 34".

29 janvier 2008

Chronique d'une chute annoncée

Arrow_down_2La presse couvre largement les dernières statistiques du marché du disque à l'occasion du MIDEM à Cannes. Pour la cinquième année consécutive, les ventes de CD continuent de chuter. La baisse pour 2007 aura été de 17,4% en valeur et 24% en unités par rapport à 2006.

Le téléchargement légal est quant à lui en progression de 26,1%.

On estime à environ 10 milliards, le nombre de fichiers téléchargés illégalement (sources International Federation of Phonographiv Industry / IFPI). Cela correspond à un ratio impressionnant de 20 fichiers illégaux de téléchargés pour 1 légal...

En regardant plus précisément les chiffres, j'ai été étonné de constater que le Classique représentait tout de même 8,4% des ventes de CD en 2007 (je pensais que la musique dite "classique" avait plutôt une part de marché de l'ordre de 5%...).

Très bon article de synthèse du Monde dont j'ai extrait ces informations.

27 janvier 2008

Le Philharmonique de Berlin rend hommage à Karajan (vraiment ?)

Concert vendredi 25 janvier à Pleyel. Un programme "hommage à Herbert Van Karajan" avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Seiji Ozawa.

En première partie, le concerto pour violon et orchestre en ré majeur de Beethoven interprété par Anne-Sophie Mutter. En seconde partie, la symphonie N°6 ("Pathétique") de Tchaïkovski.

Pour une fois, j'arrive très en avance (vers 18h30) et remarque déjà quelques personnes qui cherchent désespérément des places. Pas étonnant de trouver des mélomanes errant pour rechercher si, par miracle, une place se libérait. La soirée était en effet largement monopolisée par des "invitations VIP" d'au moins quatre sociétés différentes (la Deutsche Bank, sponsor du Philharmonique de Berlin, la Société Générale, LVMH, Deloitte...).

J'avais pour ma part réservé mes places via un abonnement à un prix que d'aucuns jugeront indécent (que ne fairait-on pas pour écouter l'un des plus beaux orchestres au monde...).

Mutter_1_2 Anne-Sophie Mutter aborde le concerto de Beethoven avec une raideur surprenante. Elle tente de prendre le contre-pied des versions traditionnellement viriles et épiques avec une approche qui se veut visiblement méditative, au fil du rasoir avec un tempo étiré. Pour autant, ce parti pris ne m'a pas vraiment conquis. Je dois avouer m'être rarement autant ennuyé (je me suis même assoupi, revenant ce jour là d'un voyage professionnel...).

La technique est irréprochable mais il y a toujours chez cette interprète quelque chose de glacial et sans saveur. Le supplément d'âme n'était donc pas au rendez-vous, malgré l'accompagnement très attentionné de Seiji Ozawa qui tenait un orchestre félin, ronronnant au service de la soliste. Souplesse des développements, petite part de mystère... on aurait presque retrouvé le grand Giulini quand il accompagnait Itzhak Perlman sur le même concerto.

Pour la 6ème symphonie de Tchaikovski, le maître japonais attrape le "monument" à bras le corps (et par coeur, sans partition). Quand on a été bouleversé par la lecture inouie d'un Mravinsky à la tête du Philharmonique de Leningrad (cf. note du 26 septembre 2006) avec les phrases ciselées au millimètre et une forme de brutalité sauvage, on peine à rentrer dans l'univers de Seiji Ozawa, tout en rondeurs, en souplesse et où le sentimentalisme de Tchaikovski semble exacerbé.

C'est là que le bât blesse un tout petit peu. Seiji Ozawa inscrit sa version sous le signe de la noirceur Ozawa_1_2et du désespoir mais avec malheureusement une tension insuffisante pour nous convaincre et nous marquer. La ligne se relâche trop souvent et la tonitruance de l'orchestre (notamment sur le 3ème mouvement, Allegro molto vivace) si elle a impressionné le public de Pleyel, ne fait que masquer l'absence d'une véritable intensité dramatique. Au crédit toutefois de Seiji Ozawa, le fait qu'il ait donné une belle unité à cette symphonie, et ait vraiment raconté une histoire. C'est suffisamment rare pour être souligné. Si on peut ne pas adhérer au parti pris esthétique, cette symphonie avait toutefois une belle unité.

Le Philharmonique de Berlin confirme la beauté plastique indéniable de ses sonorités, soyeuses et d'une souplesse remarquable. Il manquait parfois l'éclat que l'on attend sur une symphonie qui procure pourtant tellement d'occasions d'emporter les spectateurs.

Cette soirée est la confirmation que des concerts coûteux alignant des "stars" du classique, ne sont pas toujours les plus réussis.

Le public (dont les VIP invités) se lève pour donner une "standing ovation" à Seiji Ozawa. Quand un orchestre joue bien fort, cela paie toujours.

Ci-dessous, critique saignante de ce concert par Renaud Machart dans le Monde daté d'aujourd'hui. Je vous laisse apprécier et en déduire le sens de la nuance que tente de maintenir le Poisson Rêveur.

24 janvier 2008

Enfin Deutsche Grammophon en ligne !

Depuis l'ouverture timide de la vente en ligne d'une sélection d'enregistrements il y a un peu plus d'un an par Deutsche Grammophon (le "DG Concerts" - cf note du 25 novembre 2006), le prestigieux label propose enfin une véritable plate-forme complète de chargement en ligne.

En effet, depuis fin novembre 2007, Deutsche Grammophon propose en ligne exactement 2 444 titres, soit certainement la quasi-intégralité de son catalogue (page DG Web Shop).

La révolution est donc en marche avec la possibilité de se procurer des titres qui se font de plus en plus rares dans les grands réseaux de distribution de CDs où le rayon Classique devient peau de chagrin et se concentre de plus en plus sur les nouveauté et les meilleures ventes, au détriment du fonds de catalogue.

Deutsche_grammophon_on_lineAutres points importants à porter au crédit de cette opération : l'absence de DRM (vous pouvez copier et graver sur des supports type CD sans limite) et, si vous possédez un iPod, une fonctionnalité très pratique : quand vous utilisez l'utilitaire de chargement proposé par DG qui consiste, une fois le téléchargement complet, à attraper avec la souris la photo de l'album et à la glisser vers la liste de vos titres déjà enregistrés sur iTunes. Ceci conduit alors au chargement automatique de l'intégralité de l'album sur iTunes, donc sur votre iPod à la prochaine synchronisation.

Seuls bémols : le mode de compression MP3 qui ne restitue absolument pas la qualité d'origine des CDs et un prix de vente moyen comparable au CD en magasin (11,99 € en moyenne). Le rapport qualité / prix est donc bien inférieur à celui du CD que l'on doit s'efforcer de commander au magasin (en espérant que le vendeur n'oublie pas de vous rappeler...). On paye donc le confort d'éviter de se déplacer pour ne pas trouver le titre, de commmander et à nouveau de se déplacer ou bien d'attendre au moins 2 jours la livraison après l'achat en ligne. On paie également (rien de choquant) l'absence de DRM...

Je me suis inscrit et ai téléchargé le titre Opera Recital of Giuseppe di Stefano (je ne suis pas un fanatique du bel canto mais ce ténor m'a toujours fait vibrer et il est l'un des mes interprètes préférés).

L'écoute de cet album sur iPod est plus que correcte. Par rapport à un MP3 de base, le compressage de DG est de bien meilleure qualité.

Comme lorsque je l'ai écouté pour la première fois sur un disque vinyle de mon père alors que jeGiuseppe_di_stefano  devais avoir 10 ans, le "Se quel guerrier io fossi!" - "Celeste Aida" de l'acte 1 d'Aida de Verdi m'a à nouveau donné des frissons. Ah nostalgie, quand tu nous tiens !

Si je recommande tout subjectivement le chargement de ce titre, je vous suggère surtout de découvrir la richesse incroyable du fonds disponible (on y passerait des heures ...).

Même si quelques petits points d'ergonomie sont peut-être à revoir, ce site est d'excellente qualité.

Opera Recital - Giuseppe di Stefano - Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino - direction Bruno Bartoletti.

Lien direct vers la page d'accueil de la plate-forme de chargement, ajouté bien-sûr à la colonne de gauche du blog "Musique en ligne".

21 janvier 2008

Effetti e Stravaganze

Avec le sous titre anglais "Affect and Effect in 17th Century Instrumental Music", le CD produit par le label ACCENT propose un panorama intéressant de pièces italiennes et espagnoles pour instruments à vents (cornets à bouquins et trombones) et basse continue (chitarrone et orgue) écrites entre aux XVIème et XVIIème siècles.

L'ensemble qui interprète ces pièces (le Concerto Palatino), propose de découvrir une série de compositeurs de cette époque avec différentes variantes autour du thème "Effetti e Stravaganze". Le principe était d'écrire des compositions pour instruments à vents et qui devaient transcrire, par des effets de virtuosité, des ornementations ou trouvailles harmoniques singulières ou extravagantes, voire des effets d'échos (très à la mode à la jonction des XVIèmes et XVIIèmes siècles), ce que le compositions vocales apportaient déjà à cette époque. Ces canzona s'inspirent très souvent des compositions polychorales très en vogue à l'époque, notamment en musique sacrée (ex : compositions de Giovanni Gabrieli où les choeurs vocaux concertent avec des choeurs d'instrumentaux à vent).

Les cornets à bouquin et les trombones sont souvent apparentés aux interprétations vocales (sur des registres respectivement dessus et dessous) et les compositeurs de l'époque s'ingéniaient à écrire des pièces pour ces instruments et dont la virtuosité devait se rapprocher le plus possible de celles créées pour des chanteurs.

Affetti_e_stravaganze On découvrira dans ce disque très intéressant le panel des différentes "audaces" harmoniques et effets de virtuosité dans des sélections de canzona écrites par une petite quinzaine de compositeurs.

Sur les 15 pièces enregistrées, j'ai sourtout été interpelé par la sonate écrite par Biagio Marini, violoniste vénitien. Cette composition propose, après un démarrage classique des différentes voix en canon, des harmonies imprévisibles et lancinantes assez étranges.

La sonate de Giovanni Battista Fontana (violoncelliste à Bescia), constitue une forme de diminution pour deux voix de ténor également singulière avec de superbes ornementations.

Enfin, dans la série qui reprend les effets d'échos très prisés au XVIème siècle (exemple célèbre parmi d'autres, les Vêpres de Monteverdi), on notera la Canzona "La Moceniga in ecco" de Giovanni Battista Riccio (organiste vénitien). Il part d'une écriture classique en imitation (comme dans le chant polyphonique) afin de construire cet effet singulier d'écho dans les voix. La pièce la plus surprenante dans ce registre est celle de Benedetto Ré, "Canzon à 4 in riposta", où nous sont restitués, avec une rigueur de composition remarquable, des effets d'echos "inversés" assez impressionnants.

Enfin, les deux pièces singulières, assez malicieuses, écrites respectivement par Tarquinio Merula (canzon la "Gallina") qui évoque de façon explicite le caquetage d'une poule et par Marco Uccellini (Aria nona à 3 "L'Emenfredito") qui évoque également le mariage "vocal" singulier de la poule et du coucou.

Ce disque sort de sentiers battus et permet de bien cerner toute l'influence de la seconde pratique de la composition italienne (surtout vénitienne) du XVIème siècle sur les futures créations baroques.

L'ensemble instrumental Concerto Palatino est excellent. Il restitue ces pièces avec justesse et finesse. Pas un seul couac ce qui est un bel exploit avec des instruments anciens poussés aux extrêmes dans des pièces aussi virtuoses.

Ne vous attendez pas à ces canzona brillantes, amples et spectaculaires mais bien à des morceaux de musiques assez intimistes dans la lignée des concerts spirituels.

A noter au passage, mais j'y reviendrai avec une note sur Samuel Scheidt, l'influence de cette musique italienne sur les compositions sacrées luthériennes du XVIIème siècle. A écouter chanter ces cornets à bouquin et trombones, on ne peut s'empêcher de penser aux oeuvres sacrées de Schütz et Buxtehude.

Lien vers le détail de ce disque ainsi que sa description sur le site ACCENT.

Effetti et Stravaganze - Concerto Palatino - Label ACCENT.

18 janvier 2008

Après Radiohead... Tasmin Little

Grâce au lien fourni par Klari dans un commentaire récent et une bonne couverture média, j'ai pu découvrir que la violoniste britannique Tasmin Little vient de se lancer, depuis le 14 janvier, dans la même expérience que le groupe de rock Radiohead (cf. note du 2 octobre 2007).

Little_tasmin_2 Elle vient en effet de mettre en ligne lundi dernier son dernier album «Naked Violin», en proposant le téléchargement gratuit (elle va donc plus loin que le groupe Radiohead qui, comme pour le modèle magnatune.com, laisse à l'internaute le choix de fixer une valeur d'achat). Son pari est de toucher un public le plus large possible et de contribuer à démontrer que la musique classique n'est pas inaccessible ou élitiste dès que l'on brise la barrière économique. Sacrée gageure.

Pour ma part, je suis intimement persuadé que l'accès à la musique dite classique (ou plus généralement à la musique d'une certaine qualité, classique ou non) n'est pas seulement une question de "pouvoir d'achat", pour reprendre un mot qui fait mouche en ce moment dans les médias.

On a des dizaines de milliers de personnes qui paient assez cher pour assister à un concert d'André Rieu alors que d'excellents interprètes sur un répertoire classique qui proposent des places de concerts à des prix très abordables ne font pas salle comble.

Pour revenir au CD versus le téléchargement et l'appréciation de la valeur d'un morceau de musique, il est vrai que le prix du CD n'a fait qu'augmenter depuis ving ans et certainement à un taux supérieur à celui de l'inflation.

Cette opération a au moins permis à la violoniste de faire parler d'elle de façon beaucoup plus efficace et élargie que par l'intermédiaire de la critique traditionnelle de ses enregistrements.

Lien direct la page d'où vous pouvez télécharger "Naked violin". A vous de juger.

Lien direct vers le site abeilleinfo.com pour en savoir un peu plus.

16 janvier 2008

Stabat mater et Vêpres brèves

Concert lundi dernier 14 janvier au Théâtre des Champs-Elysées (TCE). L'ensemble Il Seminario Musicale, sous la direction de Gérard Lesne, inteprète des pièces sacrées italiennes à la jonction du XVIIème et du XVIIIème siècles.

Gérard Lesne prend le parti de nous faire découvrir des musiciens contemporains de Scarlatti (Alessandro), Pergolese, Corelli ou Vivaldi, bien moins connus que ces derniers, et pourtant tout à fait dignes d'intérêt.

Gérard Lesne, assurant la voix d'alto en plus de la direction musicale, est accompagné Lesne_2_3d'Alexandrina Pendatchanska (soprano), Jean-François Novelli (ténor), Edwin Crossley-Mercer (baryton).

Tout d'abord il convient de d'attribuer une mention toute particulière à Alexandrina Pendatchanska qui remplace au pied levé (avec quelques heures uniquement de répétition) une soprano grippée qui devait elle-même remplacer Véronica Cangeni, prévue à l'origine et souffrante. Alexandrina Pendatchanska elle-même toussotait et semblait souffrir de la gorge... Une malédiction s'était visiblement installée sur les sopranos pour ce concert. Elle s'en sort très honorablement malgré des conditions assez difficiles.

Le concert commence avec le Stabat mater d'Antonio Caldara. Ce compositeur vénitien, violoncelliste de formation, a effectué une bonne partie de sa carrière en dehors de Venise, notamment sous la protection du duc de Mantoue puis du roi d'Espagne. Son Stabat mater est d'une facture très classique, assez austère et grave, avec des trames harmoniques visiblement très resserrées. Ce Stabat mater est finalement assez intimiste, touche rare chez les italiens qui optent habituellement pour les couleurs et l'éclat. On sent une certaine influence de Scarlatti.

Durante_francesco_1Viennent ensuite de superbes Vêpres brèves, qui consituent de loin la pièce la plus étonnante de ce concert et composée par Francesco Durante, compositeur napolitain. Dès le Dixit Dominus d'introduction, l'accent est mis sur la théâtralité, l'expression. Pendant toutes ses Vêpres, on a l'impression d'écouter un opéra en miniature avec des solistes qui s'affrontent à coup d'effets de virtuosité et une rythme presque syncopé étonnant et assez rare dans les compositions de cette époque. Une certaine fougue se dégage de cette oeuvre. La petite biographie du compositeur fournie dans le programme indique que ce dernier était "amateur de bon vin, sans lequel il ne pouvait se produire correctement au clavecin"... Le Magnificat de ces Vèpres est superbe.

Le concert se termine avec le Stabat mater d'Antonio Maria Bononcini, violoniste, frère du plus célèbre Giovanni Battista Bononcini. Cette composition a d'emblée un caractère très concertant. Ce Stabat mater, moins grave que le précédent, mise plutôt sur une dualité voix / orchestre particulièrement bien mise en oeuvre et des passages vocaux d'une virtuosité indéniable. Ce Stabat mater est subtil, fin, complexe. Sans effets "faciles", il demande à être écouté attentivement pour en cerner toute la richesse.

Ce programme était une belle découverte. Comme souvent, et pour notre plus grand bonheur, Gérard Lesne est sorti des sentiers battus. L'ensemble vocal était relativement homogène et ce malgré les désistements qui se sont enclenchés en série.

Si la voix de Gérard Lesne est moins véloce qu'il y a quelques années, l'intelligence du texte et l'acuité de sa direction musicale compensent largement ce point. La soprano remplaçante, pourtant elle-même souffrante, a montré des qualités indéniables de phrasé, d'articulation. Jean-François Novelli était très investi avec un timbre léger, même si sa voix souffrait parfois d'un tout petit manque de projection. Edwin Crossley-Mercer campait une basse solide, inébranlable et concentrée mais que l'on aurait aimé plus relachée par moment (un tout petit peu de raideur).

La public a chaleureusement applaudi ce bel ensemble musical qui a pris le risque d'un répertoire relativement difficile mais qui confirme à quel point il excelle sur le répertoire italien à la frange de la musique ancienne et du baroque.

Festival d'expression Internet de Romans

Festival_de_romans_4Le "Festival de l'expression sur Internet" de Romans permet à des blogs de concourir dans différentes catégories. J'y ai inscrit le Poisson Rêveur pour voir... Il est intéressant de constater que l'on peut enregistrer son blog parmi 18 catégories et que lorsque l'on cherche la thématique "musique", on a le choix entre les catégories suivantes :

  • Pop / Rock / Variété : Musiques originales Pop/ Rock / Variété créées de façon individuelle ou collective.
  • Rap / Hip hop / R&B : Musiques originales Rap / Hip hop / R&B créées de façon individuelle ou collective.
  • Electronique : Musiques originales Electroniques créées de façon individuelle ou collective.

J'ai trouvé une catégorie "Blogs Passions". Je m'en sors pas mal cette fois. Des blogs très intéressants étaient d'ailleurs déjà inscrits.

Jugez de vous-même.

Comme pour l'opération Best Of the Blogs de la Deutsche Welle, il y aura un vote des  internautes et un vote séparé d'un jury de professionnel.

La date limite des inscriptions est le 28 février à minuit. Le festival aura lieu à Romans du 19 au 20 avril.

Avis aux amateurs.

Lien direct vers la page d'accueil du site du Festival.

13 janvier 2008

Les plus grands compositeurs par les meilleurs interprètes (sic)

Sous ce titre qui peut paraître assez présomptueux, les équipes Marketing d'Universal Music, on trouvé une accroche pour les lecteurs du Monde à propos d'une opération lancée en partenariat avec le quotidien, le label Deutsche Grammophon (DG) et Radio Classique.

Dans les kiosques hier après-midi, il était possible de se procurer le Monde daté du samedi 12 janvier, avec le Monde 2, mais aussi un CD de DG pour seulement... 1 Euro de plus.

Ce CD comprend les 5ème et 7ème symphonies de Beethoven par Herbert Van Karajan, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Berlin (enregistrements de 1984 / 1985).

Le_monde_dg_3_2 Le livret cartonné qui contient le CD comprend une petite monographie assez bien faite sur les oeuvres en question, et surtout, petite révolution dans la tradition culturelle française, un glossaire avec la définition de plusieurs termes musicaux qui pourraient rebuter les néophytes (par ordre alphabétique : air / aria, cadence, coda, contrepoint...).

Concernant les deux plus fameuses symphonies de Beethoven, je trouve, sans snobisme aucun, que l'intégrale de Karajan enregistrée en 1963 est supérieure à celle du milieu des années quatre vingt. Cette première version était plus fougueuse, audacieuse, surprenante alors que la dernière est desservie par des phrasés exagérement tapageurs et révélateurs d'une auto-satisfaction malheureusement probante de la part du maître (même si l'intensité dramatique est bien là). La version des années quatre vingt bénéficie au moins d'une qualité d'enregistrement remarquable qui fait que, sans tomber dans les tics du jugement des versions d'un même chef, on peut prendre (ou reprendre) un réel plaisir à écouter ces symphonies avec l'Orchestre "le plus majestueux du monde".

Si vous vous êtes procuré le CD de we week-end, je vous propose tout de même ce lien vers youtube pour visionner et écouter une version de 1966 afin de vous faire un idée.

La semaine prochaine, le Monde qui doit paraître vendredi, daté du samedi 19 janvier, comprendra deux CDs avec l'intégrale des concertos Brandebourgeois par le Musica Antica Köln, sous la direction de Reinhardt Goebel pour 4,95 € de plus.

Lien direct vers la liste des parutions prévues et tirée du site lemonde.fr/dg.

Les mauvais esprits diront que l'on tombe encore dans la facilité des "tubes" du classique avec le syndrome de la "collection classique idéale". Pour ma part, si j'étais étudiant fauché lecteur du Monde, je serais bien content d'avoir cette opportunité de collectionner quelques enregistrements d'excellente qualité pour un budget très raisonnable.

J'ai repéré un couplage incontournable des concertos pour piano et pour violoncelle de Schumann respectivement par Martha Argerich et Mstislav Rostropovitch (parution N°5).

11 janvier 2008

Coups de coeur 2007

Coeur2Je ne dérogerai pas en ce tout début de 2008 à la règle bien classique des bilans de l'année en tentant de sélectionner 15 enregistrements, pour la plupart parus en 2007, avec toujours le même critère assez simple : la probabilité élevée que je les écoute à nouveau avec un plaisir au moins comparable à celui éprouvé lors de leur découverte.

S'il n'y en n'avait qu'un à retenir sur 2007, ce serait Amor Sacro, sélection de motets de Vivaldi inteprétés par la soprano allemande Simone Kermes, accompagnée par le Venice Baroque Orchestra, dirigé par Andrea Marcon (label Archiv Produktion) (cf. note du 4 mars 2007).

Paru au début de 2007, ce disque est une très belle réussite et Simone Kermes révèle à quel point est la la soprano colorature idéale sur le répertoire si difficile de la musique vocale de Vivaldi. La complicité avec le chef semble également évidente.

Amor_sacro_vivaldi

Les mêmes interprètes sortent, dans les tous prochains jours, un second album Vivaldi intitulé "Amor profano", cette fois consacré à des arias des opéras du prêtre roux. Je ferai une petite note dès que je l'aurai écouté.