Blog sélectionné par Best Of the Blogs 2007

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30 novembre 2007

pandora.com : à la recherche du génome musical

Je remercie Riadh (qui se reconnaîtra) de m'avoir fait découvrir ce site singulier et intéressant. Il s'agit de pandora.com, créé par un groupe de musicien américains. Leur projet ? Référencer plus d'une centaine d'attributs musicaux de compositions musicales, que l'on pourrait appeler leurs "gènes", afin de reconstituer le génome de chaque morceau de musique.

Logo_pandora_1_3Ainsi, si vous aimez un morceau de musique particulier, les algorithmes du site vont partir des différents attributs associés (ex : la tonalité, le rythme, les harmonies, le phrasé, l'instrumentation, l'orchestration, les arrangements, éventuellement les paroles,...) pour vous suggérer des morceaux de musique de la même filiation, même s'ils peuvent appartenir à des genres différents.

Une page complète vous fournit plus de détails sur ces différents attributs.

Le principe est donc de gérer des références croisées entre morceaux de musiques qui ont les mêmes "gènes", à savoir des similitudes au moins tonales, harmoniques et rythmiques et incarnent un univers musical similaire, voire expriment des émotions de nature comparable.

Depuis peu, le site référence des pièces de musique classique (cf. article du 15 novembre sur le blog de pandora.com).

J'ai fait l'essai avec l'Allegro du 1er concerto brandbourgeois de JS Bach. Vous ne serez pas étonné(e) que le site me suggère quatre concertos de... Vivaldi. La filiation de Bach avec Vivaldi sur l'écriture concertante a toujours été revendiquée par le cantor.

Je vous laisse faire l'exercice avec un air de rock.

Lien direct vers la page d'accueil du site.

28 novembre 2007

Mozart et les interprètes tchèques : suite et fin

Magdalena Kozena - Mozart -
Vidéo envoyée par midu92

Après les Pražák sur les quatuors de Mozart, quoi de plus naturel que d'écouter Magdalena Kožená.

Cette vidéo tirée du site dailymotion.com permet de voir et écouter la mezzo soprano interpréter la Canzonetta "Piu non si trovano" (KV 549), accompagnée de l'Orchestre Philharmonique de Prague, sous la direction de Michel Swierczewski.

Nouvelle démonstration indéniable de la raison pour laquelle Mozart aimait les interprètes tchèques : la musicalité !

26 novembre 2007

Les Pražák subliment les quatuors de Mozart

Je tiens le Quatuor Pražák parmi les meilleures formations de chambre du moment. Depuis que j'ai écouté leur enregistrement exceptionnel des quatuors 12 (le fameux "Américain") et 14 de leur compatriote Dvořák, je suis littéralement tombé sous le charme de la musicalité exceptionnelle de ce quatuor.

J'ai éduqué mon oreille au jeu et aux sonorités des formations légendaires comme les Amadeus, les Italiano, les Julliard ou, plus récemment le Quatuor Talich ou bien, le tout jeune et talentueux Jerusalem Quartet qui a enregistré trois quatuors de Haydn parmi les plus passionnants.

Haydn, voici donc la transition idéale pour parler du tout dernier enregistrement du Quatuor Pražák  et qui regroupe trois des six quatuors écrits par Mozart et dédiés à Haydn : le N°15 en ré mineur, le N°17 en si bémol majeur "La Chasse" et le N°19 en ut majeur "Dissonnant".

J'étais resté il ya plus de quinze ans sur une impression amère laissée par le Quatuor Alban Berg, au jeu arrogant et cérébral. Ce quatuor est un modèle de perfection technique mais qui, selon moi, s'accompagne d'une froideur extrême. Adulé par la critique depuis plus de vingt ans, je n'ai jamais pu m'habituer à la moindre de ses interprétations. Résultat de tout cela, je suis passé à côté de la force et la beauté de ces quatuors pensant naïvement que la musique de chambre était l'un des rares genres qu'aurait pu éviter le génie salzbourgeois.

Mozart_quartets_prazak Le quatuor tchèque est venu brillamment réparer cette erreur. Mozart portait une affection toute particulière aux musiciens tchèques et on comprend bien pourquoi. Les Pražák apportent tout ce que l'on attend de ces quatuors : la vivacité, la respiration, une pointe de "cantabile" et surtout la spontaneité. Grâce à cela, toutes les audaces harmoniques (les fameuses dissonnances du 19ème quatuor), le jeu qui s'instaure entre les différents instruments (un peu comme celui que l'on peut entendre entre les différentes voix d'un opéra de Mozart) prennent un relief singulier. Le subtil équilibre maintenu entre la cohérence de l'ensemble et le détachement, la singularité de chaque archet est prodigieux.

Grâce à ces interprétations, on sent un Mozart qui se hisse presque à la hauteur des chefs d'oeuvre du grand Haydn qui a, par ses quatuors, a tout simplement initié plus de cent ans d'écriture pour le quatuor à cordes. Ce que l'on trouvera de Beethoven à Brahms en passant par Schubert est déjà fondamentalement installé par exemple dans la série des opus 77 de Haydn.

Pour revenir à cet enregistrement mozartien, dès les premières attaques et mesures, on sait que l'on tient là le vrai tempo, l'élégance et la légèreté indispensables mais avec la bonne tension de la ligne et la nervosité qui vont bien. Sans parler des couleurs. Un vrai régal.

Je ne me lasserai jamais de l'Allegro moderato du quatuor en ré mineur qui fait si naturellement la jonction entre Haydn et Schubert. Il donne littéralement le frisson et c'est avec les yeux humides que l'on sort de ce voyage de 7 minutes au royaume de la grâce. Je trouve que ce quatuor est de toute façon le plus beau et le plus schubertien des trois sélectionnés.

Les deux autres sont plus célèbres et se révèlent enfin avec tous leurs atraits. Le quatuor "La Chasse" avec son brin de (fausse) préciosité a toutes la caractéristiques du plus pur style mozartien. Le fameux et splendide Menuet (joué finalement assez vite) l'illustre parfaitement. Le quatuor "Dissonnant" prend quant à lui en effet quelques libertés tonales assez nouvelles pour l'époque. Il préfigure assez bien l'univers beethovénien (très marqué sur le Menuet - Allegro).

Splendide disque hautement recommandé. On attend avec impatience le volume 2 !

Pour couronner le tout, la couverture reprend un des mes tableaux préférés, le magnifique auto-portrait du peintre Louis David : détermination, orgueil, vivacité. Tout la puissance d'un grand portrait qui révèle si bien le caractère du modèle.

Mozart - Quatuors à cordes dédiés à Haydn Volume 1 : K. 421, K.458 "La Chasse", K. 465 "Dissonnant" - Quatuor Pražák - Label Praga Digitals - Distribution Harmonia Mundi.

24 novembre 2007

Enfin quelques concerts archivés sur France Musique !

Logo_france_musique_2 France Musique avance à pas feutrés vers la possibilité de réécouter quelques concerts sur son site Internet. Avec une prudence de vieux chat, notre grande radio musicale se lance dans la rediffusion chaque jour d'une sélection de 5 concerts pendant 24h uniquement avec l'accès direct à la page du site France Musique donnant le détail du concert. Quelle audace ! (;o). On est encore loin de la centaine de concerts écoutables en permanence sur Avro Klassiek, mais on progresse tout de même !

J'attends toujours pour ma part un podcast sur les émissions clé de la station.

Lien direct vers la page "écoute des derniers concerts diffusés".

J'ai sélectionné le concert d'hier vendredi 23 novembre, diffusé à 16h (Concert d'orgue enregistré à la Chapelle Royale du Château de Versailles) interprété par Olivier Latry avec au programme Balbastre, Daquin, Corrette, Sejean, Couperin, Lasceux, Beauvarlet-Charpentier.

Lien direct ver l'activation du player pour écouter ce concert.

Lien direct vers la page France Musique du concert.

Vous pouvez également écouter jusqu'à ce soir le concert donné par l'excellent pianiste de Jazz Bill Carrothers, inventif, décapant, que j'ai découvert grâce à un ami américain il y a un peu plus de dix ans et que je trouve supérieur et plus intéressant que Brad Meldhau.

J'espère que cette initiative s'amplifiera, avec d'ailleurs un peu plus fiabilité (le concert de vendredi 20h proposé sur le player n'est semble-t-il pas celui annoncé sur la page descriptive...).

21 novembre 2007

Naxos.com : le premier label entièrement sur Internet ?

Naxos_1 Avant de recevoir Hervé Niquet dans son émission quotidienne "Deux sets à neuf" sur France Musique, mardi 20 novembre, Lionel Esparza présente une brève sur le label Naxos et décrit à quel point ce dernier a franchi le cap de l'Internet.

Je suis alors allé sur le site pour en savoir un peu plus.

Ce label, connu pour produire des CDs dits économiques a également contribué à faire naître de beaux enregistrements et a fourni un réel tremplin à d'intéressants interprètes (comme le Concert Spirituel avant que ce dernier ne rejoigne Glossa). Il prolonge son rôle d'aiguillon du secteur de l'édition musicale, en mettant en ligne la totalité de son catalogue mais en "streaming".

L'offre proposée est impressionnante. Pour 19,95 Euros (ou 19,95 dollars - il n'y a guère plus que chez Naxos qu'un Euro corresponde encore à un dollar !), Naxos propose de façon forfaitaire sur un an :

    • La possibilité d'écouter plus de 5 000 CDs incluant tout le catalogue des enregistrements Naxos, Marco Polo and Dacapo en qualité FM (20Kbps).
    • L'accès à environ 50 nouveautés par mois.
    • L'écoute de différents genres musicaux (Classique, Musiques de films, Jazz/Blues, World/New Age...).
    • L'accès à des sélections / extraits de vidéos clips Access de BBC/Opus Arte, TDK, Arthaus et du catalogue de DVDs EuroArts .
    • L'accès à tous les podcasts du site.
    • La réception de l'"e-newsletter".

Lien direct vers la page décrivant ce service.

L'accès encore plus complet à la Naxos Music Library est également possible (cette fois pour 150 $ / an...).

La musique classique sur Internet prend enfin forme avec certains labels plus novateurs et entrepreneurs. Merci à Chris Voll pour cet exemple donné aux majors encore timorées.

19 novembre 2007

Mille bonjours !... de Guillaume Dufay

Après une Missa Se la face ay pale de Guillaume Dufay très réussie en 2003 chez Alpha, l'ensemble Diabolus in Musica, sous la direction d'Antoine Guerber, se lance dans les chansons profanes du même compositeur sous le titre de "Mille Bonjours !".

Il faut se rappeler que Guillaume Dufay était déjà considéré à son époque comme un compositeur majeur y compris dans le domaine de la musique profane.

Le disque que vient d'enregistrer Antoine Guerber et son ensemble, regroupe une sélection d'une petite vingtaine de chansons, parmi le corpus de plus de 80 chansons que le maître aurait composées, regroupées en quatre thèmes : Souffrances & deuils, Lounge du Prince, L'amoureux transi (tout un programme), Joies et fêtes.

Dufay_mille_bonjours_2 Avec un souci de véracité et une minutie qui caractérisent cet ensemble vocal et orchestral, ces chansons revivent avec force et révèlent tous leurs mystères. Les racines médiévales sont encore bien présentes, même si les premières audaces harmoniques de la Renaissance se font déjà entendre. Le fait que l'éditeur ait choisi un parchemin de Jean Fouquet pour illustrer la couverture de la pochette du disque n'est bien-sûr pas un hasard. Tout comme les enluminures du peintre français, ces chansons de Guillaume Dufay sont en effet des miniatures, d'un raffinement extrême. Elles utilisent les modes les plus courants, voire les plus populaires (la ballade, labergerette, le rondeau...) pour, à chaque fois, fournir un prétexte à l'expression très maîtrisée du contrepoint, tout en conservant une vraie fraîcheur et un naturel confondant.

Elles fournissent en outre l'occasion de découvrir les sonorités singulières et charmeuses d'instruments d'époque comme le clavicytherium (quatre airs sont d'ailleurs interprétés uniquement avec cet instrument à la sonorité fine, presque diaphane), la guiterne et la vièle à archet.

Mes chansons préférées dans cet album sont celles associées aux Souffrances et aux deuils. Notamment la superbe "Helas mon deuil, a ce cop sui je mort".

Même si je reste pour ma part surtout profondément attaché aux messes de Guillaume Dufayces chansons constituent une belle découverte qui, comme le Quadrivium (cf. note du 18 juin 2007), permet de confirmer à quel point l'art de la composition de Guillaume Dufay, reposant pourtant sur des règles très savantes, avait aussi pour objectif de revenir à une certaine simplicité, limpidité.

Lien direct vers le label Alpha pour plus de précisions et écouter un extrait.

Guillaume Dufay - Mille Bonjours ! - Ensemble Diabolus in Musica - Direction Antoine Guerber - Label Alpha.

17 novembre 2007

Haendel sur Internet : un site intéressant

Haendel1 On peut retrouver sur Internet des sites personnels de passionnés, ou d'associations, dédiés à des compositeurs et qui peuvent fournir une introduction assez complète à l'oeuvre de ces derniers.

C'est le cas de ce site dédié à GF Haendel.

J'ai ajouté une rubrique "Les compositeurs sur Internet" (colonne de droite du blog) regroupant les liens vers des monographies sous forme de sites Internet dédiés et dignes d'intérêt et qui, bien-sûr, continuera à s'enrichir.

16 novembre 2007

BEST OF THE BLOGS 2007... suite et fin

THE BOBs

Le vote du jury the l'opération Best of the Blogs a décerné hier le prix du meilleur blog en langue française au blog "Actualités de la République démocratique du Congo", tenu par un journaliste congolais (Cédric Kalonji) et qui apporte un regard critique mais positif et rempli d'espoirs sur son pays. Le jury récompense donc en toute logique un site qui répond en tous points aux critères de ce que l'on peut attendre d'un blog : l'engagement personnel, le partage d'une réflexion avec une communauté d'internautes, avec surtout le compte rendu intelligent de problématiques sociales et politiques d'actualités.

Félicitations au lauréat !

Félicitation également au weblog sacré meilleur blog toutes catégories. Il s'agit d'un blog biélorusse Photomanie qui va droit au but avec sa sélection quotidienne de photos.

Merci encore d'avoir soutenu le Poisson Rêveur, tout fier de terminer 3ème du vote des internautes sur les 10 blogs sélectionnés dans la catégorie meilleur blog en français. Médaille de bronze ;o) !

15 novembre 2007

Magdalena Kožená : le chant baroque enfin incarné ?

Concert lundi dernier 12 novembre au Théâtre des Champs-Elysées (TCE). Magdalena Kožená interprète des arias d'opéras de Haendel, accompagnée par le Venice Baroque Orchestra, sous la direction d'Andrea Marcon. Ces arias sont ponctuées par des concertos et une sinfonia de Vivaldi.

Le détail du programme est le suivant.

Ce concert reprend pour partie les arias du disque que viennent de sortir ces mêmes interprètes chez Archiv Produktion.

Les lecteurs du Poisson Rêveur savent combien j'admire Magdalena Kožená qui est certainement au sommet de son art. Parmi les innombrables albums de récital que se sentent obligés de sortir les grandes voix du circuit à coup de surenchères de vocalises sur des arias baroques d'un intérêt d'ailleurs très variable, la mezzo slovaque a pris le pari risqué de sortir du lot en enregistrant.... une sélection d'arias d'opéras de Haendel !

Cette audace s'avère d'une redoutable efficacité. Elle n'a visiblement jamais interprété les arias qu'elle a sélectionnées et certaines d'entre elles sont magnifiques. Quelle alchimie a donc fait que Magdalena Kožená ne tombe pas dans le piège du Nième récital ?

Kozena_haendel_marcon_2 Tout simplement le fait qu'elle incarne avec force et conviction ses caractères (Alcina, Agrippina, Sesto, Ariodante, Theodora...) en leur conférant - enfin ! - de la chair et des larmes. Anne-Sofie Von Otter avait déjà effectué une partie de ce parcours risqué, avec sa touche de sensualité irrésistible. Cependant, ses interprétations manquaient encore de densité, de cette sorte de folie, de désespoir que sont sensés atteindre les personnages des drames haendéliens. Cecilia Bartoli a apporté, avec la vélocité incroyable de sa voix, plus de l'éclat que de pathos. C'est donc enfin Magdalena Kožená vient qui nous rappeler à juste titre que les protagonistes de ces opéras sont soit meurtris par le chagrin, soit fous de rage et avides de vengeance, soit écartelés par les tourments et les regrets.

Elle prend alors une option étonnante, mais finalement tout à fait intéressante, d'une expressivité hors du commun, en marquant plus les traits, sans pour autant les forcer, avec une voix qui, comme un caméléon, change subitement de couleur, passant des teintes les plus vives aux tons les plus sourds. La voix peut même devenir presque rauque, avec des phrasés très marqués, comme si les rôles étaient parfois sur-joués. Tout cela ne tombe toutefois pas dans la caricature.

Le panorama est alors très complet. Il commence avec le sublime air "With darkness deep" (Theodora), ténébreux et empli d'un mystère envoûtant. Il se prolonge avec "Scherza infida" aria d'Ariodante qui est le sommet, tant du concert que de l'album. Cette aria alterne désespoir, mélancolie, colère pour arriver au basculement ultime avec le mot "a morte" prononcé avec une expressivité qui donne le frisson. Il ne fallait simplement pas regarder lundi dernier les deux violoncellistes de l'orchestre qui marquaient leurs pizzicati d'expressions malicieuses et d'une gestuelle burlesque dignes des Marx Brothers (ces vénitiens ont vraiment un sens inné du second degré...).

La chanteuse continue le "Cara speme" (Sesto de Giulio Cesare") où la voix est accompagnée d'un solo de violoncelle presque nonchalant et très émouvant. Elle termine enfin par le célèbre "Ah ! mia cor !" d'Alcina et le "Dopo Notte" d'Ariodante.

La maîtrise vocale de Magdalena Kožená est tout simplement parfaite. Sa virtuosité est entièrement au service de cette audace interprétative, avec un timbre voluptueux, une voix très bien portée et canalisée ainsi qu'un phrasé très expressif.

L'ensemble Venice Baroque Orchestra, que j'avais découvert dans les enregistrements des concertos de Vivaldi avec Giuliano Carmignola (cf. note du 30 octobre 2006) cisèle avec finesse les motifs orchestraux et soutient de façon admirable la soliste. Cet ensemble restitue un son très racé et de superbes couleurs.

L'interprétation des concertos de Vivaldi qui alternent avec les arias s'est faite avec vivacité mais élégance, sans excès. Cela change des outrances et approximations d'un Fabio Bondi.

Très beau concert d'une chanteuse envoûtante dont la complicité avec l'orchestre est évidente.

On peut ne pas aimer cette dernière option. Pour ma part je la respecte complètement.

A noter que la dernière aria de l'album n'est autre que le célèbre "Lascia la spina" également interprété de façon magistrale par Cecilia Bartoli. Intéressant de comparer les deux approches.

Lien direct vers l'album des mêmes interprètes, tiré du site Deutsche Grammophon.

PS : malgré leur qualité indéniable, je dois avouer que ce concert et l'album associé, n'ont tout de même pas réussi à me procurer un choc aussi fort que l'association Magdalena Kožená / Marc Minkowski sur les Cantates Italiennes de Haendel, sous le même label (cf. note du 27 septembre 2006).

14 novembre 2007

Mozart par Boris Vian

Je suis sûr que Wolfgang Amadeus aurait aimé :o). Même Boby Lapointe n'y avait pas pensé !

Si vous voulez vous procurer les paroles de cette chanson très profonde, digne des meilleurs potaches, et écrite par Boris Vian et Géo Dorlis, lien direct vers le site suivant.

Très beau titre digne d'un slogan ! ("Mozart avec nous").

13 novembre 2007

BEST OF THE BLOGS 2007 : attaque pirate

THE BOBs

Désolé de vous parler à nouveau de cet évènement, mais les blogs en finale, dont le Poisson Rêveur fait partie, on reçu un mail de l'organisation des BOBs 2007 indiquant que le site de la Deutsche Welle avait fait l'objet d'une attaque de hackers qui auraient eu un impact négatif sur la réalité des votes de internautes. Celle-ci a été désormais rétablie mais il se peut que des votes réels n'aient pas été pris en compte.

Le message reçu est exactement le suivant :

"Chers finalistes,

notre site a fait l'objet d'une attaque de hackers. L'attaque est maîtrisée et concerne un laps de temps restreint, les résultats affichés désormais sur le site reflètent donc la tendance générale des votes. 
Mais n'hésitez pas à informer vos lecteurs.

Nous vous prions d'accepter toutes nos excuses pour cet événement
."

Dans le bénéfice du doute, si vous avez le courage de revenir voter pour le Poisson Rêveur, je vous remercie infiniment d'utiliser ce lien (ou bien la vignette sur la colonne de gauche du blog).

Il reste 3 jours (aujourd'hui compris). Merci encore pour votre soutien au Poisson Rêveur !

12 novembre 2007

Vadim Repin sur Beethoven : la touche apollinienne

Difficile de relever le défi sur deux monuments pareils : le Concerto pour violon et orchestre en ré majeur et la fameuse Sonate pour violon et piano en la majeur "A Kreuzer" de Beethoven.

C'est le pari réussi qu'a pris Vadim Repin avec deux partenaires incroyablement complémentaires au violoniste : Riccardo Muti avec le Philharmonique de Vienne sur le concerto et Martha Argerich sur la sonate.

Du très haut de gamme donc. Par le passé, la rencontre de grands interprètes qui ne se pratiquaient guère a souvent conduit à des échecs cuisants. Ici ce n'est pas le cas. Le pari est assez réussi.

La cohabitation de fougueux et sanguins partenaires (Muti et Argerich) avec ce violoniste russe qui, pour moi, incarne le comble du raffinement, conduit à un équilibre qui ne semblait pas a priori évident.

Sur le Concerto pour violon, Riccardo Muti annonce la couleur dès l'ouverture : phrasé sec et tranchant, orchestre rugissant. On ne plaisante pas : c'est la virilité beethovénienne exaltée qui nous est servie. Vient alors le chant aérien, diaphane de Vadim Repin mais avec un tout petit grain dans la sonorité et un très léger vibrato qui confèrent à cette dernière un charme irrésistible. Vadim Repin impose alors son chant apollinien, modèle d'équilibre, domptant naturellement le fauve orchestral qui l'accompagne.

Sa version du final du premier mouvement, racée et élégante donne le frisson. Dommage que Riccardo Muti soit exagérément tonitruant (un anti Giulini par excellence !).

Repin_beethoven_5Sur le deuxième mouvement, le Philharmonique de Vienne nous révèle son identité sonore unique (sonorités denses et mates). Le violon nous emporte avec son chant elégiaque. Version méditative d'une mélancolie poignante.  Dommage encore que Riccardo Muti s'acharne à ignorer certaines nuances et alourdisse inutilement le propos lorsque l'orchestre part seul.

Sur le fameux Rondo final, le violon virevolte comme un oiseau malicieux mais malheureusement, le chef s'obstine à confondre son orchestre avec une grosse caisse. Finalement, tout ceci ne met que mieux encore en valeur la finesse irrésistible du jeu de ce violoniste exceptionnel. Ce dernier nous délivre une très intéressante version de ce concerto pourtant ultra joué : contours bien ciselés, timbre rayonnant et propos alternant tantôt une sérénité inaltérable, tantôt une mélancolie touchante. Tout cela avec une maîtrise impeccable des nuances. Du grand art. Au total, trois quarts d'heures de raffinement dans un monde de brutes.

Sur la célèbre sonate pour violon et piano "A Kreuzer", la fusion entre Vadim Repin et Martha Argerich est totale. Tout au long de la sonate, les deux jeux en apparence si opposés se complètent à merveille. Avec ses accords puissants, Martha Argerich, ponctue régulièrement les trois mouvements de cette sonate. La plénitude de son jeu ne couvre absolument pas la sonorité solaire et acérée du violoniste. Martha Argerich est complètement à l'écoute et adapte de façon extraordinaire son jeu au phrasé de Vadim Repin tout en confirmant son sens littéralement génial du rubato. Ce qui est marquant sur cette version, c'est la maîtrise absolue du toucher et de la pédale qui font que le piano agit comme une seconde voix qui continue à accompagner avec la même intensité le violoniste, tout au long d'une note prolongée avec l'archet. Cette version de la sonate en la majeur est d'une véhémence parfaitement maîtrisée. La fameux Andante est vraiment splendide.

A noter également la