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31 juillet 2007

Au bord de la mer

MerLe Poisson Rêveur se rend vers la vraie mer pour plusieurs jours. Il continuera à publier (plus doucement) et avec une connexion bien plus limitée. Il vous demande donc par avance de l'excuser s'il répond tardivement à vos commentaires éventuels.

Merci encore pour votre fidélité.

WGBH Classical : excellente webradio classique américaine

Wgbh_2Dans la petite pêche aux webradios, le Poisson Rêveur a trouvé la webradio bostonienne wgbh.org/classical/. Si vous comprenez bien l'anglais, les intervenants ont l'accent de la côte Est, plus abordable, plus classique et surtout plus agréable que l'accent américain moyen.

Le programme est très complet avec notamment un calendrier assez intéressant de retransmissions de concerts.

Ajoutée à la liste des webradios du wbelog (colonne de gauche).

Lien direct vers le site de la webradio.

Lien direct vers le Classical Music Group créé par la même radio.

Bonne écoute.

28 juillet 2007

Morceau choisi N°7 : la jeune fille et le Rossignol - Goyescas d'Enrique Granados

La découverte (tardive) des Goyescas pour piano de Granados, grâce à ma chère professeur de piano, fut pour moi un véritable choc. Les évocations poétiques de cette oeuvre sont vraiment envoûtantes.

Grnados_larrocha On y retrouve aussi bien le style le plus romantique (ex : la jeune fille et le rossignol) que des passages annonçant la musique contemporaine (le magnifique et presqu'effrayant l'amour et la mort sur la partie 2).

Je ne me lasse jamais de La fin des Goyescas partie I (Los majos enamorados) avec le splendide air de la jeune fille et du rossignol. Cet air est repris de façon tendue et dramatique dans le chaos du début de la seconde partie (Los majos enamorados).

La plus belle version est incontestablement celle d'Alicia de Larrocha (label DECCA), puissante et saturée de couleurs vives, jusqu'au noir le plus profond. Le coffret de 2 CDs comprend également les célèbres suites Iberia et Navarra d'Albeniz.

25 juillet 2007

Virgin mega-classique.fr : enfin un site dédié avec le niveau de qualité attendu

Permettez-moi tout d'abord d'adresser toutes mes excuses aux visiteurs habituels du Poisson rêveur pour l'indisponibilité hier soir du serveur typepad pour raison... de panne d'électricité à San Francisco !

Je viens enfin de tester le site virginmega dédié à la musique classique (virginmega-clasique.fr). Le catalogue est plus que correct et présente même des albums qui ne seraient pas disponibles en CDs (difficile de vérifier).

J'ai téléchargé deux titres assez différents :

  • l'intégrale des Concertos pour mandoline de Vivaldi par le légendaire ensemble I solisti Veneti sous la direction de Claudio Scimone (label Apex / Erato),
  • la série de cantates Membra Jesu nostri de Buxtehude, par le Bach Collegium Japan, sous la direction de Masaaki Suzuki (label BIS).

Les deux disques sont téléchargés au format WMA, dont la qualité sonore est très acceptable, en tout cas supérieure à celle du mp3 lié au site iTunes.

Vivaldi_concertos_mandolines_scim_3 L'album Vivaldi n'est de toute façon pas d'une qualité d'enregistrement exceptionnelle. Le son est sec, sans profondeur et assez métallique. En revanche, l'interprétation de ces célèbres concertos est vive, nerveuse et les solistes ont par leur jeu affirmé, presque autoritaire, une réelle présence. Toute la vitalité de ces concertos est retranscrite admirablement par Claudio Scimone.

La série des sept cantates Membra Jesu Nostri de Buxtehude et, comme pour celles de JS Bach, restituée par Masaaki Suzuki et son ensemble avec une grande finesse. La qualité d'enregistrement est bien supérieure avec une image stéréophonique bien plus fournie et une dynamique incomparable. Les cantates de Buxtehude, comme je l'ai indiqué dans la note du 16 juillet dernier, Buxtehude_suzuki sont vraiment de pures merveilles. Contrairement à celles enregistrées par le Ricercar Consort, celles-ci sont plus amples, un peu plus dans la logique des cantates chorales de JS Bach. Avec une apparente simplicité, les différentes arias de ces cantates sont finalement d'une grande richesse harmonique et une impression d'élégance et d'élévation ressort inévitablement. C'est vraiment splendide. La netteté des contours dont Masaaki Suzuki a le secret fait ressortir la beauté de cette musique.

Chacune des cantates fait référence à une partie différente du corps du Christ. Des concertos alternent avec des arias d'une à cinq voix.

Un petit bémol lié à un point que je trouve pour ma part un peu énervant : entre chaque aria, on revient à un silence qui ressort trop en creux à l'écoute par rapport aux CD où l'on reste sur la même dynamique. C'est certainement dû au fait que chaque plage étant prévue pour être vendue à l'unité, elle constitue une entité autonome. L'effet est vraiment désagréable quand on enchaîne 39 plages comme sur cet enregistrement.

Enfin, il est vraiment dommage qu'on ne puisse pas télécharger la moindre notice ou disposer ne serait-ce que du nom des solistes ! Il est vrai que les amateurs de musique classique ont encore un besoin de précision sur les instrumentistes ou chanteurs, ainsi que sur le contexte de la composition des oeuvres écoutées qui ne traversent visiblement pas l'esprit des concepteurs de ce type de site. On doit en outre estimer que cela coûte trop cher de scanner au format pdf toute la documentation associé aux titres à télécharger.

Prix du téléchargement de chaque album : 9,99 Euros. Prix psychologique.

Bref, contrairement à ce que l'on dit de plus en plus, les CDs et leurs beaux livrets ne sont peut-être pas encore morts.

Lien direct vers le site virginmega-classique.fr (il figure de toute façon dans la colonne de gauche du weblog, rubrique MUSIQUE EN LIGNE).

24 juillet 2007

La morte d'Orfeo de Stefano Landi : sombre et retenu

Je suis très partagé à l'écoute de La morte d'Orfeo de Stefano Landi, enregistré par l'ensemble Akadêmia, sous la direction de Françoise Lasserre.

Composé après l'Ofeo de Monteverdi, cet opéra assez sombre se concentre sur l'épisode faisant suite à la mort d'Eurydice avec cette fois, la terrible fin d'Orphée, jeté au sort des Ménades.

Orfeo_landi_akademia_2 La musique de Stefano Landi reste dans la veine de celle de Monteverdi mais s'avère, je trouve, souvent moins inventive et puissante. On y retrouve notamment aussi bien les mélismes qui annoncent les futures vocalises des opéras baroques mais également quelques procédés comme les voix en écho, utilisées notamment par Monteverdi dans ses Vêpres.

Un passage toutefois mérite d'être souligné, celui de la scène 3 de l'acte I où le trio des esprits aériens ("Tre Euretti") part dans une évocation des oiseaux avec des vocalises superposées dont l'effet est saisissant et audacieux pour l'époque (elles démarrent au minutage 6'38" de la plage 5) sur le terme "gazouillez à l'envi et chantez, en rivalisant, l'anniversaire d'Orphée" (a gara gorgheggiate, gareggiando cantate il Natale d'Orfeo). La virtuosité des trois sopranos est prodigieuse.

A noter également la scène de Nysa (scène 2 de l'acte III avec les voix en écho du chant de Nysa).

Enfin, à noter l'étonnant et expressif air à boire de la scène 2 de l'acte V où Charon (interprété par un Dominique Visse dans un registre bien plus grave que celui où il opère habituellement, et avec un beau timbre capiteux) invite Orphée à boire l'eau du Léthé (minutage 8'05"). Le basson au jeu appuyé qui accompagne Charon souligne le grotesque du personnage. Grâce notamment à l'expressivité de Dominique Visse, cet air dénote avec l'atmosphère générale asez contenue de cet opéra.

Malgré tout cela, l'écoute de cet opéra me laisse dans l'expectative. Je crois que la direction musicale de Françoise Lasserre y est pour beaucoup. L'ascétisme et cette exigence absolue qu'elle se fixe pour s'élever, dans le registre de "l'émotion pure" (pour reprendre ses propres termes) conduit paradoxalement à un climat particulièrement glacé. J'ai entendu des oeuvres sacrées dirigées avec plus de fougue et de chaleur. Certes, cet opéra est particulièrement sombre mais sa noirceur ressort avec une raideur assez intimidante. Les affects sont quasiment absents et on sent à quel point les chanteurs, pourtant tous excellents, sont enfermés dans un carcan qui les rend finalement désincarnés.

C'est beau, hiératique mais sans aspérité et je dois avouer m'être parfois ennuyé tant cette rigueur assèche le rendu des différentes sonorités. Même le final n'a pas l'éclat attendu.

Il est dommage d'obtenir ce résultat avec des chanteurs d'un tel niveau d'excellence (Guillemette Laurens, Dominique Visse, Cyril Auvity et le jeune et talentueux contre-ténor Damien Guillon).

Lien ves la description du disque sur le site Zig-zag Territoires avec des extraits.

Stefano Landi - La Morte d'Orfeo - Ensemble Akadêmia - Direction Françoise Lasserre - label Zig-zag Territoires.

20 juillet 2007

Nathan Milstein (2)

Cette note fait suite celle du 4 juin consacrée à Nathan Milstein, et qui contenait un petit film déniché sur Dailymotion (interprétation du prélude de la 3ème partita en mi majeur de JS Bach).

Un très intéressant coffret DVDs est sorti il y a deux mois, consacré à ce violoniste d'exception, dont la musicalité et l'inventivité permanente m'ont toujours fasciné. Les films, produits par Christopher Nupen, regroupent une série d'interviews du maître, ponctuées par des passages du concert exceptionnel qu'il avait donné à Stockholm en 1986 avec Georges Pludermacher (DVD1). En DVD2, on retrouvera l'intégralité de ce concert.

Nathan_milstein_in_portrait_2Les interviews, comme toujours dans ce genre d'exercice, sont émaillés d'anecdotes quelquefois croustillantes. On peut se faire une idée très précise du caractère et de la personnalité de Nathan Milstein. Cet homme d'une intégrité absolue, parle avec détachement de son talent hors du commun. C'est un modèle  de lucidité et d'élégance.

Les entretiens avec Pinchas Zukerman sont très révélateurs. A la question un peu bateau (qui fait partie de ce conventionnalisme anglo-saxon) "qu'est-ce qui fait que votre son soit si spécifique ?", Nathan Milstein répond tout naturellement : "c'est comme ça". Il prend comme credo l'absence de compromis, et surtout, l'invention permanente, que ce soit un doigté différent ou une façon d'aborder un phrasé. "Si on n'est pas capable d'inventer, il ne faut pas être violoniste"...

Dans les moments forts du reportage, j'ai particulièrement retenu les extraits du concert consacré à un Caprice N°13 de Paganini d'une densité saisissante et une opération de charme absolue avec l'Introduction et Tarantelle de Sarasate. Sur cet air pour lequel Nathan Milstein voue une affection toute particulière, il ne peut dissimuler son plaisir pendant l'interprétation. Il a 82 ans et a dû interpréter cette pièce des centaines de fois. Le plaisir reste intact.

Il n'y a guère que Claudio Arrau ou Wilhelm Kempf au piano qui auront su, tout comme Nathan Milstein, conserver une telle sûreté de geste et se soient continuellement bonifiés, y compris sur les dix dernières années de leur vie.

Nathan Milstein, avec ses 73 ans de carrière est un "Maître de l'invention" et un homme d'une immense modestie. Comment ne pas être profondément marqué par une telle personnalité ?

Nathan Milstein in Portrait - (Some memories of a quiet magician) - The Christopher Nupen Films (2 DVDs).

18 juillet 2007

Radio Classique : êtes-vous dans la cible ?

Cible_johns_2Cela faisait un certain temps que je n'étais pas allé visiter le site radioclassique.com. Cette radio, passée maître dans l'art de gérer la diffusion de musique dite classique comme un chef de produit gère son Marketing Mix, nous propose un panel de web radios, qui résultent certainement d'un travail élaboré de regroupement de ses différents auditeurs dans des segments de marché.

A vous de voir dans quelle catégorie vous vous situez (ceci pouvant d'ailleurs dépendre de l'humeur du moment). Vous avec le choix entre :

  • la web radio des musiques de films,
  • la web radio zen.o.buro - sous-titre : "Travaillez sans stress" (je rêve !),
  • la web radio lounge - sous-titre : "Ressourcez-vous" (il fallait oser),
  • la web radio R'Classiques - sous-titre : "Toutes les musiques pour se détendre".

Concernant la fameuse zen.o.buro (même type de phraséologie que le poldomoldave du chimpanzé qui vante les mérites d'OMO), j'avais fait une petite note le 24 avril sur le sujet.

Quand on teste ces différents produits, on peut vite devenir incollable sur les tubes du Classique. Cela s'avère bien utile pour briller dans les dîners entre chefs de produits parce qu'il faut avouer le nombre de fois où l'on se dit :  "mazette, je connais cet extrait mais n'arrive pas à donner un titre...".

Ne vous détrompez toutefois pas. Je respecte complètement les auditeurs qui se retrouvent dans cette offre. Je ne désire simplement pas, pour ma part, m'y laisser enfermer.

Lien direct vers la page d'accueil de ces différentes web radios.

16 juillet 2007

Une belle initiation aux cantates de Buxtehude : la version du Ricercar Consort

Pour faire suite à la note précédente sur Dieterich Buxtehude, le label belge Ricercar a eu la très bonne idée de rééditer le coffret de deux CDs consacré à certaines de ses cantates et enregistré par le Ricercar Consort, dirigé à la basse de viole par Philippe Pierlot (enregistrements effectués entre 1985 et 1990).

Les habitué(e)s du Poisson rêveur savent quelle admiration je voue à cet ensemble et à ce violiste. Ils ont plus récemment produit de superbes disques avec des chanteurs aussi remarquables que Carlos Mena (cf. notes du 9 octobre 2006 et du 12 mai 2007).

Cette fois, l'ensemble vocal regroupe des chanteurs qui ont dominé le répertoire ancien et baroque entre la fin des années soixante dix et le début des années quatre vingt dix (notamment la soprano Agnès Mellon, le contre-ténor James Bowman et la basse Max Van Egmond).Buxtehude_ricercar_1_3

Les cantates de Buxtehude, contrairement à celles de son "digne successeur" JS Bach sont plus assimilables aux concerts spirituels de Heinrich Schütz. Ces pièces, centrées sur une aria, comportent un petit effectif vocal, dans une logique volontairement intimiste. Cela n'empêche pas une certaine richesse dans les harmonies et les couleurs restituées par les voix comme par les instruments. Les cantates sélectionnées dans ce coffret sont splendides.

On est d'emblée saisi par le naturel de l'ensemble orchestral et vocal. Cette limpidité s'impose comme une sorte d'évidence. Il n'y a aucune afféterie et les compositions de Buxtehude sont révélées avec une assurance et une musicalité incomparables. Le trait est net, précis, léché. La diction des solistes est parfaite. A noter également la qualité remarquable de l'enregistrement, ce qui n'est malheureusement pas si fréquent (la légère réverbération due à un enregistrement en église n'est pas gênante, surtout lorsque l'on a l'habitude des concerts dans ce type de lieux).

Lien direct vers la description du coffret sur le site du label Ricercar, avec la possibilité d'écouter un extrait.

Coffret  hautement recommandé.

Collection Deutsche geisltliche Barockmusick - Cantates de Dieterich Buxtehude - Ricercart Consort - Label Ricercar.

15 juillet 2007

Buxtehude méconnu et célébré

Buxtehude1_2 L'excellente émission Musique en Mémoire sur Espace 2 (Radio Suisse Romande) avait consacré en mai une série sur Dieterich Buxtehude, mort il y a tout juste 300 ans. On ne peut écouter JS Bach (notamment ses cantates) sans ignorer la production de ce grand compositeur, passé dans les oubliettes des programmes de concerts et de la production discographique.

Lien direct vers le site permettant d'écouter les émissions.

Bonne écoute.

13 juillet 2007

Intégrale des cantates de JS Bach par Masaaki Suzuki : volume 35

Le volume 35 de l'intégrale que consacre le chef japonais Masaaki Suzuki à la tête de son ensemble le Bach Collegium Japan confirme encore son intelligence du texte.

Tout en suivant l'ordre chronologique de composition des cantates (cantates écrites en 1725), ce disque comprend tout de même des oeuvres de natures assez différentes. Deux cantates plus festives et brillantes se détachent nettement du lot. Il s'agit des BWV 128 (Auf Christ Himmelfahrt allein) et surtout la BWV 74 (Wer mich liebet, der wird mein Wort halten). Ces deux cantates ont une belle ampleur et se révèlent assez chatoyantes.

Suzuki_bach_35_3La BWV 128 demande des véritables exploits de la part des solistes. L'impressionnante aria pour basse, doublée par la trompette, fourmille de doubles croches. Peter Kooij, que j'avais trouvé un peu routinier sur les derniers enregistrements s'en sort admirablement. La très belle aria pour  alto et ténor apporte un contraste saisissant, avec une quiétude toute souveraine.

D'une façon générale, les arias pour alto sont superbes et je trouve que Robin Blaze, devenu maintenant l'un des piliers de l'intégrale Suzuki, se bonifie au fil des différents enregistrements.

Je retiendrai la belle et grave aria de la cantate BWV 67 ("Vergib, o Vater, unsre Schuld"). Il développe un superbe legato qui confère un son chant une certaine limpidité.

La performance des deux interprètes japonais (la soprano Yukari Nonoshita et le ténor Makato Sakurada) reste plus que correcte, surtout lorsque l'on imagine tout le travail sur l'articulation et le phrasé que nécessitent ces arias.

Encore un enregistrement qui révèle toute la pertinence des choix de tempo, de phrasé, de composition orchestrale de Masaaki Suzuki. C'est bien le seul chef qui, maintenant la bonne tension de la ligne, reste au plus près du texte et nous fait découvrir avec une simplicité désarmante toute la puissance de l'écriture du Cantor.

Lien direct vers le tracklisting du disque sur le site du label suéduois BIS.

NB : j'ai regroupé les notes relatives à cette intégrale dans la catégorie "Anthologies".

Cantates de JS Bach - Volume 35 - Bach Collegium Japan - direction Masaaki Suzuki - Cantates BWV 74, 87, 128 et 176 - Yukari Nonoshita (soprano), Robin Blaze (contre ténor ), Makato Sakurada (ténor ) , Peter Kooij (basse) - Label BIS.

11 juillet 2007

Motets d'Andrea Gabrieli sur Avro Klassiek

Gabrieli_andreaUn concert très intéressant de plus déniché sur le site Avro Klassiek. Il s'agit d'une série de motets d'Andrea Gabrieli (l'oncle de Giovanni Gabrieli). Ce compositeur vénitien, contemporain de Roland de Lassus, était premier organiste à la Basilique Saint-Marc à Venise. Il assure la jonction entre la polyphonie de la Renaissance et l'émergence de la musique baroque. Cette jonction est prolongée notamment par la filiation avec son neveu.

Le concert, entièrement dédié à des psaumes mis en musique par Andrea Gabrieli, est de très haute tenue car il est interprété par un des plus grands spécialistes de la musique de cette période, à savoir Paul Van Nevel, à la tête du Nederlands Kamerkoor et du Huelgas-ensemble.

Les psaumes sélectionnés pour ce concert sont les suivants :

  • Domine ne in furore tuo arguas me - Psaume 6.
  • Beati quorum remissae sunt iniquitates - Psaume 31.
  • Miserere mei Deus - Psaume 50.
  • Domine exaudi orationem meam - Psaume 101.
  • De profundis clamavi ad te Domine - Psaume 129.
  • Domine exaudi orationem meam - Psaume 142.

L'interprétation restitue une atmosphère certaine de recueillement. Les voix ont parfois de belles envolées célestes (ex: minutage 12' 15"). Ces psaumes se sont déjà largement affranchis de leurs racines médiévales et révèlent une architecture très aérienne, avec des harmonies denses et assez riches. Ce n'est pas un répertoire d'un accès très facile mais une écoute attentive nous plonge indéniablement dans la beauté des nouveaux horizons musicaux expérimentés à la Renaissance.

J'ai ajouté ce très beau concert à la rubrique CONCERTS & EXTRAITS MUSICAUX sur la colonne de droite du blog.

Lien direct sur l'écoute du concert via le site Avro Klassiek.

Bonne écoute.

09 juillet 2007

Régine Crespin : la voix de velour

La presse a largement couvert la mort, le 5 juillet dernier, de Régine Crespin, l'une des plus grandesCrespin_rgine_2 cantatrices françaises, à l'âge de 80 ans.

La Radio Suisse Romande, avec sa chaîne Espace 2, avait dédié début juin une série sur Régine Crespin dans  l'émission "D'un air entendu" de Daniel Robellaz, sous le titre "Régine Crespin, la voix de velour".

Lien direct vers les archives de cette émission où vous pourrez écouter des extraits nombreux et variés des différentes interprétations d'une des grandes voix du XXème siècle.

Morceau choisi N°6 : Pagode (Estampes) de Claude Debussy

Ce morceau aurait inspiré Claude  Debussy à l'écoute de gamelans javanais.  La mode de l'orientalisme de l'époque imprègne de façon sublime ce morceau qui m'a marqué dès la première écoute. Il s'agit certainement d'une de mes pièces favorites de Debussy.

Debussyade La pianiste qui m'a révélé cette oeuvre avec un très beau sens des nuances est Alice Ader qui a sorti en 1991 un enregistrement remarquable de différentes pièces pour piano de Debussy (Images 1ère et 2ème séries, Le Martyre de Sain-Sébastien, Masques, Estampes, Hommage à Haydn et Berceuse héroïque). Il est dommmage que la presse soit autant muette sur cette interprète que je trouve vraiment intéressante. Elle restitue à merveille la poétique des pièces de Debussy.

Lien direct vers l'écoute de Pagode tirée du site pianosociety.com. L'interprète est un jeune pianiste américain (Nathan Eckel). L'interprétation n'est certes pas celle de Laure Ader et la qualité sonore n'est pas exceptionnelle. Cela permet tout de même d'apprécier ce morceau sur toute sa durée.

Le lien ci-dessus vous permet également de télécharger la partition si vous pouvez la déchiffrer (document pdf au bout du lien "Pagode"). Ceci permet de voir comment Debussy transcrit au piano les caractères de la musique d'Extrême Orient.