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28 juin 2007

Commentaires

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klari

Tiens, je suis surprise. Je ne me serais pas attendue à ce qu'Ashkenazy soit convaincant chez Bach. A sa décharge, j'ai d'énormes a priori négatifs en ce qui le concerne.

En ce qui concerne Mullova, je ne suis par contre pas du tout surprise!

Philippe Delaide

J'ai eu la même réaction que vous à chaud sur Vladimir Ashkenazy. S'il y a bien un répertoire sur lequel on ne l'imagine pas c'est bien Bach. Je le trouve personnellement très convainquant (comme une partie de la critique aussi d'ailleurs). Il apporte une vraie densité, du vécu, de la matière à ces préludes et fugues tout en restant d'une immense modestie, ce qui est la marque d'une grande classe. C’est en effet une belle surprise.

Philippe[s]

"Bien au contraire" : c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, si j'ose dire.

Philippe Delaide

Auriez-vous l'amabilité de développer un tout petit peu votre commentaire ? Le but de la note était aussi de forcer un tout petit peu le trait sur le vieux débat instruments anciens ou non, et de susciter des réactions. Merci.

jardinbaroque

Bien sûr, on peut interpréter le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècles sur des instruments qui n'ont pas grand chose à voir avec ceux que le compositeur a connus. On peut même en rendre parfaitement l'esprit, comme le prouvent, pour ne citer que cet exemple, les enregistrements de Karl Richter (Bach, Haendel, mais aussi Mozart). L'instrument n'est pas une fin en soi, même si, par exemple, on ne "comprend" pleinement la sonate "Hammerklavier" de Beethoven que si on a à l'esprit la lutte du compositeur face aux limites techniques des pianoforte de son époque. Toute une génération de mélomanes a grandi avec, dans l'oreille, Bach au piano, Mozart par le Philarmonique de Vienne, et ça ne l'a pas empêché de défendre et d'aimer cette musique.
Tout le reste est affaire de goût et d'éducation de l'oreille. A titre personnel, si je peux adhérer (avec un petit temps d'adaptation) à un Mozart ou à un Beethoven non "historiquement informés", j'avoue ne pas pouvoir supporter Bach au piano, tant je trouve que l'instrument, même supérieurement joué, lamine les nuances voulues par le compositeur. Inversement, qui s'est soucié, parmi les interprètes sur instruments anciens, de ressusciter l'arpeggione pour laquelle Schubert a écrit sa fameuse sonate ? Personne, à ma connaissance. La soif du son "original" semble aussi avoir ses limites, et le violoncelle semble être un instrument infiniment plus "confortable".
L'éternel débat sur l'authenticité n'a pas grande signification. Carmignola ou Mullova, par exemple, font du demi-baroque, avec des violons "hybrides" sans que qui que ce soit soit choqué, et obtiennent de bons, voire de très bons résultats. Le fait qu'ils ne respectent pas la stricte orthodoxie baroqueuse est-il finalement pire que ce que certains, pourtant reconnus comme authentiques, font subir à certaines oeuvres, telles nombre d'interprétations superficiellement lapidaires de Spinosi dans Vivaldi? C'est loin d'être certain.
Cordialement.

[PS : j'espère vous ne me tiendrez pas rigueur d'avouer ici que le disque Perahia/Bach dont vous avez fait l'éloge est, à mes oreilles, seulement décoratif; mais il est vrai que je n'avais déjà pas aimé sa version des Suites anglaises...]

Philippe Delaide

Merci pour votre commentaire complet et très intéressant. Vieille fausse querelle en effet. Dans le club des "orthodoxes lapidaires" je mettais pour ma part Fabio Bondi (en plus son ensemble joue parfois faux en concert), Café Zimmmermann (fatiguants) voire, un ancien baroqueux comme Tom Koopman sur certains de ses enregistrements (capable du meilleur comme du pire). Je vous trouve un peu dur sur Perahia. Il faut dire que je n'arrive pas à trouver de défauts à ce pianiste. Franchement, je trouve que cette version des concertos pour piano et orchestre de JS Bach est tout à fait jubilatoire sans être superficielle.

jardinbaroque

Je vous trouve un peu sévère avec Café Zimmermann, qui, certes, est un ensemble qui joue vite (mais pas toujours, comme le prouve son anthologie CPE Bach, chez Alpha), mais qui possède également une belle musicalité. En revanche, je suis d'accord avec vous concernant Koopman, qui est le plus inégal des chefs baroques de talent, ce qui s'est ressenti dans son intégrale en forme de "montagnes russes" des cantates de Bach.
Pour ce qui est de Perahia, je ne remets absolument pas en cause ses qualités de pianiste. Je pense simplement que ses choix organologiques ne sont pas idoines pour servir la musique de Bach dans les meilleures conditions. Mais, comme je l'ai écrit dans mon commentaire précédent, je n'arrive pas à me faire au piano dans les oeuvres du Cantor, que l'instrument soit tenu par Perahia ou Gould...

Philippe Delaide

J'avais assisté à une Masterclass publique de Murray Perahia à Gaveau il y a quelques années où il faisait référence à la problématique que vous évoquez, à savoir la conformité du piano moderne, notamment des contraintes interprétatives qu'il implique, à la musique de JS Bach. Murray Perahia prenait le parti pris d'un jeu lié, plus proche selon lui de la technique du jeu sur clavecin que l'approche gouldienne dont le jeu détaché et plus analytique est considérée justement comme trop pianistique. Je pense que l'on doit quand même, indépendamment de la problématique de conformité d'un instrument à la facture musicale d'un compositeur, être attentif avant tout à la musicalité. Je pense sincèrement que cette dernière peut se révéler indépendamment du fait que l'instrument utilisé soit considéré ou non comme plus conforme à l'esprit d'origine d'une composition. Débat sans fin !

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